Utsukushi Neko Sekai
Hellow! ♪ <br> Tu n'es pas connecté? c'est peu être que tu n'es pas encore inscrit alors... Magne toi de le faire! Non, je blague, on ne veut pas te forcer la main, mais n'hésite pas à nous rejoindre. <br> Et si tu es déjà inscrit, connecte-toi pour voir tes messages privés et répondre à tes RPs, ce serait sympa! ♥️


[RP Neko/Maitre ;; Min. 200 mots ;; H/Ya/Yu autorisé (avec modération ♥)]
 

 :: Ville :: Quartiers residentiels :: Avenue du Clair de Lune :: Villa Ashley Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

Ton petit nid "douiller" ?

avatar
Messages : 42
Points : 678
Date d'inscription : 13/01/2018
Localisation : Dans ma villa !

Feuille de personnage
♠~ Hybride de/maître de: Meyer
♠~ Fréquentations::
Hunter
Mar 23 Jan - 18:47


   


   


   
   
Ton petit nid "douiller" ?


   
Feat. Meyer


 
   
Je récupérai mon téléphone, une fois devant le portail de ma villa. J'entrai un code d'accès et il s'ouvrit, nous laissant entrer à l'intérieur. La porte du garage s'ouvrit à son tour, roulant lentement pour y pénétrer. Nous croisâmes le jardinier, qui était encore là, pour nous saluer. Une fois à l'intérieur du garage, je récupérai à nouveau mon téléphone pour activer l'ensemble du système domotique de la villa. La domotique ? Oh. Rien de bien fou en soit, c'était simplement une installation électrique particulière qui permettait de communiquer avec l'ensemble de ma villa depuis mon téléphone, connecté à elle. Je pouvais donc ainsi déverrouiller ou verrouiller la porte, éteindre ou allumer les lumières automatiquement à mon passage, contrôler les volets, ma télévision, ma chaîne hi-fi, les caméras de surveillances, bref, tout ce qui était connecté au système, je pouvais le contrôler, définir un programme de fonctionnement... Je sortis de la voiture, Meyer fit de même. Une fois les portes de celle-ci closes, je les verrouillai pour aller ouvrir la porte afin d'accéder aux marches menant aux rez-de-chaussée. Je regardai la NCR Millona de Roy, au passage, incapable de savoir quoi en faire après tout ce temps...

J'ouvris la porte pour entrer dans mon salon. Ma villa était équipée de vitres spéciales qui filtraient la lumière, pour s'adapter à mes yeux particulièrement fragiles. La lumière, elle aussi, était faite sur mesure, pour m'éviter d'avoir à porter mon bandeau constamment chez moi. C'était parfois vraiment pénible comme handicape, heureusement que chez moi, je n'avais pas à craindre la lumière. Je me dirigeai vers l'entrée, y invitant Meyer, pour retirer mon manteau et mes cuissardes et enfiler mes chaussons. J'en donnai également une pair à Meyer en lui précisant qu'à la maison, il fallait retirer les chaussures. C'était une habitude, chez les japonais, de retirer les chaussures en entrant dans une maison et puis ça permettait d'éviter de salir l'intérieur, comme ça. Une fois prêts, nous entrâmes à nouveau dans le salon, lançant un bref regard sur la photo de Roy et moi posée sur le petit meuble juste à coté. Je regardai Meyer qui laissait son regard se balader partout, je devais peut être lui faire visiter la maison ? Et puis ça serait l'occasion de lui parler des quelques règles à respecter à l'intérieur. Le l'invitai à me suivre vers le salon, j'allais commencer la visite par là.


"Je vous souhaite la bienvenue à la maison, Meyer." débutai-je avec un doux sourire "Ici c'est le salon, avec mon bureau à coté, et une petite bibliothèque si vous aimez lire. Hum... Sinon, j'ai toutes les chaînes sur la télévision, si jamais vous aimez la regarder"

Je lui laissai le temps de prendre ses repères, avant de l'accompagner vers la cuisine. Je n'étais pas vraiment habituée à ce genre de chose. Oui, j'avais une chambre d'amis, donc on pouvait penser que je recevais souvent des gens chez moi et que, normalement, je devrais être habituée à cela, mais... En vérité, personne ne venait chez moi. Plus depuis que j'ai perdue mon mari, Meyer était le premier homme à entrer chez moi.

"La cuisine... Vous pouvez vous servir dans le frigo comme bon vous semble, ne vous gênez si vous avez faim. Vous êtes chez vous après tout. Par contre, éviter de manger sur le canapé. Vraiment. Vous pouvez manger directement au bar, ou alors sur la table. Si vous n'aimez pas faire la vaisselle, je m'occuperais de débarrasser derrière vous.

A nouveau, je lui adressai un léger sourire pour le rassurer, je ne voulais pas qu'il se sente perdu, mais qu'il pouvait compter sur moi, qu'il était à présent chez lui, à la maison, ici. Rapidement, je lui montrai la salle de bain, en précisant bien que la cuvette devait être baissée une fois qu'il avait terminé son affaire, pas de poils dans la vasque, ni de traces sur le miroir, toujours bien rincer la douche ou la baignoire après utilisation. J'énumérai ainsi une longue liste de règles d’hygiène et de propreté à respecter, tandis que nous montâmes les escaliers pour arriver à l'étage. Je lui montrai rapidement ma chambre, sans pour autant y entrer, c'était privé, après tout. Je fis de même pour la chambre d'amis, et la salle de bain commune. Je me dirigeai finalement vers la chambre de Maës, enfin... de Meyer à présent... Non sans un léger pincement au cœur. J'ouvris la porte, la lumière s'alluma automatiquement, détectant notre présence. J'inspirai un moment, je n'aimais vraiment pas entrer dans cette pièce...

"Vous... Vous pouvez prendre cette chambre. La porte à gauche permet d'entrer dans la mienne, si vous pouviez, s'il vous plait, éviter de l'emprunter. Voila, voila... J'espère que cette chambre vous convienne."

Je sortis. C'était une véritable torture, pour moi, d'y rester davantage. J'appréhendais toujours le mercredi, jour sur mon planning où je devais nettoyer cette pièce-ci. J'appuyai sur un interrupteur dans le couloir. Le plafond se mit à coulisser et des escaliers se déplièrent pour se poser avec douceur sur le sol. J'invitai Meyer à monter, pour arriver sur le toit.

"Vous pouvez venir ici quand vous voulez, pour fumer. On ne fume pas à l'intérieur, donc soit ici, soit au balcon accessible depuis le couloir, sinon dans le jardin. Pas de mégots au sol, évidemment."

Nous avions fait le tour. Je regardai Meyer, affichant à nouveau un sourire, attendant de voir s'il avait des questions à poser. J'espérais sincèrement qu'il allait se plaire ici. Il ne devait pas avoir l'habitude du confort, le centre de dressage n'était pas connu pour bien traiter les hybrides. Mais ici, ce n'était pas le centre, il était libre, c'était son chez lui, sa maison.
Codage by Littleelda from     Never Utopia
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Messages : 59
Points : 1257
Date d'inscription : 25/04/2017
Age : 26

Feuille de personnage
♠~ Hybride de/maître de: Sofia Ashley
♠~ Fréquentations::
Soldier
Dim 4 Fév - 21:30
Une fois son inspection terminée, la jeune femme alla ouvrir le coffre et en sortit une housse qu’elle installa sur le siège passager. Elle hésita un instant, décida d’en mettre une autre côté conducteur. Puis elle m’indiqua que je pouvais prendre place. Nous nous assîmes en même temps. Je fermai la portière tandis que mon interlocutrice retirait son bandeau. Je lui jetai un rapide coup d’œil discret. Ses iris étaient normaux, pas de signe de cécité. Étant donné qu’elle allait conduire, j’espérais bien qu’elle n’était pas aveugle ! Elle cligna des paupières, gênée par la lumière du jour. Les vitres avaient l’air d'être teintées, ce devait être pratique pour elle.

- Merci de ne pas être intervenu, dit-elle en m’accordant un sourire aimable. Maintenant, ils vont réfléchir à deux fois avant de venir vous chercher des ennuis. Vous êtes mon coéquipier, ils ne pourront plus s'en prendre à vous…

En était-elle si sûre ?

- Sauf si c'est vous qui les cherchez en premier… ajouta-t-elle.

Ça, je ne risquais pas. Je quittais enfin ce camp pour de bon, je ne comptais pas y retourner, même pour une visite de courtoisie. En silence, Sofia passa la première vitesse et nous voilà partis.
La route ne fut pas très longue. Concentrée sur sa conduite, la demoiselle ne disait rien. Je ne pris pas la peine d’engager la conversation. Je n’avais pas vraiment envie de parler. Les yeux rivés sur le paysage qui défilait par la fenêtre, je me demandais encore dans quoi j’allais m’embarquer. Quelques minutes plus tard, nous ne retrouvions devant un immense portail. La conductrice tapota sur son téléphone et les portes s’ouvrirent. Nous parcourûmes une allée en roulant au pas, croisâmes un type qui devait être le jardinier et qui salua Sofia d’un air enthousiaste. La maison qui se présenta devant moi était impressionnante. Elle me faisant un peu penser à celle des Inoue mais en plus moderne. Sofia gara la voiture dans le garage qui s’était ouvert à nous et éteignit le moteur. Un peu stressé, j’attendis qu’elle ouvre sa portière pour faire de même et sortir du véhicule. Je la suivis jusqu’à une porte qui s’ouvrit sur une volée de marche, et nous pénétrâmes dans sa demeure.
La première pièce que je vis fut le salon. Très spacieux, il donnait accès à une cuisine ouverte toute équipée. Sofia m’emmena dans un hall d’entrée, retira son manteau et enfila des chaussons. Elle m’en donna une paire, précisa que je devais toujours enlever mes chaussures à l’intérieur de la maison. Je ne protestai pas et obéis. Nous retournâmes ensuite au salon.


- Je vous souhaite la bienvenue à la maison, Meyer, commença-t-elle sans quitter son sourire. Ici c'est le salon, avec mon bureau à coté, et une petite bibliothèque si vous aimez lire. Hum... Sinon, j'ai toutes les chaînes sur la télévision, si jamais vous aimez la regarder.

Chez les Inoue, je n’avais pas le droit de toucher à la télévision et de toute façon, je préférais largement les livres. Sofia m’emmena à la cuisine.

- La cuisine... poursuivit-elle. Vous pouvez vous servir dans le frigo comme bon vous semble, ne vous gênez pas si vous avez faim. Vous êtes chez vous après tout.

Ça, c’était une bonne nouvelle !

- Par contre, évitez de manger sur le canapé. Vraiment. Vous pouvez manger directement au bar, ou alors sur la table. Si vous n'aimez pas faire la vaisselle, je m'occuperai de débarrasser derrière vous.

Vraiment ? C’était bien gentil de sa part. J’avais l’impression qu’elle voulait me rassurer et qu’en même temps, ça l’inquiétait de me savoir chez elle alors que nous ne nous connaissions pas. Cela me laissa penser que je devais être son premier hybride.

« Ou alors elle joue la comédie et elle va te trucider dans sa cave, » ricana Meyer.

Je levai les yeux au ciel quand Sofia me tourna le dos. Ce crétin… La jeune femme me montra la salle de bain, m’énuméra tout un tas de règles de propreté à respecter. Puis nous montâmes à l’étage. Elle me désigna sa chambre mais nous n’y mîmes pas les pieds. Vint ensuite une autre salle de bain et la chambre d’amis. Je pensais que j’allais l’occuper mais nous fîmes demi tour pour retourner au début du couloir. Elle ouvrit une porte que je n’avais pas vu en arrivant sur le palier. Elle donnait sur une petite chambre… d’enfant.


- Vous... Vous pouvez prendre cette chambre, dit-elle avec une pointe d’embarras dans la voix. La porte à gauche permet d'entrer dans la mienne, si vous pouviez, s'il vous plaît, éviter de l'emprunter. Voilà, voilà... J'espère que cette chambre vous convient.

Je m’en fichais, du moment que je pouvais dormir. Toutefois, quelque chose me tracassait. Nous nous trouvions dans une chambre d’enfant mais je n’avais vu ni entendu aucun gamin. J’avais vaguement jeté un coup d’œil aux photos qui peuplaient la maison mais aucune trace d’enfant. Et Sofia ne semblait pas à l’aise dans cette pièce, raison pour laquelle elle en sortit d’un pas pressé. Je la suivis sans rien dire. Après tout, ce n’était pas mes affaires. Je croyais que nous allions redescendre au rez-de-chaussée mais elle appuya sur un interrupteur. Une trappe au plafond s’ouvrit en coulissant et un escalier se déplia devant nous. Elle m’invita à monter et nous arrivâmes sur le toit de la maison.

- Vous pouvez venir ici quand vous voulez, pour fumer. On ne fume pas à l'intérieur, donc soit ici, soit au balcon accessible depuis le couloir, sinon dans le jardin. Pas de mégots au sol, évidemment.

C’était enregistré. Ce qu’elle ne savait pas encore, c’était que malgré les apparences, j’avais été élevé dans une famille d’hybrides nobles. Aussi, même si cela faisait huit ans que je moisissais au camp de dressage et que j’avais l’air d’un parfait sauvage, il ne me semblait pas avoir perdu les bonnes manières. J’aurais juste un peu de mal à m’habituer à nouveau. Je baissai les yeux sur Sofia qui attendait ma réaction. Son sourire était déstabilisant. Elle semblait vouloir le meilleur pour moi alors que je venais vivre des années d’enfer et avais manqué de me faire exécuter. Si elle était vraiment sincère, c’était… trop pour moi. Je n’avais pas besoin de tout ce confort, ce luxe.

« Bah… tu t’y feras, tu verras. »

Peut-être… Pour le moment, je ne savais pas vraiment en quoi consistait mon rôle de  « coéquipier ». Je le saurais bien assez tôt. Là, j’avais juste besoin d’une douche, de quelque chose à manger et surtout : dormir. La journée débutait à peine mais je ne savais pas si je tiendrais jusqu’au soir.

- Euh… OK, répondis-je tout d’abord en contemplant le ciel illuminé par le soleil à son zénith.

Que dire ? Les pensées se bousculaient trop dans ma tête. Mon ventre se chargea alors d’annoncer la couleur quand il se mit à gargouiller bruyamment, si fort que Sofia l’entendit aussi.


- Y a… y a moyen de manger un truc ? demandai-je timidement. J’ai vraiment trop la dalle là.

Elle m’accorda un nouveau sourire et me fit signe de la suivre. De retour à l’étage, elle me demanda d’attendre dans le couloir tandis qu’elle se rendait dans sa chambre. Je l’entendis farfouiller dans le dressing puis elle revint avec des vêtements pour homme : un jean et une chemise simples, avec des sous-vêtements. Je ne savais pas d’où elle sortait ça mais je les pris sans poser de question. Elle m’indiqua qu’elle allait appeler un traiteur qui viendrait cuisiner mais que, d’abord, je devais passer par la case salle de bain parce qu’elle avait de plus en plus de mal à supporter mes vêtements crades et le sang dans mes cheveux. Son téléphone portable déjà en main, elle ajouta que je pouvais utiliser la salle de bain de l’étage ou du rez-de-chaussée, c’était moi qui voyais. Comme nous nous trouvions à l’étage, je décidai de me servir de la plus proche. En plus, elle était juste en face de ma chambre, seulement séparée par le mur de l’escalier. Avec un dernier sourire, Sofia me laissa et descendit, son téléphone collé à l’oreille.
Comme j’imaginais que le repas n’allait pas se faire tout de suite, je pris mon temps sous la douche. Je ne connaissais pas la moitié des produits qui se trouvaient sur le rebord de la baignoire, évitai de toucher à ceux qui remplissaient le placard à pharmacie. Je ne me servis que d’un désinfectant avec du coton pour panser mes plaies encore ouvertes. Je trouvai une serviette de bain immaculée, me séchai avec et la pendis au sèche-serviette avant de m’habiller. Je ne savais pas à qui appartenaient ces vêtements mais ils m’allaient parfaitement. Tant mieux. Hésitant, je rouvris le placard à pharmacie et autres tiroirs qui s’offraient à moi. Avec un peu de chance, je trouverais des rasoirs jetables pour faire disparaître la barbe naissante qui commençait à me gratter sérieusement le menton. Bingo ! Content, je m’en occupai rapidement, coupai même un peu mes cheveux qui devenaient trop longs sur ma nuque avec la paire de ciseaux qui accompagnait les rasoirs. Une fois fini, je rangeai le tout, me rappelai des règles d’hygiènes et fis en sorte de rendre la salle de bain comme je l’avais trouvée.


« T’es bien consciencieux… » dit Meyer surpris.

Du moment que Sofia n’avait aucune idée pouvant me nuire derrière la tête, je ne voyais pas pourquoi je ne devais pas les respecter, elle, sa façon de vivre et sa demeure. Peu convaincu, je laissai Meyer grommeler tout seul dans son coin et jetai mes anciens vêtements à la poubelle après avoir récupéré la boîte de lingettes. Je me rendis ensuite dans ma chambre. C’était bizarre de dire « ma chambre ». En plus, c’était une chambre de gamin. Il y avait un lit une place juste assez grand pour que mes pieds ne dépassent pas et à côté, contre le mur, un berceau vide qui paraissait n’avoir jamais été utilisé. La chambre entière avait l’air de ne jamais avoir été habitée en fait.


« Flippant... »

Je ne commentai pas et descendis au rez-de-chaussée. Dans la cuisine, un type que j’imaginais être le traiteur était déjà en train de préparer à manger. Sofia se tenait derrière lui, à l’affût de la moindre tache qu’elle semblait prête à faire disparaître immédiatement. Le traiteur me dit bonjour, je répondis par un simple hochement de tête et m’assis sur une des chaises de bar pour le regarder faire. Mon ventre criait tellement famine que je n’arrivais plus à contrôler les gargouillements.
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Messages : 42
Points : 678
Date d'inscription : 13/01/2018
Localisation : Dans ma villa !

Feuille de personnage
♠~ Hybride de/maître de: Meyer
♠~ Fréquentations::
Hunter
Ven 16 Fév - 1:34


   


   


   
   
Ton petit nid "douiller" ?


   
Feat. Meyer


 
   
Le silence régnait un instant, sur le toit. Nous regardions simplement le ciel un instant, mais un bref instant seulement. Le soleil agressait mes yeux, malgré la présence de mon bandeau. C'était agaçant de ne pas pouvoir profiter de cet instant, d'un instant pourtant si simple, auquel je n'y avais pas droit. En fait, ce n'était même pas agaçant, c'était frustrant. Ce moment bien trop éphémère fut rompu par le simple "Ok" de Meyer. Je tournai la tête vers lui, rassurée de savoir qu'il était d'accord avec le fait de ne surtout pas fumer à l'intérieur. A première vue, il ne semblait pas aussi violent et dangereux que ce que disait son dossier. Mais bon, je venais de le rencontrer, il était encore trop tôt pour juger, autant en bien qu'en mal d'ailleurs. Tout ce que je savais de lui, c'était que là, maintenant, actuellement... Devant moi... Sous mes yeux... Il était horriblement sale. Je venais tout juste de le réaliser, en fait. Sous le coup de l'émotion, juste après lui avoir évité la mort, je n'y avais pas vraiment fait attention. Pour sûr, mon psychologue serait... fier de moi s'il apprenait que j'avais pu faire abstraction de cette crasse un court instant. Mais maintenant que je le voyais, je ne pouvais plus penser à autre chose. Il y avait même du sang dans ses cheveux... J’espérais qu'il n'avait pas posé la tête contre le siège de ma Mustang ! Je m'apprêtai à le lui signaler, puis à l'inviter prendre une douche, mais son ventre me fit clairement comprendre que le pauvre était affamé. Prise aussitôt d'un pincement au cœur, il me demanda maladroitement à manger. Je lui souris avant de lui faire signe de me suivre. Je ne pouvais pas le laisser dans cet état, il me fendait vraiment le cœur. Je lui demandai un instant d'attendre dans le couloir, le temps pour moi d'aller dans ma chambre.

Je me dirigeai vers le dressing. La boule au ventre. Meyer était un colosse, mais Roy en était un lui aussi. Je fouillai un instant dans l'ancienne armoire où étaient tous les vêtements de mon mari. Je n'arrivais pas à m'en débarrasser, je les lavais aussi, pour leur éviter une odeur de renfermé, et ils étaient repassés. Ca devrait largement convenir à Meyer, mais au fond... Ca me faisait vraiment mal de me dire qu'il allait porter ses vêtements. J'appréhendais beaucoup le fait de le voir dans une de ses chemises, je savais très bien que ça allait inévitablement me rappeler Roy, c'était logique. Bon sang, je sentais mes larmes monter, même après tout ce temps, je n'arrivais pas à faire face à cette situation. Une personne normalement constituée aurait déjà fait son deuil et continué sa vie, avec un autre probablement. Bientôt 6 ans déjà, et pourtant je... Je sentais toujours ce vide immense en moi. Un vide que Meyer allait devoir combler, il était là uniquement pour ça. D'ailleurs, il aurait très certainement dit qu'il n'était donc qu'un "bouche-trou".... Et il n'aurait pas tord, mais un "bouche-trou" en vie, au moins... Je retirai un instant mon bandeau pour m'essuyer les yeux, avant de le remettre et sortir pour retrouver Meyer. Je lui donnai les vêtements avant d'indiquer que j'allais appeler un traiteur. Je savais très bien cuisiner, évidemment, je n'avais simplement pas envie aujourd'hui. Alors je préférai faire appel à quelqu'un pour nous offrir un repas équilibré. Je connaissais très bien ce traiteur, il n'était pas très loin de chez moi et je faisais souvent appel à eux, ils étaient les seuls à respecter, à mes yeux, les règles d'hygiènes que j'imposais.

Un petit quart d'heure plus tard, je l'entendis sonner à la porte. J'allai aussitôt lui ouvrir. Il me salua avant d'entrer et retira ses chaussures. C'était un habitué, il venait fréquemment chez moi pour me faire la cuisine quand je n'avais pas le temps ou la tête à ça. Il se dirigea aussitôt vers la cuisine en me demandant comment j'allais, si j'avais du nouveau à raconter, bref, de simples commodités de politesses. Je n'étais cependant pas disposée à discuter avec lui, et il le savait très bien, puisque je devais surveiller de prêt, de très prêt, s'il faisait la moindre tâche sur le plan de travail. Il me faisait malgré tout la conversation, probablement qu'il devait avoir pitié de moi car il savait très bien que je vivais seul depuis des années. C'était très gentil de sa part, mais aussi vexant, presque. Par politesse, je lui répondis, sans vraiment chercher à relancer la discussion. Au moins, ça sentait drôlement bon, il était vraiment doué pour faire la cuisine. Soudain, il se tourna pour saluer Meyer, que je n'avais pas entendu arriver. Mon cœur fit un bond quand je le vis dans la chemise de Roy. Alors, sans rien dire, je me tournai à nouveau rapidement vers le traiteur pour surveiller l'état de ma cuisine. Voyant qu'il avait presque fini, je dressai la table sur le bar, comme je voyais que Meyer s'y était installé. Pourquoi pas, après tout...  

Le traiteur servit le repas, c'était parfaitement équilibré. Satisfaite, en remarquant que ma cuisine était resté impeccable, je le saluai et il s'en alla. Comme j'étais cliente régulière, j'avais un compte chez eux et je n'avais donc pas besoin de payer, puisque c'était déjà fait. Bref, je me retrouvai seule avec Meyer et m'installai à coté de lui, au bar et devant notre repas, après m'être soigneusement lavé les mains. J'évitai de le regarder, par peur de mal réagir en le voyant dans ces vêtements, mais j'étais soulagée de le savoir propre et présentable... Être digne, tout simplement, comme n'importe quel humain. Et puis si vraiment ça me gênait de trop, je n'avais qu'à lui acheter une garde robe complète... Il mangeait à sa faim, c'était plaisant à voir et ça me réchauffait le cœur. Je ne savais pas vraiment si c'était le fait d'être si proche de lui alors qu'on mangeait, ou autre chose, mais j'avais envie de discuter avec lui. Je ne savais pas de quoi, en revanche. Peut être de musique ? Ca ne se voyait peut être pas, mais j'adorais la musique ! Je tournai lentement le visage vers lui, toujours souriante.


"Vous aimez la musique, Meyer ? Vous allez trouver ça surement étonnant, mais j'aime beaucoup, en ce qui me concerne. Et devinez quoi ? Mon style ?" Un brin malicieuse, je laissai planer un petit silence "Le Metal, davantage le Heavy ou le Symphonique."

Ca pouvait en effet surprendre, ce gout musical, je n'avais ni l'apparence ni l'attitude de quelqu'un qui écoutait ce genre de musique. Bon, peut être s'en fichait-il pas mal, en fait. Mais avec de la chance, ça pouvait être un moyen d'apprendre à se connaître, lui et moi, de partager quelque chose. Je ne voulais pas lui bourrer le crâne tout de suite avec comment allait être sa vie à présent. Je voulais que ça vienne naturellement, et je me disais que, peut être, avec tout ce qu'il avait traversé, il avait besoin d'avoir une conversation normale. Et puis, s'il s'y intéressait un peu, je pourrais jouer du violon devant lui ? J'en avais envie, après tout, comme ça faisait un moment que je n'avais plus touché mes instruments. Je regardai d'ailleurs derrière moi, mon étui dans lequel se trouvait mon violon Gliga Maestro 4/4 était posé contre le mur, ainsi que celle de mon piano Korg SV1-73-BK. Juste à coté, j'avais mon violon électrique NsDesign NXT 5. Quand on connaissait la qualité de ces instruments, ça me faisait vraiment mal de les savoir prendre la poussière petit à petit... Enfin, prendre la poussière, évidemment que non, c'était une façon de parler. J'y pensais, et si Meyer savait lui jouer d'un instrument ? C'était peu probable, mais je pourrais éventuellement lui apprendre. S'il était vraiment aussi violent et instable que ça, la musique pouvait être un bon échappatoire pour lui, un moyen de se défouler ?
Codage by Littleelda from     Never Utopia
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Messages : 59
Points : 1257
Date d'inscription : 25/04/2017
Age : 26

Feuille de personnage
♠~ Hybride de/maître de: Sofia Ashley
♠~ Fréquentations::
Soldier
Dim 18 Fév - 17:02
Sofia me jeta un rapide coup d’œil. Comme elle avait remis son bandeau, je ne savais pas du tout ce que signifiait ce regard. Mais je n’y songeai pas plus longtemps et me concentrai sur le traiteur qui cuisinait. Bientôt, le repas fut servi et l’homme s’en alla. Impatient de pouvoir manger, je pris mes couverts et ne me gênai pas pour attaquer mon assiette. Installée à côté de moi, Sofia commença elle aussi à manger. Pendant un moment, nous n’entendîmes que le tintement des fourchettes et des couteaux contre les assiettes. Puis la demoiselle prit la parole, toujours aussi souriante.

- Vous aimez la musique, Meyer ? Vous allez trouver ça sûrement étonnant, mais j'aime beaucoup, en ce qui me concerne. Et devinez quoi ? Mon style ?

Je réfléchis. Je ne voyais pas du tout ce qu’une femme comme elle pouvait écouter.

- Le Metal, davantage le Heavy ou le Symphonique, dit-elle apparemment fière.

Ah. Je devais avouer que je ne m’y attendais pas. Mais pourquoi pas après tout ? Au moins, nous avions les mêmes goûts musicaux. Mais aimait-elle aussi la musique plus… douce ? Un simple geste de Sofia qui fut un regard en arrière me permit de répondre moi-même à la question. Contre un mur reposaient deux étuis : celui d’un violon et celui d’un piano. A côté reposait un violon électrique qui devait sûrement coûter une fortune. Mon cœur fit un bond… puis se serra. Depuis combien de temps n’avais-je plus eu l’occasion de toucher à de tels instruments ? A des instruments tout court d’ailleurs ? Je me rendis alors compte que ça me manquait énormément. Et en même temps, j’étais terriblement angoissé à l’idée de ne plus savoir m’en servir. Les yeux rivés sur les étuis, je lâchai ma fourchette et descendis du tabouret, comme hypnotisé par cette trouvaille. J’avançai lentement, m’accroupis devant les instruments et avançai ma main. Mais j’arrêtai mon geste, comme bloqué par un mur invisible. Ils appartenaient à Sofia, je ne pouvais pas m’en servir. Et quand bien même y étais-je autorisé, je ne voulais pas faire face à l’idée que je pouvais avoir régressé. Je voulais encore moins que la jeune femme en soit témoin.
Alors je baissai la main et restai planté là, toujours accroupi, me rappelant ce que j’avais pu accomplir par le passé, armé du violon de ma mère et de divers autres instruments que les Inoue avaient voulu que je maîtrise.


- Pas comme ça ! râlait ma cousine qui était toujours en compétition avec moi. Tu te tiens mal, c’est quoi cette posture ? On dirait que tu veux étriper ton violon !
- Fous-moi la paix,
répondais-je à chaque fois.

Elle trouvait toujours quelque chose à dire parce qu’elle savait pertinemment que je jouais mieux qu’elle.


- Pfff… de toute façon, c’est moi qui passerai le concours, ils te laisseront jamais entrer si tu ne respectes pas les règles.

Je m’en fichais complètement. Je préférais rester dans des vêtements décontractés au lieu de mettre un costard ridicule. Et je préférais aussi jouer à ma façon. Certes, j’avais tendance à mettre une certaine pression sur les cordes et ce n’était pas forcément apprécié par tout le monde. Mais ça ne m’empêchait pas de jouer parfaitement et au moins, on me différenciait des autres musiciens. Un jour, lors d’un concours pour lequel les règles étaient plus souples, quelqu’un avait qualifié ma façon de jouer de particulièrement impressionnante. Je ne savais pas trop dans quel sens je devais prendre cette remarque car cette personne ne m’avait pas donné plus ample explication. Alors j’avais continué à jouer à ma manière… tout en entretenant la jalousie de ma cousine.
Je secouai légèrement la tête pour chasser ces souvenirs de mon esprit, me remis debout et allai m’installer de nouveau sur le tabouret. Tout ça, c’était très loin désormais. Ce ne fut qu’après avoir pris le temps de manger une bouchée de viande que je décidai de parler, les yeux rivés sur mon assiette.


- J’ai connu une grande musicienne.

J’ignorais la raison pour laquelle je ne précisais pas que c’était ma mère, ni pourquoi je n’avouais rien de mes anciens talents. En vérité, je ne voulais pas en parler. Les souvenirs étaient trop douloureux pour les laisser refaire surface maintenant.

- J'aimais bien l'écouter, ajoutai-je simplement.
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Messages : 42
Points : 678
Date d'inscription : 13/01/2018
Localisation : Dans ma villa !

Feuille de personnage
♠~ Hybride de/maître de: Meyer
♠~ Fréquentations::
Hunter
Dim 18 Fév - 22:59


   


   


   
   
Ton petit nid "douiller" ?


   
Feat. Meyer


 
   
Je profitai allègrement du repas préparé par le traiteur, c'était toujours aussi délicieux, je faisais bien de les contacter. Meyer, quant à lui, n'avait visiblement toujours pas très envie de parler avec moi. C'était normal, il devait être un peu perdu, le pauvre homme. Je n'allai pas forcer, le temps ferait peut être mieux les choses, il devait prendre ses repères, ses marques, pour s'ouvrir un peu plus. Je tournai la tête vers lui pour m'assurer qu'il appréciait ce repas. Mais je le vis poser sa fourchette. D'abord honteuse, croyant qu'il n'aimait pas ce qu'il mangeait, j'étais prête à, aussitôt, lui demander ce qui n'allait pas pour me plaindre chez le traiteur. Puis il se leva, le regard figé vers mes instruments...coûteux. Curieuse, je le laissai faire, pour simplement le suivre des yeux et regarder ce qu'il allait faire. Il semblait hypnotisé par les violons et le piano et s'approcha d'eux lentement. Il s'accroupit ensuite devant les étuis et leva la main pour récupérer mon violon. Je voulais me lever pour lui interdire d'y toucher sans gants, je ne voulais pas de traces de doigts sur le manche de mon violon, après tout ! C'était un bien trop bel instrument pour laisser n'importe qui y toucher, la simple idée qu'on pouvait abîmer le verni me fit hérisser les poils. Enfin... Avec du recule, je me disais que ce violon ne répondait plus à mes besoins. J'avais commandé un Violon Gliga Special Antonio Ceruti, le son était bien plus précis que celui-ci et les finitions plus soignés. Mais cela n'empêchait pas que je tenais beaucoup à ce modèle là !  Je soupirai légèrement par le nez, me résignant à le laisser faire, non sans une boule au ventre. Mais si ça pouvait l'aider à s'ouvrir un peu, pourquoi pas...

Et là, soudainement, sa main se figea dans le vide. Je me redressai lentement, inquiète. Il semblait perdu et hésitant, c'était assez angoissant de le voir ainsi, je ne le connaissais pas encore bien ! Je ne savais pas quoi faire ni qui appeler si quelque chose clochait ! Je me levai et il fit de même à ce moment là. Du coup, je m'installai à nouveau sur le tabouret pour le regarder s'approcher, son regard plongé dans le vide. Il ne disait rien et fixait son assiette comme s'il luttait avec ses anciens souvenirs. Comment je le savais ? J'ai perdu mon fils et j'avais vu Roy, mort sur une chaise, j'avais le même regard, exactement le même regard, quand je me repassais ces images dans ma tête. Je ne savais pas contre quels genres de souvenirs lui luttait, mais ça le travaillait. Tant pis, nous continuâmes de manger en silence, c'était pas plus mal aussi. Enfin, silence de courte durée puisqu'il m'annonça avoir connu une grande musicienne. C'était probablement ce souvenir là qui le travaillait.  

Franchement, là, tout de suite... En le regardant et en l'écoutant, c'était vraiment difficile d'imaginer que Meyer était une mauvaise personne, méchante, rebelle et violente. Je décelais en lui cette aura si particulière que dégageait les âmes d'artistes. C'était assez particulier, soudainement. Pourquoi ? Car en fait, il n'avait pas besoin de me parler pour que je le comprenne. Ses émotions parlaient d'elles mêmes, ses yeux, le timbre de sa voix, ses gestes...Comme un vide en lui. C'était peut être prétentieux de ma part, mais je savais que j'étais douée, très douée même, je ne savais peut être pas dessiner, ni faire de belles peintures, ou quoi que ce soit d'autre, mais la musique était clairement une forme d'art, ce qui, par définition, faisait de moi une artiste. Et chaque artiste dégageait quelque chose, c'était perceptible, surtout si on était sensible à cette aura. Là, en regardant Meyer, je me disais que, simplement, personne n'avait cherché un peu plus loin, tout le monde au centre l'avait jugé sans gratter la couche pour y percevoir quelqu'un de sensible.  

Je terminai mon assiette et Meyer fit de même. Je me levai pour aller tout laver soigneusement. Je récurai longuement les plans de travail de la cuisine, pour être certaine de chasser la moindre trace qu'aurait pu laisser le traiteur. Meyer alla se détendre sur la méridienne en attendant. Vint ensuite le tour du bar et des tabourets, tout devait y passer, ça sentait la nourriture et j'étais vraiment certaine que ce n'était pas propre. Un dernier coup de serpillière au sol et je nettoyais enfin tout mon matériel de nettoyage. Evidemment, quel intérêt de laver une pièce avec du matériel sale ? Je fis bouillir de l'eau au même moment et alla chercher ma brosse à dent dans la salle de bain pour verser l'eau bouillante dessus, directement dans l'évier. Une fois ma brosse à dent propre, je retournai dans la salle de bain pour me brosser les dents. Rapidement, je vérifiai si j'en avais une pour Meyer. J'avais une dizaine de paquets encore fermés, tant mieux. Une fois terminé, je retournai dans le salon auprès de Meyer. Sans rien dire, silencieuse, je récupérai mon piano pour le poser sur mon bureau et le brancher à mon ordinateur. Je jouais un léger morceau, doux, pas très technique en soit, mais j'en avais besoin pour la suite, pour m’accompagner au violon. Le morceau terminé, et ayant visiblement capté l'attention de Meyer, je rajoutai quelques effets musicaux sur mon enregistrement et me levai avant de sourire tendrement à Meyer. Je récupérai mon violon en bois, je n'avais pas besoin de l’électrique cette fois-ci.


"Je ne voudrais pas avoir la prétention de jouer aussi bien que la grande musicienne que avez connu dans votre vie. Mais j'aimerais jouer un morceau pour vous, Meyer. Je pense que vous allez reconnaître le titre."

Je lançais le morceau au piano que j'avais enregistré juste avant. Mon home cinéma branché sur l'ordinateur produisait un son parfait pour la musique. Je fermai les yeux et commença à jouer.

Spoiler:
 

Je laissai mon archet danser librement sur les cordes de mon violon, sans vraiment chercher à y aller doucement. C'était du matériel de qualité après tout ! Les yeux toujours clos, pour rester concentrée, comme je n'avais pas préparée ce morceau, je devais jouer de tête. Mes hanches se balançaient de la droite vers la gauche en rythme, puis un petit pas sur le coté, puis de l'autre. J'avais drôlement envie de danser, la musique m'entraînait, me faisant penser à une valse que j'aurais aisément pu danser avec Roy. Mon corps se mit à se mouvoir tout seul lorsque la musique gagna en intensité, je devais être ridicule à danser ainsi, mais tant pis, j'espérais au moins que ce morceau plaisait à Meyer...
Codage by Littleelda from     Never Utopia
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Messages : 59
Points : 1257
Date d'inscription : 25/04/2017
Age : 26

Feuille de personnage
♠~ Hybride de/maître de: Sofia Ashley
♠~ Fréquentations::
Soldier
Jeu 22 Fév - 22:22
Elle m’observa un moment. Je ne voyais pas ses yeux derrière son bandeau mais je me sentais mal à l’aise. J’avais l’impression de me retrouver à nouveau au camp de dressage, en proie aux nombreux regards curieux des gardes, dresseurs et visiteurs qui me croisaient.  Enfin, elle se détourna pour terminer son assiette. Je fis de même, soulagé d’avoir à présent le ventre bien rempli. A peine eus-je posé mes couverts au milieu de mon assiette que Sofia s’en empara pour aller les laver. Apparemment très occupée à récurer le plan de travail jusqu’à ce qu’il brille de mille feux, je me levai, parcourus le salon d’un pas lent, contemplant les alentours sans vraiment m’intéresser à ce que je voyais. A un moment, mon regard fut attiré par la photo encadrée de Sofia accompagnée d’un homme que je supposais être son compagnon. Où était-il d’ailleurs ? Elle ne m’en avait pas parlé, comme si elle vivait totalement seule ici. C’était peut-être le cas…
La fatigue commençait à me tirailler et la digestion n’allait pas vraiment m’aider à tenir le reste de la journée. Alors je me permis de m’installer dans un fauteuil en attendant que Sofia termine son nettoyage. Elle ne m’avait pas demandé de l’aider, souhaitant certainement faire ça seule pour être sûre de ne pas louper la moindre saleté. Ça m’arrangeait très bien, je détestais faire le ménage. J’étais en train de somnoler quand la jeune femme me rejoignit, son piano portable dans les bras. Elle le posa sur son bureau, le brancha sur son ordinateur et laissa ses doigts parcourir le clavier, d’abord de manière aléatoire puis plus mélodieusement. Dès la première note, un frisson me traversa tout entier. Cela faisait si longtemps… J’en avais oublié le bien que la musique pouvait faire sur le corps, et surtout sur l’esprit. Complètement subjugué par la mélodie qui s’élevait dans toute la pièce, je regardai Sofia jouer, partagé entre le plaisir de pouvoir à nouveau profiter de la musique, et l’angoisse de découvrir un jour que je ne demeurais plus capable de la travailler.
Quand le silence revint, Sofia se leva, alla chercher son violon et me fit face avec un sourire bienveillant.


- Je ne voudrais pas avoir la prétention de jouer aussi bien que la grande musicienne que avez connu dans votre vie, déclara-t-elle. Mais j'aimerais jouer un morceau pour vous, Meyer. Je pense que vous allez reconnaître le titre.

Jouer un morceau pour moi ? Sérieusement ? Pourquoi ? Qu’est-ce qu’elle me trouvait de spécial ? Avais-je vraiment le droit d’en profiter ?

« Tu te poses beaucoup trop de questions si tu veux mon avis, » dit Meyer.

Son avis, je m’en passais.


« Ça va, je sais... »

Et il se tut, vexé. Tant mieux, au moins j’avais la paix. Sofia, qui avait enregistré le morceau de piano précédent, le lança depuis son ordinateur, et se mit à jouer du violon par-dessus. En effet, je connaissais cette mélodie. Elle était issue d’une chanson créée par un des plus grands groupes de heavy metal des années 1980. Même si les Inoue ne voulaient absolument pas entendre parler de ce genre de musique « destiné aux fous », je m’étais quand même renseigné sur le sujet et avais trouvé le moyen d’écouter les chansons que je voulais quand on ne me surveillait plus – c’est-à-dire en pleine nuit. Avec l’expérience, je devais avouer que malgré notre intérêt commun pour le métal, le mien différait à travers la multitude de sous-genres qu’il représentait. Si Sofia disait préférer le heavy, dérivé du rock, ou le symphonique, tourné vers l’orchestral, j’étais plutôt penché vers le neo et l’industriel, basés sur un instrumental plus jeune, parfois électronique et mêlé d’autres genres. Toutefois, ça ne m’empêchait pas d’apprécier quand même ce qu’elle me faisait écouter à l’instant.
Son archet glissait sur les cordes du violon. Elle jouait avec tellement d’aisance… Elle me rappelait… Elle me rappelait moi, en fait. Aurai-je un jour le droit de toucher de nouveau à un instrument ? De retrouver cette sensation de ne faire qu’un avec, de ressentir la musique comme si elle parcourait mon corps à travers la peau, les muscles, les veines ? J’en avais envie et en même temps, tellement peur… Entraînée par le rythme de la mélodie, Sofia dansait sur place, balançant ses hanches de gauche à droite dans un mouvement aussi fluide que celui de l’archet. J’aurais pu trouver cela plaisant à regarder si je n’étais pas autant plongé dans mes pensées. Une multitude de souvenirs me revenaient en mémoire rien qu’en entendant le son du violon accompagné du piano. En particulier celui de ma mère le jour de sa mort. C’était d’autant plus douloureux de me rappeler du fait qu’elle était partie juste après les dernières notes de notre duo. J’aurais voulu que ce ne soit pas le seul, que nous puissions en faire d’autres ensemble. Mais c’était impossible.
Les mains soudain tremblantes, je les cachai en croisant les bras et pris une grande inspiration. Puis j’expirai lentement et me concentrai à nouveau sur Sofia. Elle semblait heureuse de jouer ce morceau pour moi. Ce serait dommage de la décevoir le jour de notre rencontre. Car j’avais pris ma décision : j’allais rester ici. Du moment que je ne vivais pas le même enfer qu’au camp de dressage, j’estimais préférable de travailler pour cette femme au lieu de rester en cavale avec chaque minute la peur de me faire emprisonner à nouveau. Rassuré par cette idée, je me détendis un peu dans le fauteuil et fermai même les yeux pour m’imprégner davantage de la mélodie. Le sommeil me gagna peu à peu mais je luttai pour ne pas m’endormir. Pourtant, je ne pus m’empêcher de me frotter les yeux quand Sofia termina sa prestation.


- C’était… commençai-je.

Mais je me tus, ne sachant absolument pas quoi dire. Les compliments n’étaient pas mon fort. Que dire à propos de ce que je venais d’entendre ?


- J’ai… bien aimé.

Je craignais de la vexer avec cette maigre louange. Mais elle se contenta de me sourire gentiment comme elle n’arrêtait pas de le faire depuis qu’elle m’avait récupéré au camp. Gêné, je détournai les yeux. Là, à côté de son bureau, j’aperçus une grande bibliothèque. Depuis toujours attiré par les livres, même si je n’avais pas eu beaucoup d’occasions d’en feuilleter au camp, je me levai et m’arrêtai devant les étagères pleines à craquer.

- J’peux ? demandai-je au cas où elle voudrait me sauter à la gorge si je mettais la main sur un ouvrage sans permission.

Elle acquiesça et je pris un livre sans même regarder son titre. Quand je n’étais pas obligé de travailler sur ce que les Inoue m’imposaient, j’aimais bien piocher au hasard pour avoir la surprise de découvrir ce que j’allais étudier. Je retournai donc m’installer dans le fauteuil et me rendis compte que j’avais entre les mains un ouvrage relatant l’histoire de Beethoven. Pourquoi pas après tout...
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Messages : 42
Points : 678
Date d'inscription : 13/01/2018
Localisation : Dans ma villa !

Feuille de personnage
♠~ Hybride de/maître de: Meyer
♠~ Fréquentations::
Hunter
Sam 24 Fév - 22:21


   


   


   
   
Ton petit nid "douiller" ?


   
Feat. Meyer


 
   
J'ouvrai à nouveau les yeux après avoir terminé mon morceau. Meyer semblait fatigué, du moins j'espérai qu'il ne s'était pas ennuyé... Un léger sentiment de déception m'envahit, peut-être avais-je mal joué ? Je m'écoutais pourtant toujours jouer, et il ne me semblait pas avoir fait d'erreurs. Je le regardai un instant, curieuse, avant de l'entendre me dire qu'il avait ... Bien aimé. Ah. Parfait... Bon, il avait le droit de ne pas aimer, après tout, et peut-être qu'il ne voulait tout simplement pas me blesser. Je lui souris aimablement, ne voulant pas qu'il se sente embarrassé, mais il détourna les yeux. Aïe, mince, c'était un peu gênant, comme moment. Le regard de Meyer se posa sur ma bibliothèque. Je suivis son regard pour voir, moi aussi, mes nombreux livres parfaitement triés par taille. Je les avais presque déjà tous lu, mais certains d'entre eux appartenaient à Roy, que je n'avais jamais ouvert. Maintenant que j'y pensais, il allait bientôt me falloir une nouvelle bibliothèque, celles que j'avais étaient déjà pleines. Meyer s'approcha des livres avant de me demander la permission d'en prendre un. J'avais horreur qu'on touchait à mes affaires, qu'on mette du désordre, car chez moi, chaque chose était bien à sa place. Mais il eut la délicatesse de me demander, j'hochai simplement la tête, une seule fois, pour l'autoriser à toucher la bibliothèque. Sans attendre, il prit un livre au hasard. Ah, je connaissais ce livre. "Ludwig van Beethoven", édition Fayard de 1976. C'était un livre bibliographique très épais, de quoi l'occuper facilement toute l'après midi s'il se plongeait dans la lecture. Il s'installa sur l'un des deux fauteuils avant d'ouvrir le bouquin. Je le regardai un instant, songeuse, et décidai de le laisser seul, il avait peut être besoin de se vider l'esprit et lire était une bonne méthode pour faire le vide.

Je m'installai devant mon ordinateur, je m'en servais essentiellement pour le travail, mais il était si puissant que je pouvais jouer dessus. Je consultai un instant ma boite mail professionnelle. Il arrivait que, parfois, on m'envoyait des photographies à analyser, par exemple, pour aider dans des enquêtes en dehors de Nekai. Ces consultations à distance étaient évidemment payantes, je devais bien faire fonctionner ma société, après tout. Car, oui, j'avais bel et bien une entreprise à mon nom, un cabinet de consultant où j'étais la seule employée. Le travail ne manquait pas, ceci dit, il arrivait même qu'on me demandait mon avis sur certaines affaires depuis le Japon. Bref, ça fonctionnait très bien pour moi, c'était l'essentiel. Aucun mail, à part des publicités... Parfait, pas de travail donc ! Je ne voulais pas déranger Meyer dans sa lecture en allant regarder la télévision, alors je décidai de jouer à un jeu en ligne, avec mon casque sur les oreilles. J'étais plutôt douée à ce jeu, où chacun avait un rôle bien défini, comme guerrier, gardien, assassin... Il fallait faire tomber des tours adverses, puis un titan... Une équipe contre une autre. Ca m'aidait à penser à autre chose, et d'oublier les horreurs que je pouvais, parfois, voir dans le cadre de mon travail.   

Deux heures plus tard, las de jouer, je quittai le jeu vidéo et m'étirai avant de me lever. Je me dirigeai vers la cuisine pour me servir un verre de jus d'orange que je venais de presser. J'en préparai un autre pour Meyer, me disant qu'il aurait lui aussi peut être soif. Je récupérai les deux verres après avoir soigneusement nettoyé mon plan de travail de la cuisine. Je m'approchai de Meyer et lui tendis un verre. Je posai le mien sur le repose-verre du fauteuil puis allai piocher un livre à mon tour. J'esquissai un léger sourire amusée, quand je repensai au fait que, même en congé, je ne pouvais pas m'empêcher de consulter mes mails professionnels. Je m'installai finalement dans le fauteuil, prête à me plonger dans une longue lecture à mon tour. J'avais choisis un roman fantastique, L'Épée de Vérité, préquelle : Dette d'Os. Il faisait parti des rares livres que je n'avais pas encore terminés. D'ailleurs, celui là, je ne l'avais même pas encore commencé, comme il n'y avait pas de marque-page...Bref, j'entamai alors ma nouvelle lecture, après avoir retiré mon bandeau.

Je relevai la tête pour regarder dehors, avant de me rendre compte que la nuit était déjà tombée. Prise d'un sursaut, je récupérai un marque-page et rangeai le livre à sa place. Je me redressai rapidement et fonçai vers la cuisine. Heureusement, il y avait encore des restes de ce midi. Après voir dressé la table et chauffé le repas, j'invitai Meyer à venir manger. Je n'aimais pas manger trop tard le soir, ça ne m'aidait pas vraiment à passer une bonne nuit. Nous mangeâmes en silence et, une fois terminé et le ménage fait, je montai à l'étage pour récupérer ma nuisette dans ma chambre avant d'aller prendre un bain. Je laissai Meyer seul un moment dans le salon, il devait être capable de s'occuper seul. Je prenais mon temps, dans mon spa, fermant les yeux sans prendre conscience des minutes qui s'écoulaient. Soudain, mon téléphone se mit à sonner. Je me penchais par dessus mon spa pour le récupérer et décrocher. C'était mon père, qui m'appelait assez souvent pour avoir de mes nouvelles. Il se faisait beaucoup de souci pour moi, depuis la mort de Roy. Il semblait soulagé lorsque je lui appris que j'avais un hybride, peut-être n'aimait-il pas le fait de savoir que je vivais toujours seule.  

Une heure plus tard, après avoir raccroché, je terminai ma toilette, enfilai ma nuisette et sorti de la salle de bain. Je retrouvai Meyer dans le salon, il s'était douché tout à l'heure, inutile de lui proposer à nouveau. Je m'installai au canapé, sur la méridienne, en profitant pour étirer mes jambes. J'allumais ma télévision pour regarder un film, histoire de terminer cette soirée. J'étais encore en congé demain, je pouvais donc en profiter un peu, depuis le temps que je ne m'étais pas reposée. Meyer me rejoignit et nous regardâmes le film ensemble et en silence. En fait, il était plutôt calme, peut être était-il simplement le genre de personne qui n'aimait pas qu'on vienne l'embêter, qu'il fallait simplement le laisser vivre sa vie. Avec moi, en tout cas, il était libre de faire comme il voulait, du moment qu'il respectait les règles dans la maison. Le film dura environ deux heures, et il était relativement tard à présent. Meyer ne tenait plus, et je sentis la fatigue me gagner également. Je m'étirai longuement en poussant un soupire de soulagement.


"Je vais aller me coucher, Meyer. J'imagine que vous allez faire de même. La chambre de Maë- ..." Je m'interrompis aussitôt, pour me corriger dans la fouler en bafouant maladroitement... "Ta- V-votre ! Pardon, votre chambre est prête. Si vous avez besoin de quoi que ce soit n'hésitez pas à me le dire, d'accord ? Pour le reste, faites comme chez vous. De toute façon, vous êtes chez vous, à présent. Voila voila...Hum... Je me lève en général assez tôt, je vous prépare le petit déjeuné si je m’aperçois que vous n'êtes pas matinal, d'accord ? Bon, hé bien bonne nuit à vous, Meyer."

Je lui lançai un sourire maladroit avant de me relever. Je ne savais pas si je devais lui expliquer autre chose ou non... Nous allons devoir apprendre à nous connaître petit à petit, puisque nous allons être amené à nous voir tous les jours. Ca sonnait vraiment bizarre, comme si je disais qu'un parfait inconnu vivait à présent chez moi, du jour au lendemain. Mais ici, à Nekai, c'était tellement... banal, comme situation. Un nouvel hybride qui appartenait tout simplement à un humain, son nouveau maître. Bref, c'était particulier, et je n'étais surtout pas habituée. Meyer était mon tout premier hybride. Une rapide inspection dans la chambre de Maës pour m'assurer qu'elle était bien propre. Parfait, je pouvais à présent gagner mon lit, en espérant que Meyer pourra passer une bonne nuit...

Codage by Littleelda from     Never Utopia
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Messages : 59
Points : 1257
Date d'inscription : 25/04/2017
Age : 26

Feuille de personnage
♠~ Hybride de/maître de: Sofia Ashley
♠~ Fréquentations::
Soldier
Mer 28 Fév - 23:03
Un grand silence s’installa dans le salon. Étonnamment, je ne me sentais plus autant mal à l’aise que tout à l’heure. Être juste là, posé dans ce fauteuil avec un livre entre les mains suffisait à m’apaiser. Le simple fait de lire après des années sans avoir touché à un seul ouvrage me rendait particulièrement euphorique. Enfin non, j’exagérais. En tout cas, j’étais content de pouvoir avoir la chance de connaître à nouveau ce sentiment, l’odeur de la couverture, la texture du papier. Je ne faisais même plus attention à Sofia. Du coin de l’œil, je la vis se lever et s’installer devant son ordinateur. Je ne savais pas ce qu’elle y faisait mais j’étais bien trop concentré sur ma lecture pour m’en préoccuper.
J’avais lu une bonne moitié du livre quand je fus interrompu par la demoiselle qui me proposa un verre de jus d’orange. J’acceptai volontiers, la remerciai discrètement. Il fallait dire que la politesse ne faisait pas partie de ma routine au camp de dressage. J’avais pourtant été élevé dans une noble famille mais ces huit années d’enfer m’avaient quelque peu refroidi. En silence, Sofia piocha à son tour un livre dans la bibliothèque. Elle prit place dans un autre fauteuil et retira son bandeau avant de commencer sa lecture. Les minutes passèrent, peut-être les heures. J’étais tellement absorbé par mon livre que je sursautai quand la demoiselle bondit de son fauteuil en se rendant compte que la nuit était déjà tombée. Je n’avais pas vu le temps passer… Elle plaça un marque page dans son ouvrage, rangea ce dernier à sa place et se précipita vers la cuisine. Je l’entendis s’agiter un moment puis elle m’appela pour le repas. Elle avait fait réchauffer les restes de midi. L’odeur suffit à réveiller la faim. Le repas ne fut pas plus bruyant que notre séance de lecture. Je ne savais pas de quoi parler et, en fait, je n’avais pas envie de discuter. Elle non plus apparemment. Une fois repus, elle me laissa seul pour aller prendre un bain. Comme j’étais déjà passé sous la douche ce matin, je profitai de ce moment de répit pour continuer ma lecture.
Le sommeil me gagnait. J’avais de plus en plus de mal à comprendre ce que je lisais. Quand Sofia redescendit vêtue d’une espèce de robe de nuit, j’eus du mal à sortir de ma torpeur et me demandai combien de temps j’étais resté les yeux rivés sur la même phrase. Toujours aussi aimable, elle me proposa de regarder un film ensemble. N’osant pas refuser, je la laissai choisir après s’être confortablement installée dans le canapé. Mes yeux n’étaient pas habitués aux écrans. Aussi, je fis un effort considérable pour suivre le déroulé du film. Presque soulagé qu’il se termine deux heures plus tard, je regardai Sofia s’étirer paresseusement.


- Je vais aller me coucher, Meyer, annonça-t-elle. J'imagine que vous allez faire de même.

Effectivement. Et j’espérais pouvoir dormir assez longtemps pour récupérer de cette journée éprouvante.

- La chambre de Maë… Ta... V… votre ! se reprit-elle maladroitement, comme foudroyée d’une soudaine panique dont la source m’échappa complètement. Pardon, votre chambre est prête, dit-elle plus calmement. Si vous avez besoin de quoi que ce soit, n'hésitez pas à me le dire, d'accord ?

Je hochai la tête.

- Pour le reste, faites comme chez vous. De toute façon, vous êtes chez vous, à présent.

C’était très bizarre d’entendre ça. Je ne m’étais jamais senti chez moi, quel que soit l’endroit où je me trouvais. Aurai-je un jour le sentiment de considérer cette demeure comme la mienne ? C’était difficile à imaginer.

« Apprend déjà à vivre avec cette femme et on verra. »

Oui...

- Voilà voilà… fit-elle sans trop savoir quoi ajouter.

Elle se racla la gorge, l’air gêné.


- Je me lève en général assez tôt, indiqua-t-elle. Je vous prépare le petit déjeuner si je m’aperçois que vous n'êtes pas matinal, d'accord ?

Carrément… Combien d’hybrides à Nekai avaient l'opportunité de côtoyer un maître aussi bienveillant ? Pas beaucoup à mon avis.

« T’as bien de la chance… marmonna Meyer déçu. Tu le mérites tellement pas. »

J’évitai de soupirer. Toujours embarrassée, Sofia me souhaita bonne nuit et disparut à l’étage. J’attendis quelques minutes pour monter à mon tour. J’étais extrêmement fatigué mais je ne me sentais pas forcément motivé à l’idée de dormir dans le lit d’un gamin qui aurait dû se trouver là à ma place. En examinant à nouveau les photos encadrées un peu partout dans le salon, j’en étais venu à la conclusion que Sofia avait certainement perdu son enfant. Comment et pourquoi, je l’ignorais et ne souhaitais absolument pas poser la question. Tout ce que je savais, c’était qu’elle avait l’air de se sentir mal tout à l’heure quand elle m’avait fait visiter la chambre.
Un peu tendu, je finis par rejoindre l’étage. En passant devant la porte qui séparait ma chambre de celle de Sofia, je ne perçus aucun bruit. Après m’être déshabillé, ne gardant que mon boxer, je m’allongeai dans ce lit presque trop petit pour moi et fermai les yeux. Cependant, impossible de trouver le sommeil. Je tournais et me retournais sans arriver à trouver le moyen de m’endormir. J’étais pourtant épuisé tout à l’heure, je ne comprenais pas. Je me sentais bien, je n’avais ni chaud ni froid, il régnait un silence reposant et le lit était plutôt confortable. Que me fallait-il de plus ?


« C’est ta première nuit dans un lieu totalement inconnu, c’est normal non? » suggéra Meyer.

Peut-être… Mais ça ne m’arrangeait pas du tout. Après avoir pris une bonne douche, changé de vêtements et mangé, tout ce que je voulais c’était dormir. Et maintenant que je me retrouvais allongé sur un bon matelas dans une pièce chauffée et accueillante, pas moyen de fermer l’œil. C’était quand même incroyable… Dans un soupir, je me tournai sur le côté, attendis. Les minutes défilèrent sans que le sommeil ne vienne me prendre. Je me calai ensuite sur le flanc droit. Même chose. Regarder le plafond ? Ça faisait des heures que j’avais déjà compté toutes les vermoulures du lustre. La lumière était éteinte mais la lune qui perçait dans le ciel me permettait de voir clairement les détails des objets les plus imposants. Je disposais d’une très bonne raison de ne pas fermer les volets : tout simplement parce que j’avais suffisamment été enfermé. Désormais, je détestais rester dans un lieu complètement clos.


« Me dis pas que t’es devenu claustrophobe… s’exaspéra Meyer. C’est trop insuffisant de ne pas savoir nager, il te faut une autre tare ? »

Nouveau soupir. Puis la solution. J’allumai la lampe de chevet, regardai par terre. Un épais tapis recouvrait le sol sur une bonne partie de la pièce. Je me levai, attrapai la couette et la pliai en deux avant d’aller la poser au milieu de la chambre. Puis je pris un coussin et le jetai sur mon nouveau lit de fortune.

« T’es sérieux là ? s’esclaffa Meyer. Faudrait savoir ce que tu veux, ahah ! »

Je ne l’écoutai pas, m’allongeai sur la couette. Je me tournai sur le côté, un bras plié sous le coussin et fermai les yeux. Et je m’endormis. Comment le sus-je ? Un cauchemar. Toujours le même cauchemar.
Je me trouvais chez les Inoue, dans une des salles d’étude. Tout était calme jusqu’à ce que des cris retentissent. Alors je sortis de la pièce et accourus vers la source de ces cris. Je longeai un long couloir, descendis une volée de marches. La porte de la cave était entrebâillée. Je l’ouvris lentement, entrai. En face de moi, attaché à des chaînes solidement plantées dans le mur, mon père se faisait torturer. Je ne l’avais jamais vu, il était mort avant ma naissance. Mais ma mère m’avait dit que je lui ressemblais énormément. Alors dans mes cauchemars, c’était comme si je me voyais mais avec un visage légèrement différent. Quand il me vit, il se mit à pleurer et supplia ses tortionnaires de le tuer mais de laisser Noriko en vie. Son vœux fut à moitié exaucé. Car quand il rendit son dernier souffle, les tortionnaires s’attaquèrent à ma mère. Je voulais les en empêcher mais j’avais l’impression que mes pieds étaient cloués au sol. Je ne pouvais pas bouger les jambes. J’assistais à chaque fois au massacre sans pouvoir agir. Et c’était affreux. Ces salauds dont je ne voyais jamais le visage frappaient Noriko. Plus elle hurlait, plus ils lui assénaient des coups. Cela semblait durer des heures. Puis, brutalement, ils lui tranchaient ses jolies ailes de corneille. Ou plutôt, ils commençaient à couper et ils arrachaient le reste avec une grosse pince. A ce moment-là, une vive douleur me traversait l’omoplate gauche. J’avais si mal que ça me réveillait.
Cependant, cette nuit ne se déroula pas comme les autres. Je ne me réveillai pas. Les yeux rivés sur ma mère qui se vidait de son sang, je me sentais bouillir. Les tortionnaires commencèrent à s’en aller. Toujours incapable de bouger, je commençai à les insulter, leur hurler que je les tuerais tous jusqu’au dernier. Ils se mirent à rire et vinrent me porter plusieurs coups. Je ne pouvais rien faire. Prostré au sol comme un vulgaire bon à rien, j’encaissais les coups en silence.
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Messages : 42
Points : 678
Date d'inscription : 13/01/2018
Localisation : Dans ma villa !

Feuille de personnage
♠~ Hybride de/maître de: Meyer
♠~ Fréquentations::
Hunter
Jeu 1 Mar - 19:47


   


   


   
   
Ton petit nid "douiller" ?


   
Feat. Meyer


 
   
Il faisait chaud aujourd'hui. Le soleil brillait fort dans le ciel, heureusement que j'avais mon bandeau sur les yeux, j'aurais presque cru que mes pupilles allaient brûler sans lui ! J'étais sortie faire des courses dans mon supermarché habituel. Il y avait tout ce qu'il fallait dedans, et il n'était pas très loin de chez moi. Les sacs pleins, je retournai à ma voiture, déposai les courses dans le coffre et me mis au volant. J'avais hâte de rentrer et de le retrouver, il me manquait dès lors que je ne l'avais plus sous les yeux. J'avais envie de faire une petite promenade, à bord de ma Mustang, mais j'avais des produits surgelé dans le coffre, je ne pouvais pas trop traîner. J'arrivai rapidement à la maison et garai la voiture dans la cour, j'allais la mettre au garage plus tard et avec les courses, je n'avais pas les escaliers de la cave à grimper en passant directement par l'entrée. Sauf qu'en m'approchant de la porte, je remarquai qu'elle était entre-ouverte et du sang... semblait couler vers mes pieds comme si c'était un petit cour d'eau. J'ouvrai la porte, il faisait terriblement noir dans le manoir. En me retournant pour regarder le ciel, la nuit était subitement tombée. J'avançai lentement dans le couloir, il y avait un cercle de lumière au milieu de la pièce, avec une chaise sur laquelle Roy était assis, la gorge tranchée d'où s'écoulait une cascade de sang continue. Derrière lui se tenait un hybride... ou du moins une silhouette noire, un couteau à la main. Cette silhouette riait fort, un rire moqueur, avant de foncer sur moi dans un cri épouvantable et menaçant. Je laissai tomber mes sacs de courses qui pataugeaient, à présent, dans cette marre de sang pour me protéger instinctivement le visage. 

Je poussai un petit cri terrorisé. Couverte de sueur, je tremblai, la respiration saccadée. Il me fallut un moment pour réaliser que je venais de me réveiller en sursaut et que j'avais fait un cauchemar. Toujours le même, chaque nuit. Ca me hantait, je n'arrivais pas à tourner la page. J'étais toujours parvenue à résoudre les enquêtes qu'on me confiait, toutes sans exception, sauf celle du meurtre de Roy. Je regardai un instant autour de moi, encore terrorisée par ce mauvais rêve. J'espérai que mon cri n'avait pas réveillée Meyer, avant de me prendre la tête dans mes mains. Mes larmes montèrent rapidement, et avant de le réaliser, je me mis à pleurer. Ca arrivait à chaque fois, presque toutes les nuits. Je n'arrivais pas à le contrôler, il fallait que je pleure pour faire passer ce cauchemar. Quelques minutes plus tard, après avoir évacué ces sentiments négatifs, je me levai du lit pour me débarbouiller le visage. Je ne savais pas vraiment quel heure il était, mais c'était probablement le milieu de la nuit. Je retirait ma nuisette avant de filer sous la douche. Cette transpiration présente sur mon corps m’écœurait, je devais m'en débarrasser. Je restai un long moment sous l'eau chaude pour me vider l'esprit, avant de me savonner soigneusement. A nouveau propre, j'enfilai une nouvelle nuisette, un peu plus courte, et mis l'autre dans mon panier de linge sale.  

Je sortis de ma salle de bain pour regagner mon lit, après avoir vérifié que le drap n'était pas trempée, prête à me rendormir. Mais avant de m'installer, je regardai en direction de la chambre de Meyer. Je me demandais s'il passait une bonne nuit, après tout ce qu'il avait vécu... J'approchai de la porte, en douceur, avant de l'ouvrir un peu pour regarder dans la pièce. Curieusement, le lit était vide. J'ouvrai alors entièrement la porte, m'assurant que la fenêtre était fermée, me disant dans un premier temps qu'il avait décidé de partir. Tout semblait en ordre, avant de baisser les yeux et remarquer Meyer dormir sur le tapis. J'étais choquée, le lit était pourtant parfait, très proche du sol comme on pouvait en trouver au japon. Le matelas, quant à lui, était de très bonne qualité. Gênée, j'approchai lentement du lit pour vérifier qu'il était bien propre. Je sortis de la pièce un instant, avant de revenir, toujours aussi silencieuse, avec mon aspirateur. Je le branchai et l'allumai en me dirigeant vers le lit sur la pointe des pieds pour aspirer de près le drap. J'étais vraiment honteuse d'avoir négligée le ménage sur ce lit. Il n'était pas assez propre pour permettre à Meyer de passer une bonne nuit, et je le comprenais parfaitement. D'ailleurs, ce dernier se réveilla en sursaut.


"Je suis vraiment dés- ... Dis-je en chuchotant

... J'éteignis l'aspirateur.

"Je suis vraiment désolée Meyer... J'aurais du faire plus attention à la propreté des draps. C'est l'aspirateur qui vous a réveillé ?" Demandais-je en chuchotant.

Un peu dans le brouillard, il hocha simplement la tête. J'étais vraiment confuse... Jamais un bruit d'aspirateur ne m'avait réveillée, personnellement, au contraire, j'adorais ce bruit. Rouge de honte, je quittai la pièce en embarquant mon aspirateur. Au moins, le lit était propre à présent. Je descendis rapidement au salon pour aller lui chercher un verre d'eau. Il avait l'air agité, boire lui ferait du bien. Je le rejoignis, le verre à la main, pour le lui remettre. Je m'accroupis à sa hauteur, replaçant ma mèche de cheveux derrière mon oreille.


"Vous sembliez agité...La chambre ne vous convient pas ?

Je parlai à voix basse, pour ne pas le brusquer. Je voulais être certaine qu'il allait bien, comme je ne le connaissais pas encore très bien, voir pas du tout. S'il avait des problèmes qui l'empêchaient de bien dormir, une maladie, ou que savais-je d'autre... Je ne savais pas vraiment quoi faire, en fait. Avoir un hybride c'était vraiment quelque chose de compliqué...

Codage by Littleelda from     Never Utopia
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Messages : 59
Points : 1257
Date d'inscription : 25/04/2017
Age : 26

Feuille de personnage
♠~ Hybride de/maître de: Sofia Ashley
♠~ Fréquentations::
Soldier
Mar 6 Mar - 22:57
J’aurais pu continuer à subir cette torture encore longtemps mais quelque chose me tira soudain de mon sommeil. Un bruit qui, d’abord, me parut totalement inconnu puis, au fur et à mesure que j’émergeais, me fit penser à celui d’un aspirateur. Quel heure était-il ? Le soleil se levait-il déjà ? En regardant la fenêtre, je vis que le ciel était encore noir. Alors pourquoi Sofia était-elle en train d’aspirer le matelas du lit au beau milieu de la nuit ? Ça ne pouvait pas attendre demain ?

- Je suis vraiment désolée Meyer… dit-elle en éteignant sa machine infernale. J’aurais dû faire plus attention à la propreté des draps. C'est l'aspirateur qui vous a réveillé ?

La propreté des draps… Mais il étaient très propres ces draps, c’était quoi cette histoire ? Ah j’oubliais… cette femme était maniaque. Encore un peu dans les vapes, je me frottai le visage tandis qu’elle quittait la chambre en embarquant son aspirateur. Agacé d’avoir été réveillé en pleine nuit alors que c’était presque devenu une habitude au camp, je m’assis et poussai un profond soupir. Pendant un instant, j’avais presque oublié où je me trouvais. Puis les événements de la journée reprirent peu à peu leur place dans mon esprit. J’avais failli être exécuté mais Sofia était intervenue en prétendant me vouloir, moi et seulement moi, pour l’assister lors de ses enquêtes en tant que Consultante. Je me demandais si elle avait eu pitié de moi, si elle avait deviné mes talents de combattant ou si son choix était totalement aléatoire et issu d’un coup de tête. En tout cas, j’habitais ici maintenant, dans cette immense maison luxueuse, au service d’une demoiselle qui ne savait pas encore à qui elle avait exactement affaire. D’ailleurs, moi non plus je ne savais pas qui elle était vraiment. Nous ne nous connaissions que depuis quelques heures seulement.
Je croyais qu’elle était repartie se coucher mais elle revint à ma rencontre et s’accroupit à ma hauteur. Avec un petit sourire bienveillant, elle me tendit un verre d’eau. Malgré le peu de lumière, je remarquai alors qu’elle avait les joues rouges, les yeux un peu gonflés et l’air étrangement épuisé. Elle aussi passait une mauvaise nuit ?


- Vous semblez agité, déclara-t-elle en écho à mes pensées. La chambre ne vous convient pas ?

Je récupérai le verre d’eau, la remerciai à voix basse et pris le temps de boire quelques gorgées avant de répondre.

- A vrai dire j’en sais rien. J’ai dormi sur un matelas pourri dans une cellule non chauffée pendant huit ans… J’imagine qu’il me faut un temps d’adaptation.

Je m’étais endormi beaucoup plus vite après m’être installé par terre. Au fil du temps, si je restais ici assez longtemps, il me suffirait d’essayer peu à peu de dormir sur un lit normal. Peut-être aurais-je le sommeil moins agité, peut-être ne ferais-je plus ce satané cauchemar. Pour ce dernier élément, je n’y croyais pas trop. Bref. Je terminai le verre d’eau, le posai par terre à côté de moi. A présent bien réveillé mais ayant la ferme intention de me rendormir bientôt, je me grattai l’arrière de la tête et m’étirai paresseusement.

- T’as pas besoin de te soucier de ça, ajoutai-je alors comme si je me sentais obligé de la rassurer.

« C’est surtout pour qu’elle te foute la paix, ça oui... »

Je l’ignorai, repris.

- J’suis autonome, j'me débrouille très bien tout seul. Je sais que c’est pas évident à voir mais j’viens d’une famille d’hybrides nobles.

Je ne savais absolument pas pourquoi je lui racontais ça alors que je détestais parler de moi. Mais après tout, je me disais que j’aurais sûrement droit à un interrogatoire à un moment donné. En y pensant, peut-être savait-elle déjà cela après avoir lu mon dossier au camp. Je ne savais pas du tout ce qui y était inscrit. Il me paraissait fort improbable que quelqu’un ait fait le lien entre les Inoue et moi étant donné qu’il s’était écoulé quatre ans entre ma fuite de la maison et celle de mon entrée au camp. Je n’avais rien dit de mes origines aux gardes à mon arrivée. Et à mon avis, les Inoue préféraient garder secret le fait que je sois du même sang qu’eux. Les ratés n’avaient pas leur place dans la famille. Et tant mieux !
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Messages : 42
Points : 678
Date d'inscription : 13/01/2018
Localisation : Dans ma villa !

Feuille de personnage
♠~ Hybride de/maître de: Meyer
♠~ Fréquentations::
Hunter
Mar 20 Mar - 22:50


   


   


   
   
Ton petit nid "douiller" ?


   
Feat. Meyer


 
   
Je le regardai toujours, attentive. Comment ça, il n'en savait rien ? Je parcourus la chambre des yeux un instant, cherchant ce qui pouvait bien clocher. Mais il capta rapidement mon attention, à nouveau, quand il continua son explication. Ce qu'il me raconta me glaça le sang, à un point tel que mon corps frissonna. Le pauvre avait dormi dans des conditions exécrables huit années durant. Je ne savais pas que c'était si difficiles, au centre,, pour les hybrides. Je n'osai pas imaginer l'enfer qu'il avait du vivre, durant si longtemps en plus. Huit ans, n'importe qui d'autre serait devenu fou en restant enfermé dans une cellule froide autant de temps. Et puis elle devait être horriblement sale ! De la moisissure sur les murs, de l'humidité partout, un matelas même pas entretenu... Je ne voulais même plus y penser ! Meyer conclut en me signalant qu'il lui fallait simplement un petit temps d'adaptation. Je l'espérai en tout cas, qu'il ne s'agissait que de ça... Je me voyais mal refaire la chambre entièrement pour qu'elle lui convienne. Je pourrais le faire, en fait, j'en avais largement les moyens, mais peut être pas la force, ou le courage. C’était la chambre de mon bébé... C'était à lui de s'adapter, de toute façon...non ? Je n'en savais rien, en fait... Je verrai avec le temps, si vraiment Meyer n'arrivait pas à se plaire dans cette chambre, peut être, je disais bien peut être que je le laisserais choisir une nouvelle décoration. Il termina son verre d'eau pour le pose par terre. Aussitôt, je le récupérai dans ma main. Je ne voulais surtout pas de trace au sol.

Après un bref silence, Meyer essaya de me rassurer, soulignant le fait que je ne devais pas me faire de souci. C'était trop tard, du souci, je m'en faisais déjà. Il poursuivit, je restai silencieuse pour le laisser s'exprimer. Peut être que ça pourrait lui faire du bien, ou le rassurer lui aussi, de savoir que j'étais à son écoute. Mais ce qu'il dit me blessa légèrement, c'était comme s'il avait subitement placé un mur, que je le gênais. Il pouvait très bien se débrouiller seul... Je ne parvins pas vraiment à comprendre le sens de cette phrase. J'étais peut-être envahissante, il se sentait mal à l'aise à cause de ma présence ?  Ou alors il avait besoin d'être un peu seul, ce que je pouvais comprendre aussi, après tout ce qu'il avait vécu et subi. Je m'apprêtai à me relever, pensant qu'il avait terminé, mais il ajouta qu'il venait d'une famille nobles. Vu sa manière de parler et son attitude - à priori - négligé, c'était vraiment difficile à croire. Ceci dit, il me laissa une ouverture pour parler de lui, j'aurais pu en profiter pour saisir l'occasion, mais vu l'heure et mon état de fatigue, je préférai remettre à demain cette conversation. Lui aussi avait envie de retourner se coucher, et il en avait surtout besoin. Je me relevai doucement en lui adressant un doux sourire.


"On en parlera demain, d'accord ? Vous avez besoin de vous reposer, et je ne voudrais pas vous priver de sommeil plus longtemps. A demain Meyer, dormez bien."

Je replaçai ma nuisette puis sortit de ma chambre, le verre toujours en main. Je descendis dans la cuisine pour le laver et le ranger. Une dernière inspection des lieux, pour m'assurer que tout était en ordre, puis je remontai à l'étage pour rejoindre mon lit. Je ne parvins pas à trouver le sommeil tout de suite, mes pensées étaient tournées vers Meyer. Je me tournai plusieurs fois dans le lit, bien trop songeuse. Il me fallu presque trente minutes pour trouver le sommeil.

Le lendemain matin, je fus réveillée par le réveil de mon téléphone, que je coupai aussitôt pour éviter de déranger Meyer. Comme toujours, je me levai tôt, même si j'étais en repos. Je commençai la journée par quelques étirements matinaux, pour bien me réveiller. Un rapide tour dans la salle de bain pour y faire un brin de toilette, je m'habillai d'une tenue décontractée, un simple T-shirt et leggings noir, c'était largement suffisant pour la maison. Je descendis dans la cuisine pour préparer le petit déjeuné. Du café, du jus d'orange pressé... Puis j'allai enfiler des chaussures et récupérai mon porte monnaie. Il y avait une boulangerie à une centaine de mètre d'ici. Rapidement, j'allai acheter des croissants, me disant que ça pourrait faire plaisir à Meyer.

De retour à la maison, un sac en papier en main, avec les croissants à l'intérieur, je constatai que Meyer n'était toujours pas levé. Du moins, il n'était ni dans le salon, ni dans la cuisine. Tant mieux, ça me laissait le temps de dresser la table. Je ne voulais pas prendre mon petit déjeuné sans lui, ça pourrait être déplacé. J'avais de quoi m'occuper en attendant, notamment aller allumer mon ordinateur, pour consulter mes mails. Il y en avait justement un qui concernait le travail. Ne pouvant résister à l'appel, je m'installai sur la chaise pour ouvrir la photographie en pièce jointe. Je répondis rapidement aux différentes questions que la personne m'avait posé dans l'e-mail, ce n'était pas spécialement compliqué. Je traînai un peu sur Internet, quand Meyer finit par arriver. Je le saluai aussitôt, tandis que je me levai, pour l'inviter à passer à table. Une fois installés, nous commençâmes à manger en silence. Un silence que je brisai après quelques minutes. 


"Vous disiez, cette nuit, venir d'une famille d'hybrides nobles. Vous voulez éventuellement en parler ? J'aimerais beaucoup en savoir davantage sur vous. En retour, vous pouvez me demander ce que vous voulez sur moi, aussi."

Je lui adressai un sourire rassurant, je ne le forçai pas à répondre, il était libre de discuter ou non s'il le voulait, ou bien même me poser des questions d'abord s'il le préférait. Je voulais simplement échanger avec lui, pour mieux le connaître, sans pour autant que cela ne ressemble à un interrogatoire comme il pouvait en avoir au centre.
Codage by Littleelda from     Never Utopia
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Messages : 59
Points : 1257
Date d'inscription : 25/04/2017
Age : 26

Feuille de personnage
♠~ Hybride de/maître de: Sofia Ashley
♠~ Fréquentations::
Soldier
Mer 21 Mar - 0:39
Sofia récupéra le verre d’eau et se releva en souriant.

- On en parlera demain, d'accord ? proposa-t-elle avec attention. Vous avez besoin de vous reposer, et je ne voudrais pas vous priver de sommeil plus longtemps. A demain Meyer, dormez bien.

Très bonne réflexion ça. Une nuit de sommeil réparateur me rendrait peut-être plus enclin à discuter demain. La demoiselle s’en alla en refermant doucement la porte derrière elle. A nouveau seul, je soupirai, remuant dans ma tête les péripéties de la journée tout en essayant de m’imaginer de quoi serait fait mon futur ici. Je n’en avais pas la moindre idée. Aussi, je chassai ces pensées de ma tête, me rallongeai et fermai les yeux. J’aurais tout le temps de découvrir tout ça dans les prochains jours.
Quand je me réveillai le lendemain, les rayons du soleil passaient à travers la vitre et venaient se perdre sur la couette dans laquelle j’étais enroulé. La tête dans les vapes, je regardai autour de moi le temps de me familiariser avec le lieu dans lequel je venais de passer la nuit. Puis, lentement, je me levai et me rendis à la salle de bain pour me passer un coup d’eau sur le visage. En général, c’était plutôt efficace pour me réveiller complètement. Mais pas aujourd’hui visiblement. Je ne savais pas dire si j’avais bien dormi ou non. Après l’intervention de Sofia, je ne me rappelai d’aucun rêve et ne me réveillai pas une seule fois. Peut-être avais-je sombré beaucoup plus longtemps qu’habituellement et mon corps peinait à suivre le rythme. Mais ça voulait aussi sûrement dire que j’avais vraiment besoin de me reposer. C’est donc en lâchant un long bâillement que je m’habillai et descendis à la cuisine. Sofia était installée devant son ordinateur dans le salon. Lorsqu’elle me vit, elle se leva en me saluant et me rejoignit en m’invitant à prendre place à table. Elle avait acheté des croissants. Depuis combien de temps n’en avais-je pas mangé ? En fait, il était inutile de me poser la question à chaque repas… La réponse était simple : au moins douze ans. Après ma fuite de la maison familiale, les repas du vieil homme qui m’hébergea durant quatre ans ne demeurèrent pas beaucoup plus fournis que ceux dont j’eus droit au camp de dressage.


- Vous disiez, cette nuit, venir d'une famille d'hybrides nobles, déclara Sofia après un moment de silence. Vous voulez éventuellement en parler ? J'aimerais beaucoup en savoir davantage sur vous. En retour, vous pouvez me demander ce que vous voulez sur moi, aussi.

Son sourire se voulait certainement rassurant. Je n’y vis qu’un soupçon de curiosité mêlé de suspicion. Je ne pouvais pas lui en vouloir. Je l’avais dit moi-même cette nuit : mes origines nobles n’étaient pas évidentes à deviner. Trempant un autre croissant dans mon bol de café, je pris le temps de l’apprécier avant de prendre la parole.

- J’sais pas c’que t’as vu dans mon dossier hier mais y a sûrement un tas de conneries. J’parie que, d’après le camp, j’suis un sauvage sans famille trouvé dans la forêt. Et j’passe les détails croustillants.

Elle hocha la tête.

- J’pense pas qu’on m’aurait mieux traité si on avait su d’où je venais vraiment. De toute façon, ma soi-disant famille m’a toujours renié. J’veux pas de ta pitié, prévins-je aussitôt en pointant la moitié de mon croissant sur Sofia. J’te raconte pas ça pour me plaindre. J’dis juste que j’en ai rien à foutre au final, parce que, de toute façon, j’compte pas retourner les voir.

Si jamais je croisais à nouveau l’un d’entre eux, je risquais de perdre mon calme et casser quelques dents.
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Messages : 42
Points : 678
Date d'inscription : 13/01/2018
Localisation : Dans ma villa !

Feuille de personnage
♠~ Hybride de/maître de: Meyer
♠~ Fréquentations::
Hunter
Dim 25 Mar - 22:36


   


   


   
   
Ton petit nid "douiller" ?


   
Feat. Meyer


 
   
Bien installé à table, je regardai Meyer profiter des croissants. Il semblait le savourer, ça devait faire longtemps qu'il n'avait pas pu profiter d'un petit déjeuné équilibré. J'étais encore un peu sous le choc de ses révélations de cette nuit. Je l'imaginais toujours, maintenant, vivre dans des conditions difficiles au camp, et ça me faisait beaucoup de peine. C'était du passé, je le savais très bien et je savais qu'ici, il pouvait tout ce qu'il voulait. Mais quand même, je n'arrivais pas à comprendre comment on pouvait infliger ça à quelqu'un. Je souris un instant en le voyant tremper son croissant dans le café. Comment pouvait-il faire une chose pareille ? Son café était à présent plein de miettes qui flottaient trop aléatoirement à la surface. Il évoqua ensuite son dossier, celui que j'avais pris avec moi en l'adoptant au centre. j'hochai la tête quand il parlait de ce qu'il pouvait y avoir dedans. C'était en effet ce qu'il y avait écris dedans, qu'il était un sauvage trouvé en forêt. Raison pour laquelle je fus assez surprise cette nuit quand il me parla de sa famille de noble. Il avait très certainement fugué, son dossier disait qu'il avait cette fâcheuse habitude. Je ne pouvais pas trop m'y fier, à priori, les informateurs du centre avaient commis quelques erreurs et ça ne me plaisait pas du tout. Il ne s’attarda pas davantage sur cette partie de sa vie, et à vrai dire, je me fichais pas mal de savoir pourquoi on l'avait retrouvé dans cette forêt, ou pourquoi il avait fuit son ancienne famille. Au vu de sa façon de se conduire et son langage vulgaire, il n'était pas du tout intégré au monde de la noblesse. Et même plus, ce style de vie ne lui plaisait pas. Etant différent de sa famille, il avait du se sentir rejeté -ou pire- se faire rejeter et avait préféré s'en aller. C'était normal, après tout. Mais ça ne restait que des suppositions.

Et j'avais raison, son ancienne famille l'avait en effet rejetée. Enfin ça, c'était ce que lui disait. On ne pouvait pas dire que je lui faisais encore confiance, je ne le connaissais pas et il pouvait avoir un tas de raison de me mentir. Enfin, au moins, il n'avait rien tenté de bizarre cette nuit, ni de me tuer, ni de me... Je chassai rapidement ces pensées de ma tête en la voyant pointer la moitié de son croissant vers moi. Comment ça "j'veux pas de ta pitié" ? Devais-je vraiment lui signaler que c'était grâce à cette pitié qu'il était encore en vie, ce grossier personnage ? Non, je préférai me contenir, même si mon sang bouillonnait en moi. De la vulgarité, encore et encore, et puis mince quoi, était-il vraiment obligé de secouer ce maudit croissant détrempé de café au dessus de ma table en y faisant tomber des gouttes ?! ll me précisa assez fermement qu'il ne voulait plus revoir son ancienne famille. Grand bien lui fasse, j'avais carrément autre chose en tête à présent. Et, ne pouvant plus résister davantage, je me levai pour aller récupérer une éponge dans la cuisine et essuyer la table. J'en profitai pour débarrasser les miettes de croissant que Meyer avait fait. Je nettoyai ensuite l'éponge qui me servait à nettoyer, avant de retourner m'asseoir pour continuer mon petit déjeuné, à présent calmée.


"Inutile de vous montrer si agressif, vous savez... ? Je n'aime pas tr-..."

Mon téléphone se mit à sonner. Enfin, mon téléphone du travail, j'en avais deux. Un pour le privé, un pour le travail. J'étais pourtant en congé, alors pourquoi recevais-je des appels ? Puis je me rappelai que je n'avais averti personne, et que j'avais oublié de paramétrer le message automatique de ma boite mail pour prévenir de mon absence. Je n'avais donc aucune excuse, je décrochai en m'excusant auprès de Meyer. J'écoutai rapidement ce que mon interlocuteur avait à me dire.

"Hm non... Je pense qu'il ment. D'après ce que vous me dites, s'il l'a vraiment acheté cette semaine, il ment. C'est une ancienne collection, qui date de l'an 2145. En plus, à cette date, elle n'était même pas encore importée à Nekai. J'écoutai sa réponse, avant de reprendre" Oui, évidemment que j'en suis certaine. La boutique de Nekai a commencé à les commercialiser uniquement l'année dernière, c'est donc impossible que votre suspect puisse avoir acheté ce modèle récemment ici."

Ils me remercièrent avant de raccrocher rapidement. Ce numéro était surtaxé, un appel comptait comme une consultation, après tout. Je rangeai mon téléphone, en m'excusant une nouvelle fois auprès de Meyer, qui avait terminé son petit déjeuné, entre temps. Je débarrassai la table puis l'invitai à aller s'installer sur le canapé, ou faire autre chose, car j'allais faire un brin de ménage. Et aujourd'hui, d'après mon planning, je devais m'occuper intégralement du rez de chaussé. Ca allait durer un moment et je ne voulais pas de son aide pour une chose si importante que le ménage.

Je préparai tout le nécessaire pendant qu Meyer alla s'installer sur le fauteuil de la bibliothèque. Il se plongea aussitôt dans un livre, me laissant seule à mes occupations. Il leva instinctivement les pieds quand je passais avec le balais et la serpillière. Deux heures plus tard, quand j'eus terminé, je rangeai tout et admirai le résultat. Tout était parfaitement propre et ça sentait très bon. Ravie, je m'approchai de Meyer pour vérifier s'il lisait toujours. Un brin gênée de le l'interrompre dans sa lecture, je m'approchai davantage en levant doucement la main pour l'interpeller.  


"Navrée de vous déranger, Meyer, mais j'ai terminé. Alors si vous voulez faire quelques choses, ou si vous voulez poursuivre notre conversation, je suis à nouveau disponible."

Comme toujours, je souriais, en m'installant dans le fauteuil à coté de lui pour m'étendre les jambes. Faire le ménage c'était plutôt sportif, en réalité !
Codage by Littleelda from     Never Utopia
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Messages : 59
Points : 1257
Date d'inscription : 25/04/2017
Age : 26

Feuille de personnage
♠~ Hybride de/maître de: Sofia Ashley
♠~ Fréquentations::
Soldier
Dim 15 Avr - 16:56
En silence, Sofia se leva et alla récupérer une éponge pour essuyer la table sur laquelle j’avais laissé tomber des gouttes de café et des miettes. Après avoir nettoyé ladite éponge, elle s’installa à nouveau à table.

- Inutile de vous montrer si agressif, vous savez ? Je n'aime pas tr…

Mais elle fut interrompue par la sonnerie de son téléphone portable. Elle s’excusa avant de décrocher. Je n’avais pas été agressif… Enfin, mes paroles l’étaient mais je n’avais rien contre elle. Puis je me dis qu’après huit années passées au camp de dressage, à insulter quiconque me regardait de travers, je devais avoir du mal à prendre un ton avenant quand j’avais une conversation normale. Tant pis. Pendant que Sofia discutait avec son interlocuteur, je terminai mon petit déjeuner tranquillement. Je ne fis pas vraiment attention à ce qu’elle racontait. J’entendis vaguement parler de suspect ayant acheté ou non un objet qui datait de je ne savais plus quelle année. Puis elle raccrocha et débarrassa la table. Elle m’indiqua que j’étais libre de faire ce que je voulais car elle avait du ménage à faire. Je retournai donc à mes lectures d’hier en allant m’installer sur le canapé. Il ne me restait que quelques pages à terminer. Alors, avant que Sofia passe la serpillière, j’allai rapidement prendre un autre livre au hasard. Histoire de la musique, de l’an 2000 à nos jours. Maintenant que j’entamais le deuxième ouvrage, je comptais bien dévorer la bibliothèque entière.

« Je vois que ça t’a manqué tout ça, fit remarquer Meyer. Mais au lieu de lire des vieilleries, tu devrais t’informer de tout ce qu’il s’est passé ces huit dernières années. »

Il avait raison. A l’occasion, j’essayerais de faire quelques recherches pour me tenir au courant. Il s’écoula deux bonnes heures jusqu’à ce que Sofia termine son ménage. Apparemment très satisfaite du résultat, elle me rejoignit et leva une main timide pour attirer mon attention.

- Navrée de vous déranger, Meyer, mais j'ai terminé, annonça-t-elle. Alors si vous voulez faire quelque chose, ou si vous voulez poursuivre notre conversation, je suis à nouveau disponible.

Elle s’installa à côté de moi, étendit ses jambes et m’accorda un autre de ses sourires bienveillants. Poursuivre la conversation ? Je ne savais pas si j’en avais très envie… Que dire de plus de toute façon ? Je lui en avais raconté suffisamment. Ce dont j’avais envie, là, maintenant, c’était d’une bonne cigarette. Le problème, je n’en possédais pas. Au camp, je m’arrangeais toujours pour en taxer une à un garde de temps en temps. Parfois, j’avais droit au paquet entier et c’était bien la seule chose que l’on m’accordait. A mon avis, Sofia ne pouvait pas me procurer la moindre cigarette tout de suite, alors je me concentrai sur ma lecture pour essayer d’oublier ma frustration. Mais je finis par refermer le livre et regarder la demoiselle.

- Ça consiste en quoi exactement, Enquêtrice Consultante ? demandai-je. Tu bosses pour les flics ou c’est indépendant ?

Je devais avouer que je n’avais jamais entendu parler de ce métier, même lorsque je vivais encore chez les Inoue.
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Messages : 42
Points : 678
Date d'inscription : 13/01/2018
Localisation : Dans ma villa !

Feuille de personnage
♠~ Hybride de/maître de: Meyer
♠~ Fréquentations::
Hunter
Mer 23 Mai - 20:05


   


   


   
   
Ton petit nid "douiller" ?


   
Feat. Meyer


 
   
Je posai mes jambes sur le repose pied qu'il y avait devant moi pour me détendre un peu. Il lisait un très bon livre que j'avais dévoré en deux jours. "Histoire de la musique, de l’an 2000 à nos jours". Je souris légèrement, il aimait vraiment la musique. Il ne semblait pas m'avoir entendu, peut être était-il trop plongé dans sa lecture. Ne voulant pas la déranger davantage, je préférai garder le silence. Je fermai les yeux pour profiter du calme, bercée par le son des pages que Meyer tournait. Vraiment, je ne voyais pas pourquoi les gardes du camp d'entraînement étaient si dur avec lui. Il ne semblait absolument pas quelqu'un d'agité ou de perturbé. Il fallait tout simplement le laisser tranquille, le laisser faire ce qu'il voulait, dans la limite du raisonnable, du moins. Légèrement somnolente, je l'entendis refermer le livre. J'ouvris alors les yeux pour le regarder, croisant ainsi son regard.   

"- Ça consiste en quoi exactement, Enquêtrice Consultante ? Tu bosses pour les flics ou c’est indépendant ?"

Alors il s'intéressait vraiment à ce que je faisais ? Je fus plutôt surprise de remarquer que c'était le cas. Comment est-ce que j'allais pouvoir lui expliquer, sans l'ennuyer, en quoi consistait mon travail ? Je savais très bien que si on me lançait sur ce sujet, je pouvais en parler pendant des heures, ce qui avait le don de rapidement déranger ceux avec qui je parlais. Il y avait tant de choses à dire que j'avais du mal par savoir où commencer.

"Pour faire simple, j'attend qu'on m'appelle pour une affaire, je me déplace sur les lieux, et je commence mon enquête après avoir reçu les éléments. Il arrive aussi, comme ce matin, qu'on m'appelle pour un détail, une question qui pourra les aider, eux, à continuer leur enquête."

Je marquai une courte pause pour le regarder, mais aussi pour me retenir d'aller plus loin dans les détails, avant de reprendre pour répondre à sa seconde question.

"J'ai ma propre entreprise. Je travaille pour moi même, la police n'est que mon client. Des particuliers peuvent eux aussi m'appeler pour des enquêtes de disparition, par exemple. Parfois on me demande d'enquêter sur des choses un peu moins graves... Souvent ce sont des femmes qui veulent savoir si leur mari est fidèle, ce genre de choses. En général, j'accepte presque tout, même si j'ai une préférence pour les enquêtes concernant des meurtres. C'est bien plus palpitant et important, je trouve. Mais bon, l'argent ne pousse pas sur les arbres, alors il faut bien faire des choses un peu moins plaisante, parfois. Le souci, c'est que je n'ai pas vraiment d'horaires, je travaille plus ou moins tout le temps. "

Bon, je devais vraiment la boucler, maintenant, sinon il allait s'endormir sur place. Je le regardai un instant. Il était déjà habillé, prêt à sortir. Tant mieux, nous allions faire quelques courses. Il était indiqué dans son dossier qu'il fumait des cigarettes. En vidant les poches de son pantalon pour le mettre dans la machine, je n'y avais pas trouvé de paquet. J'en conclus donc qu'il n'en avait pas avec lui et je voulais éviter d'avoir à gérer une boule de nerfs en manque de nicotine. Je me levai donc pour aller récupérer mon petit sac à main. Je vérifiai rapidement à l'intérieur pour être certaine de ne pas oublier mon téléphone et mon porte-feuille avant de retourner voir Meyer.

"Nous allons faire quelques courses, Meyer."

Cette fois-ci, je ne lui demandai pas son avis, il devait me suivre et puis c'était tout. Je restai d'ailleurs plantée devant lui un instant pour lui faire comprendre qu'il devait se bouger les fesses et me suivre. Je vivais dans un endroit vraiment tranquille et, par chance, il y avait tout ce qu'il fallait autour. Une petite boulangerie, une épicerie, une station service... Bref, inutile de prendre la voiture. Un peu de marche ne faisait jamais de mal. Il se leva mollement du fauteuil, l'air paresseux, avant de me rejoindre dans le hall d'entrée pour enfiler ses chaussures. Il faisait vraiment beau aujourd'hui, c'était toujours plus agréable de marcher sous le soleil. Rapidement, nous arrivâmes dans une petite boutique qui vendait un peu de tout. Je regardai Meyer en coin, il affichait toujours cet air de blasé de la vie. Je soupirai un peu, j'aimerais bien qu'il fasse une autre tête, surtout quand nous sortions. Bon, tant pis, après tout c'était peut être sa tête normale... Même si c'était bizarre d'avoir l'air constamment blasé naturellement. Il avait les sourcils un peu froncés. Des petits yeux un peu plissés. Une mâchoire serrée. Bon, peut être qu'il faisait la tronche ? Je ne savais pas trop. Je détournai vite le regard quand il tourna la tête vers moi. Je ne voulais pas qu'il me voit le scruter de la sorte, c'était vraiment déplacé de ma part.

"Vous pouvez choisir tout ce que vous voulez, Meyer. Les cigarettes sont au comptoir."

Dépenser ne me faisait pas peur. Même si cette boutique était un peu chère, il avait le droit de se faire plaisir. Et puis je ne pensais pas que Meyer était du genre à profiter. J'étais certaine qu'il allait se contenter du minimum. Au pire, si vraiment ça m'énervait, je pourrais acheter cette boutique entière et puis comme ça elle serait à nous.
Codage by Littleelda from     Never Utopia

_________________
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Messages : 59
Points : 1257
Date d'inscription : 25/04/2017
Age : 26

Feuille de personnage
♠~ Hybride de/maître de: Sofia Ashley
♠~ Fréquentations::
Soldier
Mer 8 Aoû - 18:32
Sofia réfléchit quelques instants, l’air de se demander comment elle pouvait m’expliquer ça sans paraître ennuyante.

- Pour faire simple, j'attends qu'on m'appelle pour une affaire, je me déplace sur les lieux, et je commence mon enquête après avoir reçu les éléments. Il arrive aussi, comme ce matin, qu'on m'appelle pour un détail, une question qui pourra les aider, eux, à continuer leur enquête.

Elle expliqua ensuite qu’elle avait sa propre entreprise et qu’elle travaillait pour elle-même. La police ne faisait pas partie de ses clients. Parfois, des particuliers l’appelaient pour des enquêtes de disparition. Sinon, il pouvait s’agir de femmes qui voulaient savoir si leur mari était fidèle.

- En général, j'accepte presque tout, même si j'ai une préférence pour les enquêtes concernant des meurtres, avoua-t-elle. C'est bien plus palpitant et important, je trouve.

Évidemment, c’était sûrement plus motivant de chercher un meurtrier plutôt que de filer un pauvre type qui trompait sa femme.

- Mais bon, l'argent ne pousse pas sur les arbres, alors il faut bien faire des choses un peu moins plaisantes, parfois. Le souci, c'est que je n'ai pas vraiment d'horaires, je travaille plus ou moins tout le temps.

Ça, c’était un peu handicapant si elle voulait prévoir quelque chose, que ce soit des vacances ou même un repas au restaurant, une séance de cinéma ou même du shopping.

« C’est pas très différent de c’que tu vivais au camp, fit remarquer Meyer. T’avais jamais une minute à toi. »

Ce n’était pas du tout comparable. De toute façon, je n’avais rien d’autre à faire que m’entraîner ou participer aux chasses, alors forcément…

- Nous allons faire quelques courses, Meyer.

Je levai les yeux vers Sofia qui se tenait à présent devant moi, son sac à main sur l’épaule. Avait-elle vraiment besoin de moi pour ça ?

« Si tu commences à te rebeller dès ton premier jour, ça va mal aller ! » prévint Meyer menaçant.

Oui oui… Je me levai paresseusement et rejoignis la demoiselle dans le hall d’entrée pour mettre nos chaussures. Comme les miennes étaient bonnes à jeter à la poubelle, j’eus droit à une paire toute neuve. Nous sortîmes de la maison sous un soleil brillant. Il faisait vraiment bon dehors, c’était revigorant. Je pensais que nous prendrions la voiture mais Sofia se dirigea vers le portail à pieds. Alors je la suivis sans rien dire. La ville ne se trouvait pas très loin, nous entrâmes dans le premier magasin en peu de temps. A peine après avoir fait quelques pas, j’eus un énorme frisson. L’endroit devait être climatisé.


- Vous pouvez choisir tout ce que vous voulez, Meyer, annonça Sofia d’un ton aimable.

Quoi ?


- Les cigarettes sont au comptoir.

Les cig… ah oui, d’accord. Elle m’avait tellement surpris que je ne savais plus où j’en étais. Choisir tout ce que je voulais… C’était une proposition beaucoup trop généreuse. Par contre, un paquet de cigarettes, je voulais bien. Mais d’abord, autant faire le tour du magasin avec Sofia pour redécouvrir ce que j’avais oublié depuis très longtemps. Il y avait vraiment de tout ici, je ne savais plus où donner de la tête. Les mains dans les poches de mon jean, je me contentai de rester derrière Sofia qui piochait quelques bricoles par-ci par-là. L’avantage de ressembler à un être humain tout à fait normal, c’était que personne ne me regardait de travers. Au moins, j’étais tranquille avec la curiosité des gens. C’était même bizarre. Les quelques clients présents dans le magasin étaient occupés à faire leurs emplettes et ne prenaient pas garde à leur entourage, comme si chacun vivait dans sa bulle. Ça avait un côté un peu glauque. Détournant mon regard de la vieille dame qui hésitait entre un sachet de biscottes ou du pain de mie, ce qui n’avait carrément rien à voir, je reportai mon attention sur Sofia. Elle tendait le bras vers le haut d’une étagère pour essayer de prendre ce qui ressemblait à un sac de rechange pour aspirateur. Je m’approchai, l’attrapai aisément et le lui donnai.

- Eh m’man… regarde, la dame elle a un bandeau bizarre sur la figure, chuchota une petite voix derrière moi. Et le monsieur là, il est immense…

Bon, je n’avais rien dit… Je me retournai. Une gamine d’à peine cinq ou six ans accompagnée de sa mère se tenait non loin, au niveau des robots de cuisine. Quand mon regard croisa le sien, elle rougit jusqu’aux oreilles et se cacha le visage derrière ses cheveux. Sa mère m’accorda un simple regard désolé mais je ne répondis pas et préférai faire comme s’il ne s’était rien passé. Comparé à ce que je vivais au camp, ce n’était pas grand-chose. En plus, il s’agissait seulement d’une gamine, pas d’un sale type qui voulait intentionnellement m’emmerder.
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Messages : 42
Points : 678
Date d'inscription : 13/01/2018
Localisation : Dans ma villa !

Feuille de personnage
♠~ Hybride de/maître de: Meyer
♠~ Fréquentations::
Hunter
Mar 14 Aoû - 11:24


   


   


   
   
Ton petit nid "douiller" ?


   
Feat. Meyer


 
   
Bon... Il m'avait lui même demandé en quoi consistait mon métier, mais il ne semblait pas vouloir en discuter davantage, il se contentait simplement de m'écouter. D'accord, je devais aussi avouer que je parlais tellement que je ne lui laissait peut être pas le temps d'en placer une. Lorsque je l'invitai à se lever pour aller faire quelques courses avec moi, il m'obéit, certes, mais il se leva avec toute la paresse du monde. Mon Dieu, quelle limace... Comment pouvait-il être aussi bien bâti en adoptant une attitude aussi paresseuse ? Il n'avait peut être pas le choix de se bouger les fesses au centre d'entraînement. Les instructeurs, là bas, ce n'était pas tous des tendres. Ils aimaient même afficher leur supériorité en maltraitant les hybrides coincés entre ces quatre murs. Je ne pus m'empêcher, encore une fois, d'imaginer les difficultés que ce pauvre homme avait rencontré dans cet endroit. J'étais vraiment contente de l'avoir sorti de là... Mieux encore, lui avoir évité de finir avec une balle dans la nuque. Un frisson froid parcourut mon dos, à cette pensée. C'était si simple d'ôter une vie, si simple que pour eux, c'était presque un jeu amusant. S'ils n'étaient pas humains, honnêtement... Je pense que j'en aurais buté un ou deux pour faire passer un message. J'inspirai doucement en fermant les yeux pour chasser ses mauvaises pensées.   

Dans le hall, j'offris une nouvelle paire de chaussures à Meyer, elles étaient encore neuves, Roy n'avait jamais eu l'occasion de les enfiler. Et oui... Je les avait conservées... Dans leur boite, là. Et oui... Je nettoyais la boite pour ne pas qu'elle se recouvre de poussière. Hé, au moins, maintenant, elles avaient une utilité ! Ha ! Comme quoi, j'avais bien fait. Fière de moi, je souris en voyant Meyer dans ses nouvelles chaussures. Il avait fière allure comme ça, plutôt que dans ses anciennes ... choses immondes et trouées. Finalement, nous sortîmes pour nous diriger vers une petite boutique. Le trajet se fit en silence. Peut être que Meyer n'avait pas envie de parler, encore. Une fois à l'intérieur de la boutique, je pus constater qu'elle était climatisée. Ca faisait du bien, surtout qu'il commençait déjà à faire chaud dehors. Meyer se contenta de me suivre en silence à travers les rayons. Il était tout mignon, comme un enfant qui avait peur de se perdre. Je craquais littéralement, masquant un sourire, touchée. Je ne pus m'empêcher de lui lancer quelques regards tant je trouvais ça adorable. Mais cette vision de l'enfant tout mignon s'évapora dès qu'il arriva pour m'aider à attraper un article qui se trouvait en hauteur. C'était une vraie montagne, ce type. D'ailleurs, en parlant d'enfant.... 


" Eh m’man… regarde, la dame elle a un bandeau bizarre sur la figure, Et le monsieur là, il est immense…"

Meyer se tourna vers la petite voix en même temps que moi. Je vis une petite fille toute adorable rougir et se cacher derrière ses cheveux. Oh non, la pauvre petite, elle avait peur de lui. Je le regardai, presque furieuse d'avoir effrayée une enfant aussi mignonne qu'elle. Rah, en même temps, regardez moi cette tête qu'il tirait ! On ne regardait pas un enfant avec un visage aussi effrayant que ça, Meyer ! Doucement, je m'approchai de la gamine avec un sourire avenant pour aller la rassurer. J'adorais les enfants, je voulais toujours en avoir un. Mais maintenant... Bref. Je m'accroupis devant elle. Elle était trop mignonne cette petite, adorable comme tout !

"Coucou toi. Tu veux savoir pourquoi je le porte, ce bandeau bizarre ?" Demandai-je sur un ton très doux.

Timide mais tout de même curieuse, elle hocha la tête.


"Je peux transformer les gens en pierre avec mon regard ! Lui dis-je dans un murmure exagéré.

"C'est n'importe quoi madame ! Ca existe même pas !"

Je ne pus m'empêcher de rire doucement face à cette remarque spontanée.

"Soulève le alors, tu verras bien !"

Les enfants étaient tous bien trop curieux, alors, évidemment, elle approcha sa main de mon visage pour agripper mon bandeau et le tirer doucement vers le haut. Une fois mon bandeau entièrement soulevé, je me mis à loucher pour me donner un air totalement débile. La gamine resta un instant stoïque, avant d'éclater de rire. Un rire aigu, adorable. Je replaçai mon bandeau sur mes yeux en souriant. Je me relevai après avoir ébouriffée la tête de la gamine. J'adressai un autre sourire bienveillant à la mère en la saluant, puis je retournai auprès de Meyer pour réclamer une lingette. La main tendue, j'attendis un instant, mais il ne semblait pas comprendre. Normalement, c'était lui qui avait mes lingettes. Je claquai alors des doigts en chuchotant à plusieurs reprise que je voulais une lingette. Mais qu'est-ce qu'il fichait ? C'était lui mon porteur de lingettes ! Il extirpa finalement le petit paquet de sa poche et le lança vers moi, l'air de dire "démerde toi avec tes lingettes à la con". Ha, parfait. Je récupérai le paquet pour finalement nettoyer mon gant.

Nous reprîmes la marche à travers les rayons pour continuer nos emplettes. Meyer ne réclamait toujours rien, je ne savais pas ce qu'il voulait prendre. Rien, peut être. Il n'osait probablement rien demander, du coup je choisissais pour lui. Peut être qu'il aimait la bière, je pris donc un pack et le lui collais dans les mains. C'était la sienne, maintenant, moi je ne touchais pas à l'alcool. Une fois mon cabas remplis de ce que j'avais besoin, je me dirigeai vers la caisse. Je demandai au vendeur de nous servir une cartouche de cigarettes en laissant Meyer lui préciser lesquelles il fumait. Le paiement effectué, je rangeai la cartouche dans mon cabas et nous pûmes quitter la boutique. Ce dernier était lourd, moi qui voulais éviter de prendre ma voiture... Je regrettai maintenant.  


"Bon, je vous propose de retourner à la villa pour déposer tout ça et ensuite nous pouvons aller faire un petit tour dans une boutique de vêtement pour vous refaire une nouvelle garde-robe, qu'en pensez-vous ?"
Codage by Littleelda from     Never Utopia

_________________
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Messages : 59
Points : 1257
Date d'inscription : 25/04/2017
Age : 26

Feuille de personnage
♠~ Hybride de/maître de: Sofia Ashley
♠~ Fréquentations::
Soldier
Mer 15 Aoû - 14:14
Je pensais que Sofia allait poursuivre ses achats sans se préoccuper de cette histoire. Mais apparemment très attendrie par la petite fille, elle s’en approcha et s’accroupit face à elle.

- Coucou toi, dit-elle aimablement. Tu veux savoir pourquoi je le porte, ce bandeau bizarre ?

La gamine hocha timidement la tête.

- Je peux transformer les gens en pierre avec mon regard !

Mais bien sûr…

« Sois pas rabat joie, elle parle à une gamine. »

- C’est n’importe quoi, madame !
répondit la petite fille incrédule. Ça existe même pas !

Sa remarque fit beaucoup rire Sofia qui lui proposa de soulever elle-même son bandeau pour vérifier. Évidemment, la curiosité de l’enfant la poussa à agir. Je ne voyais pas le visage de Sofia puisqu’elle me tournait le dos, mais comme la gamine éclatait de rire, j’imaginai qu’elle devait lui faire une belle grimace. Pour avoir vu ses yeux l’espace d’un instant en partant du camp, je ne voyais pas ce qui pouvait susciter l’hilarité de la petite fille, à part une pitrerie de la part de son interlocutrice.

« Tu veux dire, de ta nouvelle maîtres... »

- Ferme-la,
coupai-je à voix basse.

Sofia replaça son bandeau devant ses yeux, et ébouriffa les cheveux de la gamine avant de se relever. Puis elle les salua, sa mère et elle, et me rejoignit. Là, elle tendit la main vers moi, l’air d’attendre quelque chose. Ben quoi ? Impatiente, elle claqua des doigts et me réclama une lingette, à voix basse. Ah oui, c’est vrai, les lingettes… J’avais oublié que madame avait un problème avec la propreté. Et elle était obligée de claquer des doigts comme ça ? Elle me prenait pour qui ?


« Pour son esclave, » dit Meyer sur le ton de l’évidence.

Je soupirai, fouillai dans la poche de mon pantalon et lui balançai le paquet de lingettes. Même si Meyer avait raison, j’avais du mal à supporter le fait que, même si je ne vivais plus au camp, je devais être au service d’une femme aussi chiante qu’elle.


« J’te rappelle que t’as été formé pour entrer dans les forces de l’ordre, à la base. Protéger, obéir et servir, ça te dit rien ? »

Si… et c’était toujours mieux que de passer le balai. Mais même ! Enfermé dans mes pensées, je poursuivis mon chemin à travers les rayons en compagnie de Sofia. Seulement quelques heures que j’étais sous sa responsabilité et j’avais déjà envie de me barrer.

« Patience... »

Facile à dire. J’étais en train de broyer du noir quand Sofia me colla un pack de bières dans les mains, avant de se diriger vers les caisses. Je la suivis sans rien dire, la laissai demander au vendeur une cartouche de cigarettes pour moi. Elle paya les courses et nous nous retrouvâmes dehors.

- Bon, je vous propose de retourner à la villa pour déposer tout ça, dit-elle en désignant son sac plein. Et ensuite, nous pouvons aller faire un petit tour dans une boutique de vêtement pour vous refaire une nouvelle garde-robe. Qu'en pensez-vous ?

Une nouvelle garde-robe ? Elle était sérieuse ?

« Tu vois, elle est pas si désagréable. »

J’étais peut-être un peu trop dur avec Sofia, en effet. Après tout, elle faisait de son mieux pour m’aider à débuter une nouvelle vie à ses côtés. Mais elle était quand même super bizarre ! Un peu plus calme, j’acquiesçai donc et, après avoir bien calé le pack de bière sous mon bras, j’attrapai le sac de courses. Au moins, madame n’aurait qu’à porter son sac à main. Nous retournâmes à la villa. J’aidai Sofia à tout ranger, dus lui servir d’autres lingettes pour se désinfecter les mains. Après un nettoyage de dernière minute des placards de la cuisine, nous pûmes enfin ressortir. Le soleil grimpait peu à peu dans le ciel. Il devait être à peu près onze heures. Ne disposant pas de montre au camp, j’avais rapidement appris à me situer dans le temps par rapport au soleil et à la luminosité du ciel. Cette fois, Sofia préféra prendre la voiture pour nous rendre en ville. Nous nous garâmes sur le grand parking d’un centre commercial. Il y avait pas mal de monde, je ne me sentais pas très à l’aise. Le moindre mouvement suspect de la part d’une personne que je croisais et j’étais prêt à lui sauter dessus.

« Détends-toi, il va rien se passer ici, me rassura Meyer. Ces gens sont juste ici pour faire leurs emplettes. »

Je préférais me méfier. En plus, il y avait des gamins partout ! Ça criait, ça chialait, ça riait… D’accord, j’avais l’air tout à fait humain et me demandais parfois si j’avais vraiment hérité des gènes hybrides – sans compter cette aile pourrie qui surgissait quand je faisais des crises – mais là, mon ouïe avait du mal à supporter tout ce bruit. Je fus soulagé d’entrer dans une boutique loin de tout ce brouhaha afin de commencer mon choix de vêtements. Je ne savais pas vraiment quoi prendre. En plus, même si Sofia semblait tout à fait généreuse, je ne voulais pas m’habiller avec des trucs hyper chers. Alors je fis en sorte de prendre le plus confortable à prix raisonnable. Je me fichais un peu de la mode, du moment que les vêtements m’allaient et que je me sentais bien dedans. Ce fut donc plutôt rapide. Il suffisait de prendre la même chose mais de couleur différente, que ce soit pour les jeans ou les chemises et tee-shirts. Nous changeâmes de boutique pour les sous-vêtements, et encore une fois afin de me trouver une tenue de sport. Je ne vivais plus au camp mais j’avais besoin de m’entraîner. C’était devenu une routine. Et puis… il fallait que je me dépense. J’avais l’impression que ça limitait mes crises.
Mes sacs de vêtements en main, nous nous retrouvâmes à nouveau dans le hall du centre commercial. Il s’était écoulé une heure depuis notre entrée. C’était largement suffisant pour faire du shopping. Si jamais Sofia annonçait qu’elle voulait faire tous les magasins pour trouver des habits à son tour, je sentais que nous en aurions pour le reste de la journée… Préférant ne pas y penser, je me tournai vers elle. Elle arrangeait sa coiffure en se regardant dans son petit miroir.


- Merci pour tout ça, dis-je simplement, un peu gêné.
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Messages : 42
Points : 678
Date d'inscription : 13/01/2018
Localisation : Dans ma villa !

Feuille de personnage
♠~ Hybride de/maître de: Meyer
♠~ Fréquentations::
Hunter
Mer 29 Aoû - 12:32


   


   


   
   
Ton petit nid "douiller" ?


   
Feat. Meyer


 
   
Je regardai Meyer caler le pack de bière sous son bras en lui adressant un sourire bienveillant. Je m'apprêtai à faire un pas quand il me prit le sac de course des mains. J'oubliai qu'il était une véritable force de la nature. Ce qui semblait peser une tonne pour moi n'étais probablement rien pour lui, à peine le poids d'une plume. De retour à la villa, Meyer m'aida à ranger les courses. Mais je dus systématiquement passer à nouveau derrière lui pour mieux ranger. Si j'avais étiqueté les emplacements de chaque produits, ce n'était pas pour rien ! Soit il s'en fichait, soit il ne savait peut être pas lire en réalité, non mais ! Du coup, comme tout n'était pas rangé proprement la première fois, je dus nettoyer chaque placard, un à un. Le paquet de sel n'avait rien à faire à l'emplacement du paquet de sucre et je ne supportais pas l'idée qu'un grain aurait pu s'échapper du paquet pour se mélanger avec l'autre. Im-pen-sable. J'allais devoir lui expliquer, la prochaine fois, qu'il fallait bien respecter chaque emplacement pour les courses. A présent, tout était bien rangé, à sa place et proprement. Il étaient temps de sortir pour repartir en ville avec la Mustang. le trajet se fit encore une fois en silence, même s'il ne dura pas longtemps. Je me garai sur le parking du centre commercial, à l'ombre, pour éviter que le soleil n'abîme la peinture de la voiture. Et puis comme ça, nous n'allons pas retrouver un four en rentrant.

Je calai mon sac à main correctement sur mon épaule puis nous nous dirigeâmes vers l'entrée. Il y avait beaucoup de monde et je remarquai rapidement que Meyer n'était pas à l'aise. Je ne savais pas que la foule pouvait le mettre mal à l'aise... Je me sentis un peu idiote, pour le coup. Je l'entraînai donc rapidement dans une boutique de vêtements pour homme afin de fuir un minimum la foule. Il pouvait choisir ce qu'il voulait, encore une fois. L'argent n'était pas un souci pour moi et il devait bien se rentrer ça dans le crâne. Il était sous ma responsabilité alors je devais le traiter comme quelqu'un de ma propre famille... Ou du moins ce qu'il en restait. Du coup, silencieuse, je suivis Meyer dans les rayons. Il ne choisissait que des articles peu coûteux et, surtout, plusieurs fois le même de couleurs différentes. Je pinçai mes lèvres, un peu gênée. Je voulais tellement qu'il comprenne qu'avec moi il n'avait besoin de se retenir... Ca viendra peut être avec le temps. Enfin bon, au moins, il prit quelques chemises même si elles n'étaient pas forcément de bonne qualité. Je ne voulais pas être trop intrusive dans ses choix, je le laissai donc faire - à contrecœur - avant de nous diriger vers la caisse pour tout payer. Nous fîmes de même pour les sous-vêtements. Il se choisit même, plus tard, une tenue de sport. Oh ! J'étais contente de constater qu'il voulait toujours faire de l'exercice. C'était indiqué, dans son dossier, qu'il était sportif. Nous pourrions faire du sport ensemble, comme ça.  


"Merci pour tout ça" Dit-il en désignant les sacs dans ses mains.

Je lui souris, ravie de constater que ça lui plaisait. Nous étions à nouveau dans le hall du centre. Je pensais qu'il allait mettre plus de temps que ça pour choisir, mais une seule petite heure lui suffit. Il était midi, nous avions encore largement le temps pour faire nos emplettes. Je glissai mon bras sous le sien pour l'entraîner vers un petit stand de restaurant. Ca faisait si longtemps que je n'étais pas accompagnée, j'en profitai, contente. Nous nous installâmes à une table un peu isolée, prenant soin de choisir une place contre un mur pour Meyer. Comme ça, pas de passage dans son dos, il serait peut être davantage serein ainsi. Un serveur arriva rapidement pour nous proposer un petit apéritif. Meyer choisi une bière. Je me contentai d'une boisson gazeuse à la fraise.  


"On peut aller ensuite à la parfumerie ? Je ne sais pas si vous êtes coquet, mais ça vous permettra de choisir un parfum, du gel douche et du shampoing, hm ? Oui ? J'insiste, ne regardez pas sur le prix, faites-vous plaisir."

Le serveur arriva rapidement avec les boissons et une corbeille de biscuits d'apéritifs. Je regardai un instant mon verre, il y avait un petit parasol en papier ridicule dedans en forme de panda, avec une paille rose. Non, mais... D'accord, je paraissais très jeune, mais quand même... ! Je me raclai la gorge et récupérai mon verre pour trinquer. Il faisait vraiment très bon à l'intérieur. Le toit était recouvert de plaques de verre qui laissaient passer les rayons du soleil, l'endroit était très lumineux. Grâce à la climatisation, nous ne sentions pas la chaleur. Je ne venais pas souvent dans ce centre commercial. En réalité, même si c'était davantage destiné aux gens de plus petite classe, je devais avouer que c'était pas si mal. Et puis maintenant qu'il y avait Meyer, nous pourrions en profiter pour passer du temps ici, parfois.
Codage by Littleelda from     Never Utopia

_________________
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Messages : 59
Points : 1257
Date d'inscription : 25/04/2017
Age : 26

Feuille de personnage
♠~ Hybride de/maître de: Sofia Ashley
♠~ Fréquentations::
Soldier
Mer 29 Aoû - 22:03
Elle se contenta d’un sourire bienveillant. Puis elle scruta les alentours, sûrement à la recherche de la prochaine boutique où nous rendre. J’allais la suivre, de toute façon, je n’avais pas vraiment le choix. Mais, comme si elle craignait que j’oublie de réagir, ou simplement parce que ça lui faisait plaisir – je n’en savais strictement rien à vrai dire – elle glissa son bras sous le mien et m’entraîna en direction d’un petit stand de restauration. Je la laissai faire, un peu surpris et gêné par cette soudaine proximité. Nous nous installâmes à une petite table pour deux, l’un en face de l’autre. Je m’assis dos au mur, préférant largement garder à l’œil le reste de mon entourage. Je n’étais pas encore assez habitué à la foule pour oser encore tourner le dos à qui que ce soit, de peur de me faire attaquer par derrière. C’était arrivé tellement de fois au camp… Cela me rappela le début de mon apprentissage, quand je ne savais pas encore me battre. Ces enfoirés de dresseurs profitaient de ma faiblesse pour me tabasser comme ils voulaient sans vraiment me laisser le temps de me familiariser avec les combats. Ils y allaient à plusieurs histoire d’être sûrs d’avoir l’avantage. J’avais fini par apprendre, et même à surpasser mes congénères et la majorité des dresseurs. A cause de mon hybridation ratée ne me permettant pas de bénéficier d’une quelconque arme naturelle comme des griffes ou des crocs, je dus me débrouiller avec mon côté humain, travailler tout mon corps afin de le rendre aussi résistant que doté de force. J’avais aussi pas mal d’endurance. Le seul bémol, c’était qu’on ne m’avait jamais autorisé à me servir d’une arme, quelle qu’elle soit. Évidemment, j’étais bien trop dangereux sans.
Je sortis de mes pensées quand un serveur approcha pour prendre les commandes. Je demandai une bière, Sofia choisit une sirop de fraise dans de l’eau gazeuse. Ne buvait-elle jamais d’alcool ? Je ne la voyais boire que de l’eau depuis hier. Enfin… elle faisait ce qu’elle voulait, je m’en fichais. Elle-même devait se dire que je ne consommais que des bières et finirais bientôt alcoolique. Entre ça, les cigarettes et ma réputation de fou dangereux raté, je me demandais ce qu’elle pensait de moi actuellement et si elle ne regrettait pas de m’avoir accueilli chez elle.


« Elle verra le problème bien assez tôt, » déclara fièrement Meyer.

Merci pour les encouragements, crétin…


« De rien… idiot. »

- On peut aller ensuite à la parfumerie ?


Je reportai mon attention sur Sofia qui me regardait, ou du moins, l’imaginais-je. Je ne pouvais pas savoir à cause de son foutu bandeau. C’était déroutant.

- Je ne sais pas si vous êtes coquet mais ça vous permettra de choisir un parfum, du gel douche et du shampoing, hm ?

Euh…

- Oui ? J'insiste, enchaîna-t-elle avant même que je puisse répondre. Ne regardez pas le prix, faites-vous plaisir.

Bien chef ? J’avais du mal avec sa façon de faire, beaucoup de mal. Me faire plaisir ? Je n’y avais jamais eu droit. C’était quoi, se faire plaisir, en fait ? Perturbé, je ne fis pas attention au serveur qui revenait pour déposer nos boissons et un petit panier de biscuits d'apéritifs. Je laissai Sofia se servir en premier. C’était bizarre. Je voulais dire, l’ambiance était bizarre. Je ressemblais à un humain, je l’étais en grande partie. Personne ne pouvait penser que j’étais un hybride tant que je ne faisais pas de crise. Pourtant, je me sentais observé par des yeux curieux et ça me mettait mal à l’aise.

« Personne te regarde, ils sont tous occupés à faire leurs courses, manger comme des gros porcs ou courir après leurs satanés gamins. »

C’était censé me rassurer ?

« Ben… c’est vrai, personne te regarde. C’est toi qui psychote là. »

Il avait peut-être raison.

« J’ai toujours raison. »

Je soupirai face à son agaçante spontanéité. Sofia et moi prîmes un repas rapide et nous revoilà en train de faire les boutiques. Comme prévu, nous fîmes un tour dans une parfumerie. Il y avait de tout, et les prix faisaient mal au yeux. Tout ça pour du parfum ou du gel douche…

- Où va le monde… marmonnai-je en reposant une bouteille de shampoing qui sentait trop fort l’eucalyptus.

Je me retournai, regardai Sofia en train de remettre en ordre toute une étagère de soins pour le visage, sous le regard agacé d’une employée. Je levai les yeux au ciel. Celle-là… Elle devait s’être attiré les foudres des vendeurs de nombreuses fois si elle agissait comme ça partout où elle allait. J’allais me détourner mais quand je la vis terminer le rangement et me faire face, je compris qu’elle avait besoin de ses lingettes. Alors je lui apportai la boîte. Elle me remercia, s’essuya les mains. Je m’éloignai discrètement dans un autre rayon.


- Eh ! Vous !

Je levai les yeux, croyant que l’on s’adressait à moi. Mais l’employée appréhendait un homme d’une vingtaine d’années qui partait en courant. Manque de chance pour lui, il choisit le mauvais chemin en passant derrière moi. Quand il fut à ma hauteur, je n’eus qu’à tendre la jambe. Il trébucha et s’étala de tout son long, aux pieds d’une cliente surprise. Je pensais qu’il allait rester par terre en voyant le vigile arriver. Mais il se releva en planquant une bouteille de parfum dans sa veste et fila vers la sortie. Alors là, s’il pensait qu’il allait m’échapper, il se fourrait le doigt dans l’œil. Sans réfléchir, j’attrapai le premier flacon qui me tombait sous la main et le lui balançai dessus. Il se le prit à l’arrière de la tête, cria de douleur. Parfait. Il était assez déstabilisé pour que je puisse l’arrêter maintenant. Je lui bondis littéralement dessus et le plaquai au sol, avant de lui faire une clé de bras assez rude pour le calmer direct. Le vigile me rejoignit en parlant dans son talkie-walkie. Il appelait sûrement son chef.

- C’est bon, je m’en occupe, dit-il.

Je me relevai pour le laisser faire, remis le col de ma chemise en place. Comme s'il ne s'était rien passé, je retournai à mon observation pour choisir de quoi me laver tous les jours.
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Messages : 42
Points : 678
Date d'inscription : 13/01/2018
Localisation : Dans ma villa !

Feuille de personnage
♠~ Hybride de/maître de: Meyer
♠~ Fréquentations::
Hunter
Ven 7 Sep - 15:23


   


   


   
   
Ton petit nid "douiller" ?


   
Feat. Meyer


 
   
Je laissai Meyer manger en silence, ça se voyait comme le nez au milieu de la figure qu'il se sentait oppressé. Il vivait entre quatre murs dans l'humidité et l'obscurité, c'était une épreuve difficile pour lui, de se retrouver ici. Mais c'était aussi ce que je voulais... Même si, avec un peu de recule, je me demandais si ce n'était pas un peu brusque. De toute façon, si je voyais qu'il devenait trop nerveux - ou même dangereux - je pourrais toujours rentrer à la maison avec lui. Une fois le repas terminé, j'en profitai pour prendre un café, laissant mon partenaire dans ses pensées. Je le regardai à travers mon bandeau, curieuse. Qu'est-ce qu'un individu comme lui pouvait justement penser ? Après tout, je l'avais adopté juste pour lui sauver la vie, je ne connaissais rien de lui et je ne pouvais pas me fier entièrement à son dossier. Et si c'était un vieux pervers dégueulasse qui attendais le bon moment pour venir dans ma chambre, une nuit, et faire des trucs ... Non ! Je me raidis aussitôt face à cette pensée. Je le dévisageai sans vraiment le vouloir. Sérieusement, sa tête de n'inspirait pas confiance, ses petits yeux sournois, comme s'il préparait un mauvais coup. Je soupirai doucement avant de récupérer mon spay pour me rafraîchir la bouche, à défaut de pouvoir me brosser les dents. Une petite pastille à sucer pour être certaine d'être fraîche et nous nous mîmes à nouveau en route, direction la parfumerie.   

La boutique proposait de bons produits à prix abordables. C'était parfait pour Meyer, il allait avoir le choix. Je l'entendis marmonner dans sa barbe en reposant une bouteille de shampoing. Il devait encore râler sans raison. Mais je n'y fis pas vraiment attention, il y avait plus urgent : Une étagère n'était pas bien rangée. Je ne pus résister à l'envie d'aller mettre de l'ordre dans tout ça. Il y avait même des articles placés au mauvais endroit, incroyable ça. Je dus même dépoussiérer l'étagère, il y avait une fine pellicule de saleté dessus, comment les employés de cette boutique pouvaient-ils laisser passer ça ? Et, tant qu'à faire, je nettoyai aussi les articles un à un pour être certaine que tous étaient présentables. Lorsque je terminai mon rangement, je me tournai vers Meyer pour lui demander mes lingettes. Cette fois-ci, il fut bien plus réactif et m'en apporta une rapidement. Je le remerciai avant de me laver les mains avec. Il s'éloigna ensuite dans un autre rayon. J'en profitai donc pour aller faire un tour moi aussi, peut être que je trouverai quelque chose pour moi ici.


"Eh ! Vous !"

Je levai les yeux, croyant que l’on s’adressait à mon hybride, enfin Meyer. Avait-il déjà fait une bêtise ? Je me dirigeai vers le rayon où il se trouvait. Je vis alors un homme passer à toute vitesse devant moi, me bousculant au passage. Il se dirigea droit vers Meyer.  Ce dernier n'eut qu'à tendre la jambe pour faire trébucher le jeune qui fuyait. Il s'étala de tout son long au sol, un peu comme une bouse de vache... Erk, écœurant. Ce type était, en fait, rien d'autre qu'une bouse. Mais une bouse rapide. Il se releva aussitôt pour fuir. Meyer récupéra un flacon de parfum pour la lui balancer pile sur l'arrière du crâne. Le voleur fut ralentit, il en profita pour le plaquer au sol et le maîtriser grâce à une clef de bras. Talkie-walkie en main, le vigile arriva rapidement.

- "C’est bon, je m’en occupe" dit-il.

Comme si de rien n'était, Meyer retourna dans le rayon pour poursuivre ses recherches. Je m'approchai de lui pour m'assurer qu'il n'avait rien, avant de sentir un truc craquer sous mon talon. Je me raidis à nouveau. Merde. En baissant les yeux, je vis qu'il s'agissait du flacon de parfum que Meyer avait balancé. Je me raclai la gorge. Je pouvais reconnaître ce flacon de parfum entre mille. C'était un produit français particulièrement cher : "Coco Noir Chanel". Cet idiot n'aurait pas pu choisir un autre projectile qu'une bouteille à trois cents euros ?!


"Il va falloir rembourser, Madame"

Putain !

"Attendez ! J-..." Dis-je en me tournant.

Merde ! C'était la vendeuse qui me dévisageait car je nettoyais son rayon. La garce, elle se vengeait ! Juste parce qu'elle était pas capable d'entretenir son rayon ! Impuissante, je soupirai pendant que des employés venaient nettoyer tout ça. Le voleur, quant à lui, se fit entraîner dans une pièce isolée. Je sortis alors mon chéquier pour rembourser la casse. Je remis le chèque à la vendeuse et rejoignis Meyer.


"La prochaine fois que vous essayer de jouer les justiciers... Faites en sorte que ça ne me coûte pas un bras, d'acc ... ?"

Je tendis la main vers un article pour le prendre et le mettre dans les mains de Meyer. C'était un gel douche pour cheveux et corps de très bonne qualité et qui, en plus, sentait bon la pomme.

"Choisissez-vous un parfum et on y va."

Je pouvais paraître un peu froide, certes, mais je n'avais pas du tout apprécié la façon brouillonne adoptée par Meyer pour appréhender l'individu. Pour éviter que cela ne se voyait de trop, je lui offris tout de même un petit sourire rassurant. Quant à moi, je pouvais faire une croix sur mes achats. Je venais de dépenser bien plus que prévu.
Codage by Littleelda from     Never Utopia

_________________
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Messages : 59
Points : 1257
Date d'inscription : 25/04/2017
Age : 26

Feuille de personnage
♠~ Hybride de/maître de: Sofia Ashley
♠~ Fréquentations::
Soldier
Jeu 27 Sep - 16:14
Il y eut un craquement près de moi. Sofia me rejoignait mais marchait sur des débris de flacon. Elle baissa les yeux et pinça les lèvres, l’air contrarié.

- Il va falloir rembourser Madame, dit l’employée mécontente.
- Attendez, j… commença Sofia en se retournant.

Mais quand elle se rendit compte que c’était cette même vendeuse qui la regardait de travers tout à l’heure parce qu’elle rangeait une étagère, elle se tut et soupira. Tandis que le voleur se faisait emmener, je regardai la jeune femme sortir un chéquier de son sac. Elle le remplit rapidement, le donna à l’employée.


- La prochaine fois que vous essayez de jouer les justiciers... faites en sorte que ça ne me coûte pas un bras, d'acc ? dit-elle en s’approchant de moi.

Je n’avais pas du tout fait gaffe au prix du parfum avec lequel j’avais assommé le délinquant. Je regardai l’étiquette sur l’étagère, reniflai d’agacement. Pourquoi était-ce si cher ? De l’eau parfumée, bordel ! Sans me demander mon avis, Sofia me mit une petite bouteille dans les mains : un gel douche pour cheveux et corps qui sentait la pomme.


- Choisissez-vous un parfum et on y va.

Malgré son ton autoritaire, elle me sourit. Bon, puisqu’elle était pressée… Et puis, j’en avais marre de traîner ici. Alors je pris un flacon au hasard – en faisant attention au prix – et suivis la demoiselle à la caisse. Une fois sortis de la boutique, elle indiqua que nous en avions fini pour aujourd’hui. Moi qui pensais qu’elle voudrait des vêtements… Le prix du parfum cassé avait dû la refroidir. Tant pis. Les sacs en main, nous rejoignîmes la voiture. Le trajet se fit en silence. Arrivés à la maison, elle me laissa m’occuper de ranger mes affaires. J’imaginais que j’avais le droit d’utiliser les penderies qui se trouvaient dans ma chambre. Ah non, une seule en fait. L’autre était remplie de vêtements de bébé… Je frissonnai. Là, je me rappelai que j’avais désormais une cartouche de cigarettes à ma disposition. Soigneusement placée en haut de la penderie, je la descendis pour en sortir un paquet tout neuf, ainsi qu’un briquet. Qu’avait dit Sofia hier ? « On ne fume pas à l'intérieur, donc soit ici, soit au balcon accessible depuis le couloir, sinon dans le jardin. Pas de mégots au sol, évidemment. » Et par « ici », elle voulait parler du toit. Parfait, ça me convenait très bien.
Je me rendis donc dans le couloir, appuyai sur l’interrupteur qui ouvrit la trappe au plafond. L’escalier se déplia devant moi, je montai. Le soleil brillait haut dans le ciel, il réchauffait le béton du toit. Mais il faisait bon. C’était l’endroit idéal pour être au calme. Même si je n’aimais pas le côté luxueux de cette maison, je devais avouer que la localisation loin de la ville me plaisait beaucoup. Il n’y avait pas un bruit. J’allai m’asseoir tout au bord du toit, les jambes dans le vide. Ce n’était pas très haut mais il ne valait mieux pas tenter de sauter. Avec un soupir de satisfaction, j’allumai la première cigarette de ma nouvelle vie.

[FIN]
Revenir en haut Aller en bas





Contenu sponsorisé
Revenir en haut Aller en bas
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Utsukushi Neko Sekai :: Ville :: Quartiers residentiels :: Avenue du Clair de Lune :: Villa Ashley-
Sauter vers: