Utsukushi Neko Sekai
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La musique adoucit les mœurs

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Constantine Meyer
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Sam 20 Avr - 14:33
La nuit venait de tomber sur Nekai. La ville était très silencieuse. Il était tard, tout le monde dormait. Et je ne me trouvais pas à la villa. Cela faisait presque deux mois maintenant que je vivais chez Sofia. Enfin… avec Sofia. Mademoiselle insistait toujours pour dire « notre » maison et pas « sa » maison. Bref. Cette nuit, c’était escapade secrète. Ça faisait longtemps que je la préparais. Il m’avait fallu plusieurs jours d’observation de l’endroit dans lequel je voulais absolument m’introduire. Je me sentais aujourd’hui assez prêt pour pouvoir y entrer et en sortir sans attirer l’attention. Depuis que Sofia m’autorisait à sortir de l’enceinte de la villa sans crainte, c’était la première chose qui avait surgit dans mon esprit : reprendre possession mes biens si personne ne les avait détruit. J’allais bientôt le savoir. Attendant patiemment le moment où je pourrais sauter par-dessus le mur de la maison Inoue, je me répétais mon plan pour être sûr de ne rien louper. Il ne fallait vraiment pas qu’on me voit ici. Pourquoi voulais-je absolument risquer gros pour peut-être ne rien récupérer ? Je ne savais pas vraiment en fait… Peut-être un besoin de retrouver un peu de mon passé. Et puis… à force de voir Sofia jouer de la musique, je commençais à avoir de plus en plus envie de m’y remettre. Je devais faire du sport et m’entraîner au combat régulièrement pour éviter toute nouvelle crise de colère. Mais la musique m’aidait aussi beaucoup à gérer mes émotions. C’est pourquoi j’espérais pouvoir au moins mettre la main sur le violon de ma mère. C’était mon principal objectif. Non seulement, je pourrais rejouer mais en plus, j’aurais avec moi un souvenir d’elle. Si je ne le voyais nulle part, je ne m’attarderais pas.
L’heure était venue. Un peu stressé mais bien décidé, je pris mon élan et passai par-dessus le mur. Jusque là, rien de difficile. Maintenant, je devais faire appel à mes souvenir pour me repérer rapidement et laisser de côté les pièces qui ne valaient pas la peine d’être fouillées. D’après ce que j’avais appris, mes grands-parents avaient légué la maison à ma cousine. Leur testament ne parlait évidemment pas de moi et c’était tant mieux. Si mon existence restait secrète au yeux des autorités vis-à-vis des Inoue, ce n’était pas plus mal. A pas de loup, je fis le tour de la maison. Si je me rappelais bien, la fenêtre à abattant de la cave avait un défaut au niveau du loquet. En supposant que personne ne l’ait changé, je pouvais passer par là pour entrer. Mes espoirs furent vite réduits à néant quand je m’y rendis. Le problème n’était pas le loquet car aucune réparation n’avait été faite. Non… la vérité, c’était que j’étais bien trop massif pour passer. A l’époque, ça n’aurait pas posé de problème mais là… impossible. Déçu, je refis le tour de la maison. Il devait bien y avoir un autre moyen…
Là, à l’étage. Une porte-fenêtre était entrouverte sur un petit balcon. J’aurais dû m’en souvenir. Ma cousine supportait mal la chaleur et en ce moment, il ne faisait vraiment pas froid la nuit. Cela voulait donc dire qu’il s’agissait de sa chambre, anciennement celle de mes grands-parents. Elle ne s’était rien refusé… Il ne me restait plus qu’à grimper à l’arbre qui se trouvait devant et passer par là. Pourvu qu’elle dorme… Vu l’heure, c’était fort probable. La pièce était plongée dans le noir. Je grimpai habilement, ne produisant aucun bruit dans le feuillage de l’arbre. La branche qui allait vers la maison n’était pas très proche du balcon. Je contrôlai ma respiration, sautai. Je parvins à me réceptionner silencieusement contre les barreaux en fer, montai par-dessus. Maintenant, je devais progresser dans l’obscurité et faire confiance à mon ouïe, mes mains et ma mémoire. Pas facile après plus de douze ans…
Première chose à faire, fouiller la salle de musique. Elle se trouvait au rez-de-chaussée. Je descendis les escaliers, l’oreille tendue. Ma cousine vivait avec son mari et ses deux enfants. Une fille et un garçon, des jumeaux âgés d’environ six ou sept ans. A cet âge-là, ils devaient dormir à poings fermés. Je restai tout de même sur mes gardes en me rendant à la salle de musique. J’ouvris doucement la porte, utilisai la lampe torche qui se trouvait dans la poche de mon pantalon. Comme les volets étaient fermés, je risquais moins de me faire repérer. Mon cœur fit un petit bond. L’agencement n’avait pas changé. Il y avait juste quelques instruments en plus, sûrement pour les gamins. Cette pièce… c’était la dernière que j’avais vu avant de fuir. Quelques images resurgirent de ma mémoire, me firent perdre le fil un instant. Je secouai la tête pour revenir à moi. Ce n’était pas le moment de rêvasser. Malheureusement, je ne trouvai rien d’intéressant. J’éteignis la lampe, sortis et refermai derrière moi. Je devais tout laisser tel quel avant mon intrusion, c’était capital. Personne ne devait savoir que je me trouvais ici. Une autre salle pouvait éventuellement cacher le violon de ma mère : son ancienne chambre. Je remontai à l’étage. Là, je devais être plus discret car tout le monde dormait à côté. J’avais un peu peur d’y entrer et de trouver la pièce inchangée comme la salle de musique. Je fus donc à moitié soulagé de constater qu’elle avait été transformée en débarras. Comment trouver le violon dans tout ce bordel ?
Agacé, je jurai à voix basse. Je ne devais pas me décourager. C’était maintenant ou jamais. Si je ne réussissais pas mon coup cette nuit, c’était fichu. Car je ne comptais pas revenir. Bien trop risqué. Le plus silencieusement possible, je commençai mes recherches. Il se passa une dizaine de minutes avant qu’une porte s’ouvre dans le couloir. Je me figeai, le faisceau de la lampe collé contre moi pour le cacher. Des petits pas passèrent derrière le mur. Je ne bougeai pas d’un cheveu. Quelques secondes après, j’entendis une chasse d’eau, à nouveau les pas et une porte se refermer. Je poursuivis mes recherches, de plus en plus inquiet. J’étais en train d’abandonner quand mon regard fut attiré par le dessus d’une armoire. Je m’en approchai, tendis le bras. J’étais grand mais cette armoire s’élevait si haut que ma main arrivait à peine au-dessus. Je tâtonnai, rencontrai un étui en plastique. Je dus user d’efforts supplémentaires pour l’attirer à moi. Il m’échappa. Je dus faire une figure digne d’un gymnaste de haut niveau pour le rattraper avant qu’il touche le sol. Au bord de la crise cardiaque, je le posai doucement par terre, l’ouvris. C’était bien le violon que je cherchais. Mais il était dans un sale état, comme si quelqu’un s’était énervé dessus.
Je refermai l’étui. J’avais ce que je voulais, il était temps de partir. J’éteignis la lampe torche, la fourrai au fond de ma poche. Je me rendis de nouveau dans la chambre de ma cousine. Personne n’avait bougé. L’étui serré contre moi, je me glissai jusque sur le balcon. Maintenant, il fallait descendre sans me casser la gueule et avec une main prise. Je passai par-dessus la rambarde, observai la branche de l’arbre un moment, pris une grande inspiration. Je sautai, me rattrapai d’une main, l’étui dans l’autre. Une seconde branche se trouvait un peu plus bas. Si je parvenais à me balancer et à m’y attraper, je pourrais atteindre l’herbe sans souci. Je tentai le coup, n’ayant pas d’autre solution. Néanmoins, la chance tourna. Mes doigts attrapèrent la branche mais elle était trop lisse. Je lâchai prise, m’étalai dans les buissons en bas. Dans la seconde qui suivit, la lumière de la chambre à l’étage s’alluma. Je roulai sur le côté pour me cacher le plus possible sous les feuilles.


- C’était quoi ce bruit ? demanda ma cousine d’une voix endormie.
- Je ne sais pas, répondit un homme sur le balcon. Qui est là ? s’enquit-il plus fort.

Je restai figé comme une pierre. Il répéta sa question. A ce moment-là, un bruissement d’ailes retentit et un énorme rapace sortit du feuillage de l’arbre.


- C’est rien, juste un hibou, dit le supposé mari en rejoignant sa femme.

Une chouette, triple idiot… Et on pouvait dire qu’elle tombait bien. J’attendis plusieurs minutes avant de sortir de ma cachette. Juste pour être sûr que tout le monde était bien reparti se coucher. Une fois devant le mur d’enceinte, je déposai l’étui dessus, grimpai, le récupérai, sautai dans la rue. Je courus ensuite une bonne cinquantaine de mètres avant de m’arrêter pour souffler. J’avais réussi. J’avais du mal à croire que j’avais réussi… Je rentrai à la maison l’esprit plus léger, regagnai ma chambre aussi discrètement que j’en étais sorti. Je cachai l’étui dans la penderie, sous un tas de vêtements propres. Ici, Sofia ne viendrait pas fouiller. Satisfait d’avoir accompli ma mission, je me couchai – toujours par terre, décidément, je n’arrivais pas à m’habituer au lit – et m’endormis presque aussitôt.
Dans les jours qui suivirent, j’usai de mon temps libre pour essayer de remettre le violon en état. Pas facile sans le nécessaire. Inutile de penser à emprunter celui de Sofia, elle verrait tout de suite que quelque chose se tramait. Je me rendis donc en ville pour faire quelques achats. L’argent que me donnait la jeune femme en échange de mes services auprès d’elle en tant que Consultante me permit de me fournir en matériel de soin. Je pus acheter de nouvelles cordes. L’archet était encore en état mais il faudrait quand même changer le crin bientôt. Je n’osais pas essayer de jouer. La semaine, je m’absentais avec Sofia pour son travail et le week-end, elle restait à la maison et je ne voulais pas qu’elle m’entende. Mais je restais patient. Il arriverait bien un jour où je pourrais tester le violon de ma mère… Et ce jour arriva.
La villa était calme. Dehors, il faisait beau et pas un souffle de vent ne venait perturber le feuillage des arbres. Je m’étais levé tôt, même si nous étions samedi. Je n’avais plus sommeil et je voulais me dégourdir les jambes. Alors autant profiter du beau temps pour aller me balader dans le jardin. En général, Sofia me laissait totalement libre le week-end, ce qui demeurait une excellente chose pour me détendre et faire ce que je voulais. Une fois habillé, je sortis de ma chambre et parcourus les longs couloirs de la maison. Je n’entendais personne, comme si j’étais seul dans la demeure. Mademoiselle la Consultante devait être partie faire un tour en ville. C’était le moment de voir si j’avais perdu mon talent ou non. Mais d’abord, je devais être sûr que la jeune femme était bien partie. Je montai donc à l’étage et allai frapper à la porte de sa chambre. Personne ne répondit. Bon. Je retournai dans ma chambre, ouvris la penderie et sortis l’instrument de sa cachette. J’avais fait ce que j’avais pu pour lui redonner une existence convenable mais je devais avouer que je ne pouvais rien faire de plus pour lui rendre son apparence originelle. Il fallait que je trouve un luthier. Y en avait-il un à Nekai ? Certainement mais accepterait-il de s’occuper de l’instrument d’un hybride ? Pas sûr… Dans un soupir, je posai l’étui sur le lit. Je m’accroupis devant, l’ouvris, me redressai, reculai d’un pas… et fus incapable de bouger. Quelque chose me retenait : la peur. Peur de ne plus savoir jouer, de faire honte à ma mère… de craquer.


« Allez, t’as pas pu perdre un talent pareil, dit Meyer plus agacé qu’avenant. Essaye au moins. »

Meyer… Après l’incident dans le jardin, il avait fini par revenir. Finalement, je n’avais eu la paix que deux jours. Mais il ne faisait pas beaucoup le fier depuis. Il savait que je pouvais recommencer à mettre ma vie en jeu à tout moment pour le calmer. C’était la seule chose qui l’effrayait. Retrouvant l’usage de mes jambes, je me rapprochai à nouveau de l’instrument, le saisis doucement et le soulevai. Il était si léger… Il fallait dire qu’à l’époque, j’étais beaucoup moins costaud qu’aujourd’hui. Je devais avoir l’air ridicule à présent. Un grand type baraqué avec un violon dans les mains…

« Oublie ça et concentre-toi. »

Lentement, je plaçai l’instrument sur mon épaule gauche, le calai convenablement pour pouvoir l’utiliser. Je pris ensuite l’archet, le contemplai comme si j’envoyais un pour la première fois. Je ne savais plus si j’étais content ou effrayé. Du bout des doigts, je frôlai les cordes du violon, appréciant d’abord leur texture et l’odeur que dégageait l’instrument tout entier. Le cœur battant, je positionnai l’archet sur les cordes, tentai un son… plutôt médiocre. Je soupirai, recommençai. Mieux. Quand je parvins enfin à retrouver mes marques et maîtriser l’instrument convenablement, une bonne heure s’était écoulée. Je me rendis au rez-de-chaussée, allumai l’ordinateur de Sofia, recherchai de quoi m’inspirer sur Internet, un peu stressé. La jeune femme pouvait revenir à tout moment. Mais je voulais jouer quelque chose avant. Il fallait que je sache si ça en valait encore la peine.

« Si tu veux vraiment savoir, joue l’Ave Maria. »

Mon cœur fit un bond. Cette mélodie… c’était celle que ma mère et moi avions joué ce jour-là. J’hésitais. J’avais l’impression que si je le faisais, je trahirais sa mémoire. Et en même temps, je me disais que si je ne recommençais pas la musique avec celle-ci, ce serait lui manquer de respect. Alors, un peu tremblant, je recherchai la mélodie et l’écoutai en entier pour poser mes repères. Ma cousine trouvait toujours exaspérant que j’arrive à apprendre une œuvre sans avoir besoin de consulter les partitions. Si les Inoue qualifiaient ça d’injuste et détestable, pour d’autres, c’était tout simplement brillant. Je connaissais déjà l’Ave Maria mais après des années sans toucher à un violon, c’était difficile de s’y remettre.

« Pas pour toi. »

Pour une fois qu’il m’encourageait celui-là… J’éteignis l’ordinateur, remontai dans ma chambre. Après avoir pris une profonde inspiration, je repris le violon en main. Mon cœur battait si fort que j’en avais presque mal aux côtes. Je me sentais fiévreux. J’avais peur de ne pas réussir, de ne pas avoir fait le bon choix. Pourquoi ce morceau et pas quelque chose de plus joyeux ?
Ma mère disait qu’il ne servait à rien d’essayer de changer mon humeur en jouant si je ne m’en sentais pas capable. Mais elle disait aussi que, contre toute attente, même le fait de produire une mélodie mélancolique pouvait m’amener à voir la vie d’un œil plus gai, plus juste. Parce que cela incitait à relativiser, se poser les bonnes questions et trouver les meilleures réponses. Cela faisait aussi remonter certains souvenirs, bon ou mauvais. Mais dans tous les cas, je devais toujours considérer la musique comme un moyen de m’exprimer et de me sentir vivant. C’est donc avec ces pensées en tête que je commençai à jouer.
A l’instant ou les premières notes résonnèrent dans la pièce, je sus que je n’avais rien perdu de mes capacités. Tout revenait comme si j’avais toujours joué. Mes gestes n’étaient pas raides mais bien fluides, je savais user de mes deux mains correctement. Ce n’était pas une mélodie difficile, loin de là. Mais je craignais quand même de ne pas être capable de la reproduire après tant d’années. Désormais, je pouvais être rassuré. Je la jouai sans me déconcentrer. Comme je m’y attendais, cela me ramena de nombreux souvenirs, notamment ceux concernant ma vie chez les Inoue, la dernière semaine passée avec ma génitrice. Elle était partie si jeune… Elle devait avoir à peine plus de trente ans. J’étais content d’avoir pu faire sa connaissance avant de la voir mourir. Mais si j’avais pu éviter de l’enterrer, j’aurais donné n’importe quoi en échange. Parfois, je me disais que c’était de ma faute, que j’aurais dû davantage essayer d’enfreindre les règles de la maison Inoue afin de passer plus de temps avec elle. Mais elle souffrait également de la mort de mon père. Et il était bien trop tard pour l’aider à se remettre de sa maladie quand j’avais enfin eu l’autorisation de m’occuper d’elle.
La mélodie poursuivait son cours. Plus elle progressait, plus je sentais mon cœur se serrer. Je faillis faire une fausse note mais me rattrapai de justesse sans perdre le rythme. Pour rester concentré, je fermai les yeux. A ce moment-là, je ressentis une étrange sensation, comme si je n’étais plus maître de mes mouvements. Une chaleur intense m’envahit en partant des épaules, comme si quelqu’un y avait posé ses mains. Elle descendit dans mes bras et jusque dans mes mains. Puis un doux parfum de fleurs m’envahit les narines. Du lys… C’était agréable. Je voulais en profiter le plus longtemps possible mais la mélodie touchait à sa fin. Quand la dernière note résonna dans la salle, je me sentis soudain… vraiment mal. La chaleur disparut, comme l’odeur de lys.
Ma mère sentait bon le lys.

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Sofia Ashley
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Deux mois déjà. Ca faisait deux mois que Meyer partageait ma villa. Les voisins commençaient à se poser des questions, évidemment. Ils me demandaient s'il y avait quelque chose entre nous. C'était bienveillant, venant d'eux. Mon psy me demandait aussi. Ils voulaient savoir si j'avais réussi à tourner la page, depuis Roy. La réponse était toujours la même : Non. De toute façon, Meyer et moi étions trop différents, je n'étais surement pas son genre, même. Bref, nous étions le printemps et qui disait printemps, disait ménage. Il ne se passait donc plus un jour sans que je fasse un grand nettoyage, en commençant par l'étage, jusqu'au sous-sol. De son coté, Meyer s'était plutôt bien habitué à son travail. Il devait simplement m'assister dans mes enquêtes et intimider certaines personnes pour les faire parler. Avec sa tête et son gabarit, ça fonctionnait plutôt bien. Je le payais, également, même si ce n'était pas grand chose. D'un coté, il était nourri, logé, blanchi... Fallait pas déconner. Il n'avait aucune dépense à réaliser, il pouvait donc mettre son argent de coté, pour se faire plaisir. D'ailleurs, en parlant de ça, j'autorisais Meyer à sortir seul, à présent. Je lui faisais suffisamment confiance pour le lui permettre. Et, surtout, les Hunters savaient qu'ils étaient mon hybride, personne n'allait s'en prendre à lui. Il lui arrivait donc de sortir, de temps en temps, mais je ne savais pas où exactement. Je le voyais bien aller dépenser son argent dans les bars... Même s'il n'était jamais rentré ivre à la maison, pour le moment.

J'étais au travail, aujourd'hui, et j'avais passé une mauvaise nuit. Quelque chose semblait différent ce matin, en me réveillant, comme si quelque chose n'était pas à sa place. Oh... Et quand je disais que j'étais au travail, ça voulait simplement dire, qu'aujourd'hui, j'étais au commissariat pour assister la police dans une enquête. C'était une affaire de meurtre, assez sordide. Je n'avais pas spécialement envie de me remémorer tout ça, mais l'affaire fut rapidement close. Je n'avais qu'une hâte, à présent, c'était de rentrer à la maison pour me détendre. Une fois arrivée, je me dirigeai vers mon ordinateur pour jouer à un jeu vidéo. Meyer était là, j'avais vu ses chaussures dans le hall d'entrée et j'avais un peu de temps avant de devoir préparer le repas. En effectuant une recherche sur Internet, je vis quelque chose d'étrange. Quelqu'un avait utilisé mon PC pour aller écouter une musique. C'était "Ave Maria". J'ignorai que Meyer écoutait ce genre de musique. D'ailleurs... En y pensant, j'entendis soudain comme un air de violon. Curieuse, je me levai du siège pour aller à l'étage. Il y avait, en effet, de la musique dans la chambre de Meyer. Je frappai à la porte, puis j'entrai. 


"Meyer, c'est vous qu-..." Je m'interrompis.

Il avait un violon dans les mains et il me regarda, l'air surpris, comme si je venais de le prendre en train de faire une bêtise. Je refermai doucement la porte derrière moi avant de revenir sur lui. J'avais remarqué qu'il aimait beaucoup la musique. Dès que je jouais, il était toujours un peu différent, comme si ça lui faisait du bien.


"Ca alors, quelle surprise.... Je savais que vous aimiez beaucoup la musique, mais j'ignorais que vous saviez si bien jouer." Déclarai-je, douce.

Je regardai ensuite son violon. Il était vieux, il avait clairement fait son temps. L'archet était abîmé et, au premier coup d’œil, je pus voir qu'il n'était pas forcément de bonne qualité. Enfin, tout le monde ne pouvait pas s'offrir un archet Dör­fler Ligne Boheme. Lentement, je tendis ma main vers lui, l'invitant à me montrer son violon, s'il le voulait bien. Il eut un mouvement de recule, l'air méfiant. Je lui souris, toujours aussi douce, pour lui faire comprendre que je n'allais rien faire de mal. Il s'avança un peu pour, finalement, me le donner. Je l'inspectai aussitôt.


"Qui vous vendu cet instrument ? Je vois que quelqu'un a voulu le réparer mais... C'est clairement pas un professionnel qui a fait ça. Il a besoin d'être mieux restauré, Meyer."

Au moins, il dépensais son argent de manière intelligente. J'étais vraiment contente. Avec le plus grand des soins, je plaçai le violon sous mon menton, puis je commençai à jouer un air qui me passait par la tête...



L'instrument était très bien accordé, les cordes du violon étaient neuves, visiblement. Mais il restait beaucoup de travail pour restaurer cet instrument. Il produisait un beau son, oui, mais pas autant que le mien. Malgré tout, ça restait un violon de bonne qualité, il dégageait une aura particulière. Une fois la dernière note arrivée, je rendis le violon à Meyer.

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Constantine Meyer
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Mar 23 Avr - 16:28
Je fus soudain tiré de mes songes en entendant la porte s’ouvrir. Je me retournai, fis face à une Sofia aussi surprise que moi. Et merde… J’étais tellement pris dans la mélodie que je n’avais pas entendu le moteur de sa voiture, ni la porte d’entrée s’ouvrir en bas. Garder le secret sur ma passion pour la musique : raté. Elle l’aurait découvert un jour ou l’autre mais je ne pensais pas que ce soit si tôt. Je me remettais à peine au violon et voilà que Sofia en était témoin. Heureusement que j’avais su jouer correctement… Qu’aurait-elle pensé si l’Ave Maria avait été bourrée de fausses notes ? Malgré ça, je ne savais plus où me mettre tandis que la jeune femme refermait la porte derrière elle pour m’observer. Je me sentais rempli de honte, comme si elle m’avait pris en train de faire une connerie. Il s’agissait pourtant de mon propre violon, je ne m’étais pas permis de toucher à ses affaires. Ah si, son ordinateur… Peut-être s’en était-elle aperçue et m’en voudrait-elle pour ça.

- Ça alors, quelle surprise… dit-elle enfin. Je savais que vous aimiez beaucoup la musique, mais j'ignorais que vous saviez si bien jouer.

Un compliment. Pas une réprimande. Je tirais peut-être trop vite mes conclusions. Elle s’énervait parfois pour si peu que je ne savais plus comment anticiper ses réactions. N’osant toujours pas ouvrir la bouche, je la regardai faire un pas dans ma direction. Là, elle tendit la main vers le violon. Instinctivement, je reculai. Elle n’avait pas le droit, il appartenait à ma mère.

« Détends-toi, elle va pas te l’abîmer, » me rassura Meyer en soupirant.

Mais…


« Même s’il est pas tout jeune, tu crois vraiment qu’elle va critiquer ? Tu la connais maintenant, non ? »

J’hésitai, regardai le violon, puis Sofia, le violon à nouveau. Je le lui donnai. Elle le prit délicatement comme s’il s’agissait d’un nouveau né, le contempla sous tous ses angles.

- Qui vous a vendu cet instrument ? s’enquit-elle curieuse. Je vois que quelqu'un a voulu le réparer mais... C'est clairement pas un professionnel qui a fait ça. Il a besoin d'être mieux restauré, Meyer.

Ça, je le savais pertinemment. Je pensais que Sofia allait me rendre le violon. Mais elle le plaça sur son épaule. Sur le coup, je voulus l’arrêter. Pourquoi voulait-elle jouer ? Elle n’avait pas le d…

« Tiens-toi tranquille. »

Je serrai les poings, reculai d’un pas pour laisser un peu d’espace à Sofia. Elle venait de me surprendre avec un instrument que j’avais introduit dans sa maison à son insu. Si, en plus, je l’agressais parce que je refusais qu’elle y touche, elle le prendrait très mal.

« J’te rappelle que t’es son escl... »

Ferme-la. Pas besoin de me le rappeler, c’était déjà assez difficile comme ça. Néanmoins, depuis que je vivais ici, il ne m’était jamais rien arrivé de grave – excepté ce jour où la demoiselle dut me tirer une balle dans le torse pour m’empêcher de la tuer… Je n’avais jamais été aussi bien traité qu’ici. Même le vieil homme de la forêt avait été parfois dur avec moi. Mais c’était pour me forger et il avait eu raison. Sofia s’y prenait différemment et je ne trouvais pas ça forcément désagréable. Alors, en silence, je l’écoutai produire sa musique. Je ne la connaissais pas mais elle avait quelque chose de réconfortant, comme si elle se servait des notes pour me donner son avis concernant ce secret que je lui avais caché. Très concentrée, j’ignorais si elle me regardait ou si elle fermait les yeux. Son bandeau en permanence sur son visage m’empêchait de le savoir. Même après deux mois de vie commune, il me perturbait toujours autant. La mélodie s’acheva. Sofia me rendit l’instrument avec son archet.

« Hem. »

Quoi ?

« Elle t’a posé une question tout à l’heure. »

Ah oui. Et cette petite coupure musicale ne suffisait certainement pas à la lui faire oublier. Je détournai le regard, le posai instinctivement sur l’étui ouvert qui se trouvait sur le lit. Que devais-je répondre exactement ? Si je disais que je m’étais infiltré illégalement chez les Inoue, ça ne lui plairait pas. Je ne pouvais pas inventer le nom d’un vendeur car elle les connaissait sûrement tous.

- J’l’ai récupéré… finis-je par dire sans oser regarder mon interlocutrice en face. Il m’appartient. Je l’avais… caché quelque part.

Bon, une moitié de mensonge, ce n’était pas si grave. Pas sûr qu’elle me croit sur le fait que ce violon soit à moi car les initiales de ma mère étaient écrites sur un coin de l’étui. Mais comme il était ouvert, Sofia ne pouvait pas les voir.
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Sofia Ashley
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Mar 23 Avr - 23:29


   


   


   
   
La musique adoucit les mœurs


   
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La musique comme moyen de s'exprimer. La musique comme moyen d'échapper à la dure réalité de ce monde. La musique comme moyen de communiquer. Pour moi, la musique était le meilleur moyen pour faire ressortir des émotions. La joie, la tristesse, la mélancolie, la peur... On pouvait tout faire passer à travers la musique. C'était le cœur des émotions. Les plus grands scénaristes avaient compris ça, pour leurs films, par exemple. Et pour faire passer ces émotions, il fallait jouer avec son âme. Jouer comme si, juste après, nous allions mourir. Faire littéralement exploser nos sentiments, jouer avec tant d'ardeur que tout paraissait fade à coté. Quand moi je jouais de la musique, même seule, je jouais ainsi. Alors parfois, quand les mots me manquaient, je laissais les notes s'exprimer. Ma voix devenait celle du violon et l'archet que je faisais glisser sur les cordes étaient la gestuelles de mes paroles. Et, évidemment, il ne valait mieux pas me couper la "parole" lorsque je m'exprimais ainsi. Alors oui, même si ce violon n'était pas à moi, même si Meyer ne voulait probablement pas me voir jouer avec, il avait compris qu'il ne fallait jamais interrompre un morceau. Après tout, lui aussi était un artiste. Lui aussi était musicien. Ca, à mes yeux... Ca valait de l'or. L'estime que je portais pour Meyer venait d'exploser. Du peu que j'avais entendu, il avait joué le morceau sans aucune fausses notes. Et s'il avait cherché la musique sur mon ordinateur, ça voulait dire qu'il voulait se remémorer la mélodie. Je ne voyais aucune partition dans la chambre. Il avait joué, probablement, de souvenir après une seule écoute. J'étais curieuse de savoir, donc, s'il possédait l'Oreille absolue. Bref, je le fixai dans les yeux. J'attendais une réponse à ma question. Il regarda aussitôt l'étui ouvert. Je l'accompagnai du regard, avant de revenir sur lui. Il semblait perturbé. Ses yeux bougeaient rapidement. Il cherchait.

"J’l’ai récupéré…" Déclara-t-il sans oser me regarder.

Un mensonge.


"Il m’appartient. Ajouta-t-il aussitôt. Je l’avais… caché quelque part." Termina-t-il, hésitant.

Il mentait en parti. Je le croyais quand il disait que le violon était à lui. Et le reste ne semblait pas totalement vrai. J'étais déçue, en réalité. Je pensais que Meyer avait compris comment je fonctionnais. Je n'étais pas sur la réprimande, la moquerie, le rabaissement ... Avec moi, il pouvait être honnête. Car je cherchais toujours à être compréhensive et tirer le meilleur des gens. Je pensais en avoir fait assez, avec lui, pour qu'il comprenne ça. Mais non. Il venait de me mentir en pleine gueule. J'inspirai lentement, beaucoup trop déçue pour rester dans la même pièce. Je tournai les talons pour quitter la chambre, mais je sentis aussitôt une main agripper ma manche. Je me retournai à nouveau pour le regarder, chassant sa main de mes vêtements. Une rapide coup de lingette sur le tissu, puis je levai les yeux vers lui.  


"Mentir à une enquêtrice c'est pas très malin de votre part, Meyer. Je pensais que vous aviez compris avec qui vous viviez."

Je regardai l'étui, puis le violon.

"Je suis là pour vous protéger et vous aider. Pas pour vous juger. C'est la deuxième fois que vous me mentez." Dis-je beaucoup plus sèchement.

Je fronçai les sourcils, pinçant mes lèvres à la fois de colère et de déception.


"Et je n'aime pas quand on me ment. Encore moins quand c'est quelqu'un en qui je veux faire confiance." Et j'insistai bien sur le "je veux".

Et cette fois, je quittai la pièce pour aller dans le salon. L'écouter jouer comme ça me donna la folle envie de m'installer derrière mon piano.




Sauf que, malheureusement, je n'avais pas envie de jouer quelque chose d'entraînant et de joyeux. Je me contentai donc de rejouer la même musique que j'avais fait écouter à Meyer avec le violon. Mais cette fois, il s'agissait d'une version au piano. Secrètement... J'espérai vraiment qu'il allait venir pour me parler. Je le voulais vraiment. J'en avais besoin. Je ne pouvais pas supporter l'idée de devoir partager mon toit avec quelqu'un qui était prêt à me mentir. Je voulais qu'il puisse me faire entièrement confiance. Car s'il me mentait, c'était parce qu'il n'avait pas confiance en moi. Il pensait pouvoir se protéger... Se protéger de moi ? Ca me faisait vraiment mal. Mes doigts glissaient, seul, comme de manière instinctive, sur les touches du piano. Je me perdis dans mes pensées, laissant la musique m'envahir. Elle, au moins, elle me faisait du bien. 
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Constantine Meyer
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Mer 24 Avr - 18:32
Je n’eus pour seule réponse qu’une longue inspiration et un air déçu. Qu’avais-je dit de mal ? Qu’est-ce que ça pouvait bien lui faire si ce violon venait de chez les Inoue ou d’ailleurs ? Il était à moi, j’en faisais ce que je voulais. Je ne comprenais pas pourquoi elle semblait si mécontente. A tel point que, sans un mot, elle tourna les talons pour sortir. Sans savoir pourquoi, mon corps agit tout seul et je la retins par la manche. J’ignorais totalement ce que je voulais dire. Pour moi, je n’avais pas à me justifier plus que ça. Mais apparemment, ce n’était pas suffisant pour mademoiselle qui me fit lâcher prise avant de se passer un coup de lingette. Une lingette sur du tissu…

« On a dit qu’on arrêtait les médisances. »

Pas facile quand on avait un grain.

« Tu peux parler... »

- Mentir à une enquêtrice, c'est pas très malin de votre part, Meyer, fit remarquer Sofia. Je pensais que vous aviez compris avec qui vous viviez.

Elle regarda un instant l’étui et le violon.

- Je suis là pour vous protéger et vous aider. Pas pour vous juger.

Me protéger de quoi ? Seul le camp représentait une menace. Sinon, je me débrouillais très bien tout seul.

- C'est la deuxième fois que vous me mentez.

La deuxième fois ? Quand avais-je menti auparavant ? Le jour où je l’avais attaquée pendant notre séance d’entraînement, je lui avais raconté la vérité sur mon compte. Pas toute la vérité, certes. Mais ne rien dire ne voulait pas dire mentir. C’était différent.

- Et je n'aime pas quand on me ment. Encore moins quand c'est quelqu'un en qui je veux faire confiance, dit Sofia en insistant bien sur le « je veux ».

Elle sortit de la chambre, me laissant seul avec mes pensées. Décidément, je n’arrivais pas à comprendre cette femme. D’accord, je vivais sous son toit et nous devions nous entendre pour cohabiter. Mais ne pouvait-elle pas se contenter du minimum ? Je faisais ce qu’elle me demandait quand nous sortions pour son travail, je n’empiétais pas sur son espace personnel, je respectais les règles de la maison… N’était-ce pas suffisant ?


« Elle veut savoir à qui elle a vraiment affaire. C’est normal, non ? »

Ça ne me plaisait pas. Je n’avais pas envie de partager ma vie entière avec Sofia. J’avais besoin de garder certaines choses pour moi. Il le fallait, pour notre bien à tous les deux. Je ne savais plus quoi penser. Je vivais bien ici, et en même temps, j’avais parfois envie de me barrer et ne jamais revenir. C’était une sensation très étrange. Cette situation me plaisait autant qu’elle m’ennuyait. Pourquoi fallait-il qu’elle force les choses ? Je ne lui demandais rien sur sa vie, ne pouvait-elle pas faire pareil ? Je soupirai, regardai la porte entrebâillée sans vraiment la voir. A ce moment-là, une mélodie résonna au rez-de-chaussée. C’était le même air que précédemment, celui que Sofia venait de me faire écouter au violon. Mais elle la jouait au piano cette fois. Elle s’était enfermée dans la musique. Elle faisait toujours ça quand elle était contrariée. Pour ma part, je m’entraînais jusqu’à ne plus tenir debout mais à partir d’aujourd’hui, je pourrai accorder une partie de ce temps à jouer sur le violon. Pour le coup, après ce vif échange avec la jeune femme, je n’avais plus très envie d’y toucher. Je le reposai donc dans son étui, le refermai, sortis de la chambre. Dans le couloir, mes yeux allèrent de l’accès au toit à l’escalier qui menait en bas. Je restai planté avec ma main sur la poignée de la porte pendant encore quelques secondes, puis…

- Et merde… maugréai-je tout bas.

Je retournai dans la chambre, repris le violon ainsi que l’archet, descendis au rez-de-chaussée. Comme je le pensais, Sofia était derrière son piano, concentrée sur sa mélodie. Je la rejoignis d’un pas hésitant. Elle allait peut-être m’envoyer bouler pour ce que j’allais faire mais tant pis. Si c’était un bon moyen de l’adoucir… Je ne voulais pas qu’elle s’immisce dans mes affaires mais je n’aimais pas non plus quand elle était fâchée contre moi.


« Putain t’es compliqué ! »

La faute à qui ? Si t’étais pas là, ce serait plus simple ! A cause de toi, mon humeur changeait trop souvent et je ne savais plus ce que je voulais ! Perturbé, j’allai m’asseoir sur le canapé, tournant à demi le dos à Sofia. Non pas que je refusais de la regarder. C’était surtout pour lui épargner le visage du soi-disant menteur qu’elle venait de réprimander. Là, ce que je voulais surtout, c’était partager un peu de musique avec elle. Elle ne m’avait pas interdit d’utiliser le violon et ça, je lui en étais très reconnaissant. Alors, après l’avoir encore un peu écouté jouer au piano, je plaçai le violon sur mon épaule et l’archet sur les cordes. Une seule fois. Il me suffisait d’une seule et unique écoute pour mémoriser une mélodie. Ma cousine me jalousait de tout son être pour ça. A l’époque, j’en étais très fier parce que je pouvais prouver que je n’étais pas le moins que rien décrit par ma famille. Aujourd’hui, je trouvais que ça faisait un peu frimeur. Pourtant, j’étais loin de l’être. Je savais que j’avais ce talent-là et je m’en servais, tout simplement. De toute façon, je jouais pour moi, peu importait l’avis d’autrui. Comme je ne la regardais pas directement, je ne pus voir comment Sofia réagit quand elle comprit que je reproduisais sa propre mélodie. En tout cas, elle la continua jusqu’à la fin, et je la laissai finir les dernières notes au piano. Quand le silence revint, je restai de marbre, le violon posé sur les genoux, l’archet à côté.

« Réfléchis pas et parle. »

J’inspirai.

- J’ai pas menti.

Je me tournai et la regardai enfin. Les mains posées sur le clavier du piano sans appuyer sur les touches, elle ne dit rien, attendant sûrement la suite.

- J’ai juste… pas tout dit.
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Lun 29 Avr - 20:12


   


   


   
   
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La musique adoucit les mœurs 63471710
Dans ma bulle, je remarquai à peine Meyer s'installer sur le canapé en me tournant légèrement le dos. Étrange. Le connaissant, il aurait dû s'isoler sur le toit pour ruminer jusqu'à l'heure du souper. Qu'avait-il dans ses mains ? Son violon ? Je n'y prêtai guère plus attention, venant à nouveau me concentrer sur ma mélodie. Une fois ma première boucle terminée, j'entamai la seconde. Mais cette fois, Meyer m'accompagna au violon. Toujours concentrée sur mon piano, je l'écoutai d'une oreille. Aucune fausse note, c'était comme s'il connaissait cette musique par cœur. C'était tout simplement incroyable. Il était donc bel et bien capable de jouer une musique après une seule écoute. Je n'avais jamais vu quelqu'un faire ce genre de chose. Même moi, qui était très douée pour la musique, je ne pouvais pas. Je pouvais mémoriser une partition, certes, mais être capable de comprendre les notes sans même les voir... Comme je le pensais, Meyer avait l'Oreille Absolue. Mais pourquoi ne m'avait-il pas demandé de lui prêter un instrument ? Surtout que je pouvais lui procurer un violon... Pourquoi ne m'avait-il jamais demandé ? Pourquoi avoir voulu se cacher dans sa chambre pour jouer ? Et avec ce violon là en particulier ? Bien trop de mystères entouraient encore cet homme et pourtant... Je le laissais vivre avec moi. Pourquoi ? En temps normal, je me serais vite débarrassé de quelqu'un comme ça, mais là... Quelque chose m'en empêchait. Comme si j'avais peur de me retrouver, à nouveau, toute seule... Lorsque la mélodie se termina, Meyer posa son violon sur les genoux. Quant à moi, je gardai mes doigts sur les touches du piano en le regardant. Il prit une inspiration.

"J’ai pas menti" Déclara-t-il.

Il se tourna ensuite vers moi pour me regarder. Je ne bougeai pas, j'attendis juste la suite. Car pour le moment, il n'était pas très convainquant.


"J’ai juste… pas tout dit"



Pour moi, ça revenait à mentir. Car c'était, l'un comme l'autre, trahir ma confiance. En tout cas, son passé devait le peser énormément. Je sentais clairement quelque chose de lourd en lui, quelque chose qu'il devait se traîner. Oui, c'était mal de ma part de vouloir insister. Mais à un moment ou un autre, il fallait passer par là, percer. Car j'avais tout à fait le droit de savoir avec qui je vivais maintenant. Et ça, il ne pouvait pas me faire changer d'avis. Librement, je laissai mes doigts danser sur le clavier, improvisant une mélodie. Je faisais ça quand j'avais besoin de réfléchir. J'improvisais toujours quelque chose. Laissant mon esprit libre, faire la musique lui-même.

"A mes yeux, ne pas tout dire, cacher des choses importantes, c'est mentir aussi."

Je devais trouver les mots pour qu'il comprenne mon point de vu. Juridiquement parlant, cacher des informations à un enquêteur, ça revenait à mentir. Mais là, le contexte était différent... Mh, oui. Si j'expliquais ça à Meyer, il allait peut être comprendre.

"Vous m'avez frappé, Meyer. Et vous m'avez demandé de tirer. Peut-être pour me protéger moi, vous protégez vous-même. Mais toujours est-il que, ce jour, ma sécurité était en jeu. La votre aussi. Et vous me cachez quelque chose. Dans ce contexte là, Meyer, j'estime que ne pas tout me dire, c'est mentir."

Je marquai une courte pause, relevant le regard vers lui. Je continuais toujours de jouer mon morceau improvisé. Cette conversation était délicate car je ne voulais pas faire croire à Meyer que j'étais paranoïaque, que je voulais tout savoir de lui.

"Je ne vous en voudrais jamais si vous avez votre petit jardin secret. Quelque chose qui vous permet de vous évader. C'est même vital, vous en avez besoin et moi aussi, j'ai mes secrets. Mais sachez une chose, Meyer. Jamais je ne pourrais vous cacher quelque chose qui pourrait vous mettre en danger. Car là, ça serait vous mentir et ça, je m'y refuse."

Je fermai les yeux, j'étais toujours aussi calme et posée, la voix douce, presque mélodieuse. Je n'étais pas vraiment fâchée, en fait. J'étais juste un peu contrariée, déçue.

"Il m'arrive de repenser à ce jour. Et les faits sont là. Vous m'avez frappé, très fort. Et j'ignore encore pourquoi. N'allez pas croire que je suis en colère contre vous, à cause de cet incident. Mais vous devez comprendre que j'aurais du mal à vivre avec quelqu'un qui peut être dangereux, qui me cache des choses importantes. "

Une courte pause, à nouveau, pour profiter un instant de la mélodie, puis je repris.

"Il est vrai que, pour ma part, je ne vous ai quasiment rien dit à mon sujet. Mais si vous voulez savoir quelque chose, je vous répondrais. Si ça peut vous aider à vous ouvrir vous aussi..."

Je relevai la tête pour le regarde et lui offrir un très doux sourire, pour le rassurer, le mettre en confiance.
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Mar 30 Avr - 13:05
Il y eut un silence puis Sofia commença à parcourir les touches du piano, créant une mélodie hasardeuse mais pas désagréable. Elle me fit remarquer qu’à ses yeux, cacher des choses importantes c’était aussi mentir. Je n’étais pas d’accord mais préférais ne rien répondre. Ça ne mènerait à rien et je ne voulais pas me disputer avec elle.

- Vous m'avez frappé, Meyer.

Je détournai les yeux en sentant mon estomac se nouer. Depuis ce jour, nous n’en avions pas reparlé. L’évoquer à nouveau me fit plus de mal que ce que j’imaginais. Oui, je l’avais frappée. Et je ne le voulais pas. C’était à cause de Meyer, encore et toujours.

- Et vous m'avez demandé de tirer, ajouta-t-elle calmement. Peut-être pour me protéger moi, vous protégez vous-même. Mais toujours est-il que, ce jour, ma sécurité était en jeu. La votre aussi. Et vous me cachez quelque chose. Dans ce contexte-là, Meyer, j'estime que ne pas tout me dire, c'est mentir.

Bon, elle marquait un point. Parce que, forcément, si je révélais rien du danger auquel elle pouvait faire face à tout moment, elle ne pouvait pas s’y préparer. Je serrai les doigts autour de l’archet que je tenais toujours. Si je l’avais prévenue, aurait-elle pu faire en sorte de m’empêcher de la toucher ? Comment ?

- Je ne vous en voudrai jamais si vous avez votre petit jardin secret, quelque chose qui vous permet de vous évader, assura-t-elle d’une voix douce. C'est même vital, vous en avez besoin et moi aussi, j'ai mes secrets. Mais sachez une chose, Meyer : jamais je ne pourrais vous cacher quelque chose qui pourrait vous mettre en danger. Car là, ça serait vous mentir et ça, je m'y refuse.

J’avais bien compris. Et comme elle ne m’avait rien dit du tout, j’imaginais que je n’avais rien à craindre dans cette maison. En fait, j’étais la seule source de danger… Toujours sereinement mais d’un ton qui trahissait une pointe d’amertume, Sofia reprit la parole. Elle avoua qu’il lui arrivait encore de penser à notre premier entraînement et qu’elle ne comprenait pas pourquoi je m’étais attaqué à elle de manière si violente alors que tout commençait bien.

- N'allez pas croire que je suis en colère contre vous à cause de cet incident.

Pourtant, elle pouvait se le permettre. Ce que j’avais fait était impardonnable. Au camp, on m’aurait sévèrement puni pour mes actes.

- Mais vous devez comprendre que j'aurai du mal à vivre avec quelqu'un qui peut être dangereux, qui me cache des choses importantes.

Et si je refusais toujours de parler, me virerait-elle de sa maison ? C’était fort probable et je comprendrai… même si je n’en avais pas envie.

- Il est vrai que, pour ma part, je ne vous ai quasiment rien dit à mon sujet. Mais si vous voulez savoir quelque chose, je vous répondrai. Si ça peut vous aider à vous ouvrir vous aussi…

Non, je ne pensais pas que ça m’aiderait et je ne voulais rien savoir sur elle. Même si, à ce moment-là, j’eus droit à un sourire sincère et encourageant, je fus incapable de réfléchir à une quelconque question à son sujet. Ce n’était pas parce qu’elle me paraissait inintéressante. Je me disais juste que je n’avais pas besoin d’en savoir plus que de raison. Après tout, notre relation restait neutre. J’étais sous ses ordres et je devais m’y plier. On m’avait formé dans ce but et ce, pour le restant de mes jours.

« Pourtant, t’es attaché à elle, déclara Meyer. T’en as juste pas conscience. »

Pas au point de me révéler. Je n’aimais pas la voir en colère, ni effrayée, ni triste. Elle n’était pas si agaçante que ce que tout le monde pouvait croire et sa gentillesse demeurait sans limites. Elle était jolie et elle sentait bon…

« Eh ben, quelle déclaration d’amour ! »

… mais ça ne voulait pas dire que j’avais envie de tout partager avec elle.

« Un jour ça va changer sans même que tu t’en rendes comptes. »

Je soupirai. Il avait l’air si sûr de lui que ça m’énervait. J’étais certain qu’il n’attendait que ça pour faire encore du mal à Sofia. Et ce serait pire parce que nous nous serions beaucoup trop rapprochés. Voilà pourquoi je voulais garder cette distance. J’étais juste… son assistant, son garde du corps…

« Sa seule compagnie. »

Mon cœur rata un battement.

« Tu sais que c’est de ça qu’elle a surtout besoin ? Elle te l’a dit quand elle t’a récupéré. »

Oui, mais…

« Elle t’a sauvé la vie ! coupa-t-il exaspéré. Elle te laisse dormir dans la chambre de son gamin perdu. Et toi, tu lui dis même pas que tout ce qu’elle fait, c’est pour un type cinglé qui peut la tuer à tout moment ! »

Je ne disais rien parce qu’elle allait me mettre à la porte si elle le savait ! Qui voulait cohabiter avec un fou dangereux ?

« Elle a besoin de toi. »

Personne n’avait besoin d’une menace permanente chez soi, même si cette menace pouvait parfois bien se comporter. Ce n’était pas une vie.

« Si ça se trouve, elle s’en fiche et n’est plus à ça près. »

Sauf que « ça » lui avait fait beaucoup trop de mal en peu de temps et pouvait très bien recommencer. Aujourd’hui, Meyer me donnait des conseils. Mais demain, qui sait s’il ne me pousserait pas à étriper Sofia ? Non, décidément, ça ne pouvait pas fonctionner. Alors je me levai en laissant le violon et l’archet sur le canapé.

- J’y arrive pas… dis-je à voix basse.

Je regardai Sofia.


- J’y arrive pas, répétai-je plus haut.

La mélodie cessa. Ce fut comme un coup en pleine poitrine, comme si ce soudain silence marquait définitivement sa déception. L’estomac en boule, je me mordis l’intérieur de la joue avant de reprendre la parole.


- J’comprends pas pourquoi t’es pas en colère. J’comprends pas pourquoi tu pardonnes tout le temps, ni pourquoi je suis toujours ici. Ni pourquoi… j’suis arrivé là en fait.

Je m’approchai, posai mes mains à plat sur le bureau et me penchai légèrement en avant pour la regarder bien en face, malgré son bandeau encore et toujours présent devant ses yeux. Je me posais ces questions depuis le début sans jamais les avoir partagé avec elle. Il était peut-être temps de mettre tout ça au clair. Maintenant que la conversation était lancée, je devais savoir. Je ne savais plus quoi penser ni quoi décider alors c’était important, là, maintenant.

- Pourquoi tu m’as sorti du camp ? Pourquoi tu les as empêchés de m’exécuter ?

Elle ouvrit la bouche pour répondre mais j’enchaînai.

- Si j’étais face au mur, c’était pour une bonne raison. J’aurais dû mourir cette fois-là, comme l’autre jour ! fis-je en élevant la voix, incapable de me contrôler.

« Calme-toi. »

Je frappai du poing sur le bureau, faisant sursauter Sofia. Quand il me disait de me calmer, c’était pire.

- Pourquoi ? Pourquoi j’suis encore là ? Pourquoi t’as pas choisi quelqu’un d’autre ? Pourquoi tu m’as pas laissé crever là-bas ? Pourquoi tu t’obstines alors que j’en vaux pas la peine ? Y en a plein qui ont été formés comme moi ! Et qui sont de vrais hybrides en bonne santé, pas des malades mentaux ratés !
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Il m'écoutait, en silence. Sans rien dire, il ne bougeait même pas. Il agissait de la même manière qu'une personne qui se sentait accablée. Accablé oui... C'était le bon mot. Ca, il l'était. Et pourtant, je n'arrivais pas à déterminer pourquoi. Par qui. Par quoi. J'avais beau l'observer, analyser son train de vie, rien ne semblait anormal chez lui, si on mettait de coté son hybridation particulière qui lui faisait, parfois, pousser une aile dans le dos. Est-ce que c'était ça ? Est-ce qu'il la sentait dans son épaule ? Peut-être que ça lui faisait mal et que la douleur, permanente, pouvait le rendre violent. Ca restait cohérent... Mais il s'entraînait sans cesse. Faire du sport serait trop difficile pour lui s'il avait mal en continue à l'épaule. Ce n'était peut-être pas ça... D'ailleurs, son besoin de faire du sport, chaque jour... Ca, c'était étrange. Parfois, il s'entraînait jusqu'à épuisement. Je poussai un léger soupire. Je n'avais aucun élément pour comprendre. Il soupira légèrement, lui aussi, laissant son violon et l'archet sur le canapé, puis il se leva. Là, il murmura quelque chose d'inaudible. Je fronçai légèrement les sourcils en penchant un peu la tête sur le coté. Il me regarda, avant de répéter, plus haut.

"J’y arrive pas"

Aussitôt, je cessai de jouer. Bon... Il était inutile d'insister. J'allais devoir prendre une décision. L'emmener voir un médecin, peut-être ? Un spécialiste pourra surement m'aiguiller davantage... Encore fallait-il que Meyer soit d'accord. Je n'allais pas le traîner de force là où il ne voulait pas aller. En tout cas, là, il ne semblait pas très à l'aise. Le fait de me parler semblait si dur pour lui... Et je ne comprenais pas pourquoi. Qu'est-ce que je faisais de mal avec lui ? J'avais beau me montrer gentille et rassurante, il était toujours aussi fermé.

"J’comprends pas pourquoi t’es pas en colère." Lâcha-t-il.

On y arrivait enfin...


"J’comprends pas pourquoi tu pardonnes tout le temps, ni pourquoi je suis toujours ici. Ni pourquoi… j’suis arrivé là en fait."

Il était con ou quoi ? Il serait surtout mort, si je n'avais pas été là. Pourquoi ne pouvait-il pas se contenter de ça ? De se dire qu'il était toujours vivant ? Pourquoi s'embourbait-il dans un tas de questions qui, visiblement, ne faisaient que de lui un type perdu ? Car oui, là, il était totalement perdu. Il cherchait des réponses alors que ce n'était pas ça le plus important. Il s'approcha de mon bureau et posa les mains dessus, à plat. Il se pencha légèrement vers moi pour me fixer dans les yeux. Je n'aimais pas ça. C'était signe de frustration, de colère.

"Pourquoi tu m’as sorti du camp ? Pourquoi tu les as empêchés de m’exécuter ?"

Sur le coup, je me disais juste que... Qu'il ne devait pas mourir. Et je savais très bien que les gardes du camp jugeaient souvent de manière un peu trop sévère. A mes yeux, même si je ne connaissais pas les raisons qui avaient poussées mes collègues à vouloir le tuer... A mes yeux, c'était injuste.

"Si j’étais face au mur, c’était pour une bonne raison. J’aurais dû mourir cette fois-là, comme l’autre jour !" dit-il, en haussant le ton.

Il perdait patience. Et pourtant, je n'avais rien dit. Il ne m'avait même pas laissé le temps de lui répondre. Soudain, sans prévenir, il frappa du poing sur la table, me faisant sursauter. Quelque chose venait de le mettre en colère, là, à cet instant. Et ce n'était pas moi, car je ne disais rien, je le laissais librement vider son sac, sans l'interrompre, sans lui dire de se calmer. C'était le meilleur moyen pour l'énerver davantage. Pourtant...


"Pourquoi ? Pourquoi j’suis encore là ? Demanda-t-il, furieux Pourquoi t’as pas choisi quelqu’un d’autre ? Pourquoi tu m’as pas laissé crever là-bas ? Pourquoi tu t’obstines alors que j’en vaux pas la peine ? Enchaîna-t-il Y en a plein qui ont été formés comme moi ! Et qui sont de vrais hybrides en bonne santé, pas des malades mentaux ratés !"

J'inspirai lentement par le nez. D'accord, il venait de faire plusieurs révélation. Déjà, il était évident qu'il était dépressif. Il se dévalorisait, il avait constamment besoin d'être seul, il avait du mal à contrôler ses émotions, il pouvait facilement céder à la colère, à la violence. Il avait aussi une enfance difficile, il avait grandit au sein d'une famille assez compliquée, de ce que j'avais compris. Il avait même perdu sa maman, emportée par la maladie provoqué par la perte de son compagnon. En réalité, j'avais assez d'éléments pour déterminer de quoi souffrait Meyer, juste sous mon nez. Mais on dirait que j'avais besoin de l'entendre lui, le dire. Il ne le savait peut-être pas, mais il souffrait de trouble de la personnalité limite. TPL, plus simplement. Bon, très bien. J'avais en face de moi une personne dangereuse. Ca, c'était certain. Il avait probablement peur de se sentir encore rejeté. Je devais donc, déjà, créer un environnement qui pouvait le rassurer. Je ne savais pas si c'était une bonne idée, mais, à nouveau, je laissai mes doigts glisser sur les touches de mon piano. Je connaissais Ave Maria. C'était une mélodie très connue, en réalité. Alors, lentement, je me mis à la jouer.



Je n'avais pas peur de Meyer et je devais lui montrer que c'était le cas. Lui montrer que quelqu'un pouvait faire confiance à un "raté". Je ne devais plus l'enfermer dans cette idée. Étendre les murs de la pièce étroite dans laquelle il se trouvait. Lui permettre de voir plus loin que ce qu'il prenait pour acquis dans son esprit.


"Un homme désarmé, fut-il blessé, peut ouvrir les yeux, un homme mort s'en va avec ses griefs et ses convictions. Déclarai-je, sereine. J'ai entendu cette phrase, il y a bien longtemps. Elle venait d'un ami. En vous voyant aux portes de la mort, j'ai pensé à lui. Je ne voulais pas vous laisser mourir, tout simplement. Et rester là, sans agir, aurait fait de moi un monstre également."

Je parlais avec une voix toujours aussi douce et rassurante, presque maternelle. Un léger silence, pour lui permettre de profiter un instant de la mélodie.

"Et le monstre, ce n'est pas vous Meyer. Ce sont ceux qui, lâchement et à plusieurs, étaient prêt à prendre votre vie sans aucun remord. Ce jour là, j'étais venue dans le but d'avoir un hybride. Car je voulais, à nouveau, de la vie dans ma maison. "

Un nouveau silence. Songeuse, je réfléchissais à mes prochaines paroles. C'était difficile de lui expliquer qu'on pouvait toujours avoir droit à une autre chance. Car lui, il était persuadé que c'était déjà trop tard.

"Et même si vous avez déjà tué... Il y a toujours du bon en quelqu'un. Toujours. Alors... A défaut d'avoir pu donner la vie à un petit... Mon petit... Je voulais en sauver une autre. Et maintenant..."

Je reniflai discrètement, la gorge nouée. Mes yeux se couvrirent d'un léger voile humide.

"Et maintenant... J'aimerais faire en sorte de vous montrer que quelqu'un est là pour vous. Que quelqu'un saura veiller sur vous. Parce que je n'ai pas pu donner la vie... J'aimerais rendre celle d'un autre meilleure. Et je sais à quel point c'est difficile de tout perdre. De se sentir seule. De ne plus pouvoir faire confiance à quelqu'un.Car il est plus facile de vivre seul que de craindre la fin. J'ai besoin de vous, Meyer. Voilà pourquoi. C'est simplement car j'ai besoin de vous."

Mon doigt appuya sur la dernière note de la mélodie. Puis le silence.
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Mer 1 Mai - 15:08
Je criais, pourtant, Sofia ne réagit pas aussi violemment. Au contraire, elle était si calme que ça me déstabilisa complètement. Et je pris soudain conscience de ce que je venais de dire. Ça ne dénonçait pas Meyer mais mes mots laissaient place au questionnement concernant mon état de santé mental. Elle devait s’en poser plein, là, des questions, durant le silence qui s’ensuivit. Cependant, je ne m’attendais pas à ce qu’elle se concentre à nouveau sur son piano pour jouer. Et pas n’importe quoi : l’Ave Maria. Un frisson me parcourut tout entier. Mes mains quittèrent le bureau et je reculai d’un demi pas, troublé, les yeux rivés sur ses doigts qui parcouraient les touches de l’instrument.

- Un homme désarmé, fut-il blessé, peut ouvrir les yeux ; un homme mort s'en va avec ses griefs et ses convictions, dit-elle posément.

Je levai les yeux sur elle. Je ressentais d’étranges picotements sur chaque centimètre carré de ma peau, comme si les notes me transperçaient à la manière d’une aiguille. Entendre l’Ave Maria être jouée en direct après tant d’années me faisait un drôle d’effet.


- J'ai entendu cette phrase il y a bien longtemps, justifia-t-elle. Elle venait d'un ami. En vous voyant aux portes de la mort, j'ai pensé à lui. Je ne voulais pas vous laisser mourir, tout simplement. Et rester là, sans agir, aurait fait de moi un monstre également.

Un monstre. C’était quoi, un monstre, finalement ? Ma famille avait traité mon père de monstre alors qu’il était juste un être humain victime de sa condition. Ma cousine m’avait qualifié de monstre en voyant cette aile sortir de mon dos, juste avant que je m’enfuie. Les dresseurs du camp également quand certains d’entre eux perdirent la vie à cause de mon incapacité à la contrôler durant mes crises. Sofia se serait considérée comme tel si elle m’avait laissé mourir alors qu’elle ne me connaissait même pas. Alors… qu’est-ce que c’était, être un monstre ?

- Ce n'est pas vous Meyer, déclara-t-elle comme si elle entendait mes pensées. Ce sont ceux qui, lâchement et à plusieurs, étaient prêts à prendre votre vie sans aucun remord. Ce jour là, j'étais venue dans le but d'avoir un hybride. Car je voulais, à nouveau, de la vie dans ma maison.

Elle ajouta que, même si j’avais déjà tué, il y avait toujours du bon en moi. Parce que j’obéissais à ses ordres et respectais les règles de sa maison ? Était-ce ce qu’elle appelait « du bon en moi » ? Un psychopathe pouvait très bien agir de la même façon et toujours vouloir tuer pour son propre plaisir. Ça ne faisait pas forcément de lui quelqu’un de bon. Un psychopathe… J’y allais un peu fort. Même en ayant conscience de mon instabilité mentale, je ne me considérais pas comme ce type de personne. Ou peut-être ne voulais-je seulement pas le devenir, espérais-je ne pas en arriver là un jour. Je le craignais tellement avec Meyer au fond de ma tête…

- Alors… A défaut d'avoir pu donner la vie à un petit… Mon petit…

Nouveau battement de cœur en moins.

- Je voulais en sauver une autre. Et maintenant…

Elle se tut, renifla, semblant se retenir de pleurer. Néanmoins, elle poursuivait la mélodie, sans aucune fausse note. Gêné, je détournai à demi la tête. Elle parlait de « son petit », l’enfant qu’elle disait avoir perdu. Et elle me comparait à lui. C’était… trop embarrassant. Je n’en valais tellement pas la peine. J’avais l’impression que c’était irrespectueux pour cet enfant.

- Et maintenant, reprit-elle, j'aimerais faire en sorte de vous montrer que quelqu'un est là pour vous. Que quelqu'un saura veiller sur vous. Parce que je n'ai pas pu donner la vie... j'aimerais rendre celle d'un autre meilleure. Et je sais à quel point c'est difficile de tout perdre. De se sentir seul. De ne plus pouvoir faire confiance à quelqu'un. Car il est plus facile de vivre seul que de craindre la fin.

Je baissai les yeux, comme vaincu par ses paroles. Elle avait tellement raison. En m’enfuyant du camp à chaque fois que je le pouvais, je n’avais que cet objectif en tête : poursuivre ma vie seul, sans personne pour me diriger ni me dénigrer ou me trahir. Parce que je ne faisais plus confiance en personne. Et aujourd’hui ? Pouvais-je me fier à Sofia parce qu’elle voulait rendre ma vie meilleure ? Pouvions-nous vivre ensemble juste parce que chacun se sentait trop seul pour continuer ?

- J'ai besoin de vous, Meyer. Voilà pourquoi. C'est simplement car j'ai besoin de vous, conclut-elle tristement.

La dernière note de l’Ave Maria résonna dans la pièce. Un silence lourd d’angoisse et de peine tomba entre nous. La colère m’avait quittée, faisant place au doute. Je ne savais plus quoi penser. Je croyais que sa réaction me pousserait à m’en aller parce que, pour moi, nous ne pouvions nous entendre sur notre cohabitation. J’étais prêt à partir, à lui balancer au visage que c’était impossible, que j’étais trop dangereux et qu’à cause de ça, je finirais par vraiment la tuer. Mais là, je me sentais incapable de jeter ces mots, de m’éloigner sans plus me retourner. Elle avait besoin de moi. Je ne savais pas exactement pourquoi car ma présence n’était pas des plus agréables. Je ne savais pas ce qu’elle me trouvait pour oser remplacer l’âme de son enfant par la mienne, si perdue soit-elle. C’était complètement fou de sa part. Comme j’étais complètement fou de lui cacher ce pour quoi je risquais de lui faire du mal à tout moment. Au final, je me demandais qui était le plus cinglé des deux.
Dans un soupir, je me dirigeai vers la table basse, m’emparai de la boîte de mouchoirs qui était impeccablement centrée dessus. J’allai la déposer devant Sofia, en silence, avant de retourner m’asseoir sur le canapé. J’enfouis mon visage dans mes mains, fermai les yeux. J’avais du mal à réfléchir. J’enchaînais bien trop d’émotions en peu de temps. J’entendis Sofia se moucher doucement, la regardai un instant jeter le mouchoir dans la poubelle sous son bureau, avant de se passer un coup de lingette sur les mains. Je finis par me lever, pris mon violon et l’archet et retournai auprès de la demoiselle en me postant face à elle.


- Rejoue l’Ave Maria.

Un silence.

- S’il te plaît, ajoutai-je doucement.

D’abord, elle m’observa un moment. Elle ne le montrait pas mais j’imaginais sa surprise. Je venais de lui crier dessus et maintenant je lui demandais de jouer du piano. Ce qu’elle fit, sans dire un mot. Quand les premières notes débutèrent, les frissons me reprirent dans tout le corps. Comme tout à l’heure dans la chambre, je me demandais si j’allais réussir à jouer à l’instant où je plaçai le violon correctement sur mon épaule et l’archet sur les cordes. Pourtant, aucun son parasite ne vint perturber le début de ma progression. Et cette étrange odeur de lys vint à nouveau me chatouiller les narines, fragrances du seul souvenir que j’avais gardé totalement intact dans ma mémoire. Douze ans. Après douze ans, je rejouais l’Ave Maria accompagné de la seule personne pour laquelle j’avais de la valeur. Et si… et si Sofia tombait raide morte comme ma mère à la fin du morceau ? N’importe quoi… elle allait très bien. Il fallait que j’arrête de tout mélanger.
La mélodie se poursuivait. Jusqu’à la fin, je ne pus détacher mon regard de Sofia, allant de son bandeau à ses mains qui parcouraient les touches du piano. Elle avait cette façon de bouger les doigts qui donnait l’impression de seulement les frôler, comme si elle caressait quelque chose qu’elle avait peur d’abîmer. Cette légèreté était agréable à contempler. Elle se tenait droite et, en même temps, avait cette légère courbure dans le dos qui semblait refléter le poids de sa solitude. Ça n’enlevait cependant rien à son élégance et je me surpris tardivement à apprécier la vue des quelques mèches de cheveux qui effleuraient son cou. Une vision presque similaire à celle de ma mère lorsque nous avions partagé ce dernier moment complice. Les cheveux d’ébène, longs jusqu’en bas du dos, et la peau si pâle et marquée de fatigue… alors que Sofia les portait courts, très clairs et que son teint rayonnait. C’était ça. Elle rayonnait. Malgré ce qu’elle avait perdu, malgré sa solitude et ses manies qui semblaient la combler, elle restait souriante et prête à tout pour que ce soit mon cas aussi. Et moi je la repoussais parce que j’étais incapable de remonter la pente. J’étais incapable d’aller dans son sens à cause de ce qui faisait de moi un danger pour elle : Meyer. Il gâchait tout et un jour, je ferais vraiment une connerie à cause de lui. J’avais déjà failli tuer Sofia une fois, je pouvais très bien recommencer. Elle le savait mais elle voulait quand même m’aider. Et je ne pouvais pas parler de lui. C’était comme s’il m’en empêchait. Si je le faisais, que se passerait-il ? J’avais trop peur de sa réaction, de leur réaction.
A la dernière note, je baissai les bras et détournai le regard. Je me sentais bizarre, limite fiévreux. Je ne savais même plus si je me sentais bien ou non.
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Sofia Ashley
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Jeu 2 Mai - 21:15


   


   


   
   
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Mes mots semblaient le secouer un peu. Mais, visiblement, dans la bonne voie. Il se calma petit à petit pour m'écouter, en silence. Il écoutait ce que j'avais sur le cœur, ce qui me pesait. Il voulait savoir pourquoi il vivait ici, avec moi. Maintenant, il le savait. Il était bien plus qu'un bouche-trou. Que mon hybride. Que mon assistant. Il était l'homme qui, même sans s'en rendre compte, m'aidait à remonter la pente. Pas après pas. Sa simple présence suffisait pour me faire sentir un peu mieux dans la vie. La solitude qui me faisait tant souffrir fut balayé d'un revers de la main. Car il était là, avec moi. Car il était là, vivant. Vivant. De la vie dans ma maison. Même s'il n'était pas le plus agréable, lui au moins ne fuyait pas devant mes TOC, mon caractère, ma névrose. Comme lui, j'étais consciente d'avoir des problèmes. Mais à mes yeux, ça  n'en était pas. Pour moi, pour mon cerveau, c'était normal d'agir comme je le faisais. Maintenant qu'il savait ce que j'avais sur le cœur, il était libre de s'en aller. Jamais je ne l'avais retenu. Depuis qu'il était là, il était libre de prendre la décision de s'en aller. Et même si j'étais une Hunter, je n'allais pas le poursuivre. Car il en avait assez bavé dans sa vie. Donc s'il ne trouvait pas le bonheur ici, il pouvait essayer de le trouver ailleurs. Je n'osai pas le regarder. Peut-être que j'avais peur de sa réaction, peut-être que j'avais peur de paraître ridicule à ses yeux. J'entendis un soupire, puis il s'éloigna, juste le temps de récupérer les mouchoirs posés sur la table basse du salon. Il les déposa devant moi. Je le remerciai dans un murmure inaudible avant d'en récupérer un. Lui retourna s'asseoir sur le canapé en enfouissant son visage dans ses mains. Je jetai le mouchoir à la poubelle puis je m'essuyai les mains et le visage avec une lingette spéciale peau sensible, au PH neutre. Meyer se leva à nouveau, prenant son instrument dans la main. Il se posa devant moi, debout.    

"Rejoue l’Ave Maria." Ordonna-t-il.

Un silence.


"S’il te plaît" Ajouta-t-il poliment.



Je le regardai un instant, silencieuse. Il voulait donc partager cette mélodie avec moi. Il était visiblement prêt à m'accompagner au violon. Toujours sans rien dire, je caressai, du bout des doigts, les touches du piano pour commencer à jouer. De son coté, Meyer posa le violon sur son épaule, prêt à jouer. Il confirma ce que je pensais de lui, il jouait très bien. A nouveau, je me perdis dans la mélodie, sans prêter davantage attention à lui. En revanche, mes oreilles, elles, étaient parfaitement ouvertes, écoutant attentivement la moindre note que produisait le violon de Meyer. Je relevai le regarde vers lui, de temps en temps, légèrement déstabilisée par la façon dont il avait de me regarder. Comme s'il me scrutait. Je lui offris tout de même un doux sourire, presque gênée même, avant de fermer à nouveau les yeux pour me concentrer davantage sur la musique. Lorsque la dernière note résonna, je rouvris les yeux, constant que Meyer avait déjà baissé les bras, l'air de regarder ailleurs. Il semblait toujours aussi soucieux. Je me devais, alors, d'essayer de le rassurer encore une fois, au risque de paraître, encore une fois, lourde et collante. Lentement, je me levai pour aller le rejoindre.   

"Pardonnez mon geste, Meyer..." Fis-je, douce et à voix basse.

Je tendis la main vers lui, avant de la glisser derrière sa tête pour l'attirer vers moi, cherchant à la poser délicatement contre mon torse. J'ignorai s'il allait me repousser ou se laisser faire mais, dans tous les cas, je devais faire vite. Parce que bon, je voulais bien être gentille et réconfortante, mais je n'avais qu'une hâte ensuite : Me passer un coup de lingette, en vitesse.


"Merci d'être resté avec moi. Vous savez que vous êtes libre de vous en aller, à tout moment. Je ne vous retiendrez pas. Et malgré le fait que je sois une Hunter, je n'irais pas vous chasser. Vous savez que, si vous n'êtes pas heureux ici, vous pouvez partir. Alors merci d'être resté."
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Ven 3 Mai - 18:50
Sofia se leva discrètement et, d’un pas léger, s’approcha de moi.

- Pardonnez mon geste, Meyer, dit-elle à voix basse.

Quel geste ? L’instant d’après, elle glissa sa main sur ma nuque et me prit dans ses bras. Mais pourquoi se sentait-elle obligée de faire ça ? Elle savait très bien que je n’en avais pas besoin… Pourtant, cette fois, je ne la repoussai pas, comme si quelque chose m’en empêchait. La chaleur qu’elle me procura à ce moment-là, ou son parfum, je ne savais pas. C’était à la fois agréable et embarrassant. Je restai de marbre, les bras le long du corps, incapable de réagir.


- Merci d'être resté avec moi.

Mieux valait qu’elle garde ses remerciements…

- Vous savez que vous êtes libre de vous en aller, à tout moment. Je ne vous retiendrai pas. Et malgré le fait que je sois une Hunter, je n'irai pas vous chasser. Vous savez que, si vous n'êtes pas heureux ici, vous pouvez partir.

Je le savais.

- Alors merci d'être resté.

Je ne dis rien, la laissai reculer et se passer très vite un coup de lingette. Finalement, j'étais content d'avoir pu partager ce moment en musique avec Sofia. Il m’avait fait plus de bien que je le croyais. Mais il ne réglait en rien le problème qui mettait cette barrière entre nous. Devions-nous nous contenter de ça ? Profiter de ce genre d'occasion quand elle se présentait et surmonter, voire survivre, à celles qui mettraient notre relation et nos vies en danger ? Était-ce acceptable ? Je devais prévenir Sofia. Pas pour Meyer mais au moins pour les crises. Encore fallait-il trouver les mots. Alors je réfléchis, longuement, le temps que la jeune femme se désinfecte à fond alors que j’avais pris ma douche hier soir et pas transpiré cette nuit… Enfin bref. Je me libérai les mains en allant déposer le violon et l’archet sur le canapé. Puis j’observai les alentours. Mon regard tomba sur l’escalier qui menait au sous-sol. Un jour, Sofia m’avait demandé si je voulais aménager une des salles qui s’y trouvait en salle de sport. Maintenant que j’y pensais…

- S… si jamais la situation dégénère comme l’autre jour… commençai-je pas très sûr de moi. Y a moyen de… d’avoir un endroit où m’enfermer ? De l’extérieur, précisai-je. Comme ça, j’te ferai pas de mal.

S’il fallait en arriver là pour éviter les catastrophes, j’étais prêt à le faire. Mais je devais être capable de garder le contrôle pour qu'elle m'enferme sans avoir à m’y forcer. Et ça… j’avais peur de ne pas y arriver.

- C’est… à cause de cette chose, poursuivis-je mal à l’aise.

Ils en avaient parlé dans mon dossier au camp, c’était sûr et certain. Inutile de le nier, Sofia savait forcément. Même si ça me faisait mal de penser que mon hybridation, seul héritage de ma mère, était ratée, je ne pouvais pas continuer à la rejeter face à la seule personne qui voulait avoir confiance en moi. Cette aile était dangereuse alors il fallait que Sofia soit préparée à toute éventualité de la voir un jour.


- J’sais pas la contrôler quand elle me sort du dos, expliquai-je. Comme si…

Comment dire ça ?

- Comme si elle avait sa volonté propre… A part.

Je ne trouvais pas d’autres mots. En tout cas, ils pouvaient très bien s’appliquer à Meyer.
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Sofia Ashley
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Lun 6 Mai - 11:38


   


   


   
   
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Soigneusement, je passai ma lingette sur chaque parcelle de peau que Meyer avait touché. Une fois fait, j'allai la jeter dans la poubelle.

"S… si jamais la situation dégénère comme l’autre jour… "débuta-t-il, l'air incertain. Y a moyen de… d’avoir un endroit où m’enfermer ? De l’extérieur. Comme ça, j’te ferai pas de mal."

Qu'est-ce qu'il disait, là... ?Il voulait une pièce où être enfermé le temps de ses crises de nerfs ? C'était fou... Je réalisai, à cet instant, que Meyer était effectivement dangereux. Mais je ne pouvais plus reculer à présent. Je devais l'aider. Je n'allais pas l'abandonner, sinon je ne ferais que briser, réduire en miette, le peu de confiance qu'il avait envers les autres. A jamais. Et là, il serait encore plus dangereux, il pourrait succomber à la colère. Voir pire, en finir. Il y avait la pièce vide au sous-sol, mais elle était vraiment grande...

"C’est… à cause de cette chose" Poursuivit-il, mal à l'aise.

Cette chose ? Il devait parler de son aile, probablement. De ce que j'avais compris, son père était humain et sa mère hybride. C'était donc le seul trait animal qu'il avait prit d'elle. Et le fait qu'il l'évoque en la définissant comme une "chose" montrait qu'il considérait ça comme quelque chose de mauvais, de raté. Il se considérait comme un raté. Alors quoi ? Pourquoi semblait-il se mettre subitement en colère, sans raison apparente ?


" J’sais pas la contrôler quand elle me sort du dos. Comme si..."

S'il n'avait pas l'habitude de ce membre, je pouvais comprendre que, niveau moteur, il avait des soucis. Mais il ne devait surement pas penser à ça. Non, c'était davantage psychologique.

"Comme si elle avait sa volonté propre… A part." Déclara-t-il.

Une volonté à elle... Que voulait-il dire par là ? Ce jour là... Ce "Ta gueule" ne m'était pas destiné. Son aile sortait toujours du coté gauche, une seule et unique aile. Et ce jour là, il avait hurlé en regardant brièvement sur la gauche, comme si... Il lui parlait à elle. Donc il entendant des voix, à cause de son aile ? C'était un cas extrêmement délicat... Ca relevait réellement de la psychologie. S'il entendait des voix qui pouvaient le rendre violent, il fallait consulter, au plus vite. Mais il n'était pas prêt pour ça, il allait refuser et je ne pouvais pas le forcer. Ca devait venir de lui sinon la thérapie n'avait aucun sens. D'ailleurs, se considérait-il seulement lui-même comme étant malade ? Et si son cerveau lui faisait croire qu'entendre des voix était normal ? C'était compliqué...


"D'accord, je vois. On va vous aménager la pièce au sous-sol, d'accord ?" Fis-je en m'approchant d'un pas, main tendue vers lui comme pour l'inviter à me suivre.

Je m'installai ensuite sur la chaise de mon bureau, ouvrant une page internet. J'avais une idée, déjà, bien précise de ce que je pouvais lui proposer. Une pièce sécurisée, où il ne pourrait pas se blesser lui même, mais où il pourrait évacuer toute sa colère jusqu'à se calmer. Je fis quelques recherches sur internet.


"Je sais que vous n'aimez pas que j'utilise mon argent pour vous, mais cette fois, ça sera nécessaire. J'accepte de vous céder cette pièce mais ça se fera à une condition : Elle doit être totalement sûre."

Il y avait un tas de choses qui pouvaient parfaitement lui aller. Je lui montrai donc plusieurs éléments. Des revêtements pour sols et murs en mousse, un peu comme un tatami. Des mannequins d'entraînements en mousse, des sacs de frappes, des matelas de chute... Bref, tout ce qu'il fallait pour se défouler. Là, le but, c'était de lu faire comprendre que je voulais avancer, lui proposer des solutions rapides. Pas le questionner au sujet de son aile, de chercher à comprendre, de le noyer sous les questions qui pouvaient le mettre mal à l'aise. Tout ça, avec le temps, j'allais le comprendre moi même. Là, il fallait juste qu'on avance. C'était ça, ce que je voulais qu'il voit. Et puis merde, j'avais les moyens, l'argent ne manquait pas, je pouvais m'acheter une salle sport entière rien que pour lui si je le voulais. Alors mon argent, si ça pouvait l'aider lui aussi, j'étais heureuse de pouvoir m'en servir.
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Mar 7 Mai - 11:33
Sofia sembla très songeuse en réalisant mes mots. Forcément, l’hybride qui vivait sous son toit lui demandait d’aménager une salle pour l’enfermer en cas de violence. Ce n’était pas rassurant du tout et je l’imaginais déjà calculer tout un tas de choses pour arriver à la meilleure solution. Peut-être que, depuis le temps, elle avait d’autres projets pour la salle et devait à présent tout repenser.

- D’accord, dit-elle au bout d’un petit moment de réflexion. On va vous aménager la pièce au sous-sol.

Elle tendit la main dans ma direction pour m’inviter à la suivre derrière son bureau. Ce que je fis en me tenant à une distance raisonnable. Elle se connecta sur Internet sur son ordinateur et entama quelques recherches.

- Je sais que vous n’aimez pas que j’utilise mon argent pour vous, mais cette fois, ça sera nécessaire.

Je hochai la tête, d’accord avec elle même si je n’aimais pas cette idée. J’en avais fait moi-même la demande alors maintenant, je supposais que je n’avais plus tellement mon mot à dire.

- J’accepte de vous céder cette pièce mais ça se fera à une condition : elle doit être totalement sûre.

Nouveau hochement de tête. Elle me montra divers revêtements épais pour les murs, ainsi que des mannequins d’entraînement, des sacs de frappe, des matelas de chute… De quoi me dépenser sans me blesser. Attends, non ! Ce n’était pas ce que je voulais ! Pas autant… J’ouvris la bouche mais elle poursuivit ses recherches en commentant les articles qui lui paraissaient intéressants. En cinq minutes, la somme monstrueuse que représentait le calcul de tout cela accumulé me donna le vertige. Je devais l’empêcher de faire une connerie.

- L… les revêtements de mur, OK, dis-je alors qu’elle levait un visage souriant vers moi pour avoir enfin mon avis.

Et encore, ils n’allaient pas durer selon l’acharnement dont je ferais preuve pour tenter de sortir…


- Mais j’ai pas besoin du reste.

Son sourire glissa légèrement et elle parut déconfite.

- Vraiment, j’en ai pas besoin, insistai-je mal à l’aise. Si tu veux dépenser ton argent dans des trucs plus utiles, mets-le dans de l’isolation… et une porte et un verrou bien solides.

Les mannequins, les sacs et tout le matériel qu’elle voulait me procurer ne serviraient absolument à rien et ne garantiraient pas ma sécurité. Je les détruirais et elle devrait les remplacer à chaque fois. Au final, elle allait perdre beaucoup d’argent pour rien. Je lui conseillai donc de s’orienter plutôt vers une peinture de sol anti taches – ou facilement nettoyable – et une évacuation centrale. Je lui parlai aussi d’un rangement, meuble ou encastré dans un mur, peu importait, scellé également et qui contiendrait au moins de quoi m’administrer les premiers soins en fin de crise. Son haussement de sourcils me rappela à quel point elle ignorait tout de ces fameuses crises. Je détournai le regard, gêné, et reculai pour m’adosser à l’armoire qui se trouvait derrière moi.

- Elle sort pas toujours, expliquai-je en me grattant automatiquement l’épaule gauche. Et quand ça arrive, elle finit par… mourir. J’sais pas pourquoi et j’sais pas non plus s’ils ont fait des recherches à ce propos au camp.

A mon avis, ils ne s’étaient pas donné cette peine. Mais j’avais ma petite idée sur la durée de vie de l’aile quand elle se trouvait à l’air libre. Cela dépendait tout simplement de mon état de santé. Si j’avais bien mangé et me sentais reposé, elle pouvait résister beaucoup plus longtemps. Mais comme j’étais plutôt mal nourri et constamment épuisé quand je résidais au camp, elle ne tenait, en général, pas plus de vingt-quatre heures, ce qui était déjà beaucoup.
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Sofia Ashley
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Mer 15 Mai - 23:51


   


   


   
   
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Bon... J'avais tout mis dans mon panier. Il y avait largement de quoi refaire la pièce entière, neuve. Encore fallait-il quelqu'un pour me l'installer rapidement... Je n'avais pas envie de faire attendre Meyer, il avait visiblement grand besoin de cette salle pour s'isoler, ce que je pouvais comprendre. J'allais devoir faire appel à l'un de mes contacts, en espérant qu'il soit disponible. Je m'apprêtai à payer, entrant mes coordonnées bancaires. Je tournai rapidement le visage vers Meyer en souriant, comme pour voir s'il était d'accord avec tout ça.

"L… les revêtements de mur, OK"

Super ! Au moins il était d'accord avec moi.

"Mais j’ai pas besoin du reste." lança-t-il.

Ah... Mon sourire s'effaça aussitôt. Dans ce cas, que fallait-il installer dans cette pièce ?


"Vraiment, j’en ai pas besoin. Insista-t-il Si tu veux dépenser ton argent dans des trucs plus utiles, mets-le dans de l’isolation… et une porte et un verrou bien solides."

D'accord... Dit comme ça, ça ressemblait davantage à un isoloir. Ca me mettait un peu mal à l'aise de l'imaginer là dedans du coup. Une pièce entièrement vide, recouverte de mousse et d'une porte à verrou. Il enchaîna en me précisant que la salle serait plus efficace avec un sol qui pourrait se nettoyer facilement, une évacuation centrale et, enfin, une armoire fermée dans laquelle on pourrait y trouver de quoi le soigner après une crise. J'haussai un sourcil, regardant Meyer, l'air interrogative. J'allais avoir besoin d'explication, car actuellement, je ne comprenais pas très bien. Il détourna le regard, l'air gêné puis s'adossa à l'armoire juste derrière lui.

"Elle sort pas toujours Expliqua-t-il.Et quand ça arrive, elle finit par… mourir. J’sais pas pourquoi et j’sais pas non plus s’ils ont fait des recherches à ce propos au camp."

Le dossier n'indiquait rien, les gardes et médecins du camp en avaient un peu rien à faire des hybrides. Donc si je comprenais bien, l'aile sortait de son dos. Donc logiquement, il devait avoir des cicatrices au niveau de l'omoplate gauche. Ca devait lui faire mal et... il y avait probablement du sang, ce qui expliquait pourquoi il voulait une évacuation centrale et une trousse de soin dans l'armoire. Il fallait, un jour, se pencher sur son cas, voir auprès d'un médecin pourquoi son aile réagissait ainsi, si ça avait un lien avec son état de santé mental. Bref, pour l'heure, je retirai du panier les articles que je n'avais pas besoin et, à la place, je rajoutai ce qu'il m'avait demandé. Je vérifiai ma commande, puis je procédai au paiement. Tout allait venir dans la semaine, c'était rapide, heureusement.

"Je ne vais pas vous mentir, Meyer, mais tout ça m'inquiète vraiment. J'ai l'impression de devoir vous installer un isoloir ... Vous avez déjà songé à consulter un médecin ? Je peux vous en trouver, si vous me le demandez.

Je marquai une courte pause, quand mon téléphone se mit à sonner. En regardant l'écran, je constatai qu'il s'agissait simplement de la confirmation de ma commande. Je revins donc sur Meyer.

"Mais je ne vais pas vous forcer. C'est à vous de décider."

Je me levai après avoir éteint l'écran de mon ordinateur. Je me dirigeai vers la cuisine pour préparer une infusion d'hibiscus. C'était idéal pour calmer mes douleurs menstruelles. Depuis la cuisine, concentrée sur ma préparation, je cherchais à en savoir davantage sur cette aile.

"Ca vous dérange si on parle de cette aile ? J'ai du mal à m'imaginer comment elle peut sortir du dos. Elle grandit une fois dehors ? Elle est petite ? Au bout de combien de temps elle disparaît ?"

L'eau était en train de bouillir. Je récupérai ma bouilloire en inox - c'était plus facile à nettoyer- avant de remplir une tasse et d'y déposer mon infusion. Je récupérai cette dernière puis j'allais m'installer sur le canapé, invitant Meyer à venir s'asseoir à coté de moi.
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Constantine Meyer
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Jeu 16 Mai - 14:14
Sofia retira les articles inutiles et les remplaça par ceux que je venais de lui conseiller. Après avoir vérifié sa commande, elle paya et confirma.

- Je ne vais pas vous mentir, Meyer, mais tout ça m'inquiète vraiment, avoua-t-elle. J'ai l'impression de devoir vous installer un isoloir.

Ce n’était pas une impression. Mais il le fallait. Pour ma sécurité et pour la sienne. Elle demanda si j’avais déjà pensé à consulter un médecin, et qu’elle pouvait m’en trouver un si je le désirais. Pensé, oui. Consulté, non. Pas dans un état convenable en tout cas. Le jour où l’on m’enferma dans la cellule trop étroite alors que j’étais en pleine mutation, je crus frôler la mort. Je ne me rappelais pas vraiment de ce qu’il s’était passé, ayant perdu plusieurs fois connaissance. Mais à mon réveil, l’aile n’était plus là et on m’avait soigné. Après ça, retour en entraînement sans plus d’informations.

- Mais je ne vais pas vous forcer, me rassura Sofia. C'est à vous de décider.

Je ne savais pas vraiment quoi faire. Je n’étais pas normal. Je n’avais jamais entendu de cas similaire au mien. Si un médecin m’auscultait, que dirait-il ? Et surtout, que pourrait-il faire ? Qu’y avait-il à faire contre cette aile incontrôlable qui surgissait à n’importe quel moment ? Ça me faisait un peu peur. Indécis, je gardai le silence. Sofia éteignit son ordinateur et se leva pour se diriger vers la cuisine. Je restai à ma place, pensif. Bientôt, un parfum flotta jusqu’à mes narines. Il me faisait penser à une fleur mais je ne savais dire laquelle.

- Ça vous dérange si on parle de cette aile ? questionna Sofia concentrée sur la préparation d’une infusion. J'ai du mal à m'imaginer comment elle peut sortir du dos. Elle grandit une fois dehors ? Elle est petite ? Au bout de combien de temps elle disparaît ?

Tellement de curiosité de sa part tout à coup. Mais c’était compréhensible. En me sortant du camp quelques semaines auparavant, elle ne se serait jamais imaginé devoir faire face à un hybride aussi compliqué. Je faisais mon travail, autant comme garde du corps que comme assistant de l’Enquêtrice Consultante. J’étais entraîné au combat et à la survie, je savais me défendre, possédais pas mal de connaissances dues à mon éducation. J’étais bon en tant que musicien, beaucoup moins comme orateur. Mais ça, ce n’était rien comparé à ma condition. C’était l’ombre au tableau. Une ombre énorme qui balayait tout le reste quand elle prenait de l’ampleur. L’odeur de fleur s’intensifia quand Sofia passa non loin avec une tasse pour s’installer sur le canapé. Elle m’invita à la rejoindre, ce que je fis, un peu hésitant. Je m’assis à bonne distance, comme d’habitude, récupérant au passage le violon et l’archet que j’avais laissé là. Baissant les yeux sur l’instrument, je réfléchis à ce que je pouvais dire. Je ne savais pas vraiment comment parler de mon défaut. Personne ne m’avait posé ces questions avant. Mais… ce que Sofia demandait, n’était-ce pas inscrit dans mon dossier ? Peut-être pas. Ou alors, elle voulait entendre mes propres explications.

- M… ma mère était une hybride de type corneille, commençai-je.

Ça posait déjà les bases sur la possible origine de cette aile. Je me disais que j’avais hérité de ce côté hybride. Sauf que cette aile ne ressemblait en rien à celles de ma génitrice, belles et remplies de plumes noires comme la nuit. La mienne était… horrible. Elle ne m’offrait même pas la capacité de voler et elle était dangereuse à cause de ses pointes acérées. Qu’avais-je fait pour ne pas avoir le droit de ressembler à ma mère ? Parfois, dans les moments les plus sombres, je rejetais la faute sur mon père. Je l’accusais de m’avoir condamné par son côté humain. Pourtant, d’autres hybrides s’en sortaient très bien avec les mêmes origines que les miennes. Alors j’abandonnais l’idée, accusais ensuite la famille Inoue qui avait sûrement réussi à me mettre en tête que je n’étais qu’un humain. Ce rejet de mon côté hybride avait certainement conduit à ce que j’étais aujourd’hui. Comment arranger ça à présent ?


- Cette aile… grandit une fois dehors, poursuivis-je sans oser regarder Sofia en face. Il suffit juste de quelques minutes pour faire… j’sais pas… à peu près ma taille.

Je n’y avais pas vraiment fait attention, trop accaparé par la souffrance qu’elle me procurait.

- J’sais pas comment elle sort. Mais c’est douloureux.

Je ne pouvais pas le voir étant donné que c’était dans mon dos. Seules les personnes l’ayant vue directement pouvaient décrire le phénomène. Et je ne savais absolument pas qui était présent à chaque fois que j’avais muté. Mes souvenirs restaient flous.

- Elle finit par faiblir, comme si elle était incapable de survivre hors de moi. Sa durée de vie dépend de mon état de santé.

Je préférais ne pas préciser que depuis mon arrivée ici, je mangeais et dormais beaucoup mieux qu’au camp. Donc il était fort probable que ma prochaine crise me rende beaucoup plus dangereux que d’ordinaire. Que faire ? Je ne pouvais pas vivre éternellement en crevant de faim et de fatigue uniquement dans le but de ralentir la vivacité de l’aile.

« Et le contraire ? » suggéra Meyer qui ne parlait plus depuis un moment.

Comment ça ?


« Continuer sur le bon chemin et apprendre à la contrôler. »

La contrôler… Je n’avais jamais essayé.

« Il est toujours temps de s’y mettre. »

Anxieux, je passai mes doigts le long des cordes du violon, ne sachant quoi ajouter. Comment parvenir à maîtriser une telle chose alors que j’étais déjà incapable de me débarrasser de Meyer ?
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Sofia Ashley
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Lun 20 Mai - 11:44


   


   


   
   
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Je le laissai s'installer à coté de moi. Comme à son habitude, il préféra maintenir une certaine distance entre lui et moi. Comme s'il avait peur d'être trop proche. Il récupéra son instrument dans ses mains et baissa les yeux dessus, l'air songeur. Je lui laissai tout le temps nécessaire pour répondre, s'il le voulait. Je me contentai de siroter mon infusion, sans un seul bruit. Le dossier de Meyer décrivait l'aile comme étant une chose noirâtre et squelettique avec des pics. Mais comme les gens avaient tendance à toujours déformer la réalité, je voulais entendre Meyer m'en parler lui même. Après tout, il était le mieux placé pour ça.

"M… ma mère était une hybride de type corneille" Débuta-t-il.

Ca pouvait sembler étrange mais les corvidés étaient mes oiseaux préférés. J'affectionnai davantage les grands corbeaux, mais les corneilles, plus présentes en ville, étaient tout aussi jolies. Et, même si certains trouvaient leur cri angoissant et sinistre, moi, au contraire, je l'adorais.


"Cette aile… grandit une fois dehors. Il suffit juste de quelques minutes pour faire… j’sais pas… à peu près ma taille."

Il avait toujours les yeux rivés sur son violon, n'osant pas me regarder en face. Il avait visiblement honte de ce qu'il était. J'étais plutôt étonnée par ce qu'il disait. Une aile qui sortait de son corps et qui grandissait en seulement quelques minutes pour être aussi grande que lui ? Quelles explications scientifiques pouvaient-on trouver à ça ? Comme quoi, les hybrides avaient encore bien des mystères pour nous.

"J’sais pas comment elle sort. Mais c’est douloureux" Avoua-t-il.

J'imaginais bien, oui. Elle devait lui déchirer la peau. Rien que d'y penser, j'en avais des frissons.


"Elle finit par faiblir, comme si elle était incapable de survivre hors de moi. Sa durée de vie dépend de mon état de santé."

Ca ne devait pas durer très longtemps au camp, dans ce cas, vu comment les hybrides étaient traités. Alors ça voulait dire que chez moi... C'était encore plus dangereux ? Je déglutis, ayant un peu peur du coup, mais je le camouflai en buvant une gorgée de tisane. Un silence s'installa ensuite. Je terminai ma tasse tandis que Meyer, lui caressait les cordes de son violon, l'air songeur.

"J'aurais vraiment aimé connaître votre mère. Les corneilles sont des oiseaux si jolis. Elle devait l'être, elle aussi."

Je pinçai doucement mes lèvres, un peu timide, pour le coup...

"Parce que vous êtes plutôt mignon, vous aussi..."

Je posai ma tasse sur la table basse, sur mon dessous de verre, en le regardant avec un petit sourire aux lèvres. En tout cas, j'étais contente de voir qu'il avait accepté de parler de ça avec moi. Mais de ce que je pouvais voir, cette situation le faisait souffrir. Le pire dans tout ça, je me sentais inutile, incapable de l'aider. Tout ce que je pouvais faire, c'était de l'emmener voir un spécialiste, le meilleur si c'était nécessaire. J'avais les moyens, à mes yeux ça ne représentait rien, mais encore fallait-il que Meyer soit d'accord. Lentement, je me relevai en récupérant ma tasse pour aller la laver. La voir traîner sur la table ça me mettait un peu mal à l'aise. Je me dirigeai vers la cuisine puis je fis couler l'eau du robinet pour nettoyer la tasse, à plusieurs reprises pour être certaine qu'elle était bien propre.

"On est comme on est, de toute façon. Si on peut y faire quelque chose, alors inutile de se faire du souci, il suffit de faire ce qu'il faut pour arranger la situation. Si on ne rien y faire, alors autant ne pas se soucier et vivre avec."

Je séchai ma tasse pour la ranger à la place qui lui était désignée. Puis j'essuyai mes mains avec une serviette propre avant de retourner m'asseoir à coté de Meyer.

"Même si pour vous, votre aile est un défaut, à coté vous avez des qualités énormes. Vous êtes notamment surdoué dans la musique. Un génie. Et ça, pour moi, ça efface complètement le reste. Je me dis que malgré vos défauts, il y a cet or que vous avez dans les doigts. Alors si vous sentez cette aile vous faire du mal, cette voix vous perturber... Essayer de noyer tout ça dans ce que vous aimez faire. Ca fonctionne un peu pour moi. Si je ne me sens pas bien, je m'installe à mon piano et je joue ce qui me passe par la tête."

J'ignorai si ce que je lui disais pouvait l'aider, mais je ne savais pas quoi faire d'autre. Après tout, il restait maître de ses choix et de ses actions, même si, visiblement, il souffrait d'une maladie mentale.
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Constantine Meyer
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Mar 21 Mai - 14:36
- J’aurais vraiment aimé connaître votre mère, déclara Sofia au bout d’un long moment de silence durant lequel elle terminait tranquillement de boire son infusion.

Moi aussi. Plus longtemps qu’une simple semaine et en état de santé convenable...


- Les corneilles sont des oiseaux si jolis. Elle devait l'être, elle aussi.

Oui, elle l’était, malgré la fatigue et la maladie qui marquaient son visage pâle. Malheureusement, je n’avais pas d’autre souvenir, ne pouvais même pas me l’imaginer dans ses meilleurs jours parce que je ne possédais aucune photo. Les Inoue devaient s’être débarrassé de toute trace d’elle...

- Parce que vous êtes plutôt mignon, vous aussi…

Je la regardai poser sa tasse sur la table basse, sentis mon visage s’enflammer. Un compliment aussi spontané, je ne m’y attendais pas du tout… Gêné, je détournai les yeux, incapable de répondre. En tout cas, si Sofia pensait que je tirais physiquement de ma mère, elle avait tout faux. D’après ma génitrice, je tenais tout de mon père. De lui non plus, je n’avais aucune photo. Et il demeurait encore plus improbable d’en trouver une à Nekai. Je reportai mon attention sur Sofia quand elle se leva pour aller laver sa tasse dans l’évier de la cuisine.

- On est comme on est, de toute façon, finit-elle par dire par dessus le bruit de l’eau qui coulait. Si on peut y faire quelque chose, alors inutile de se faire du souci, il suffit de faire ce qu'il faut pour arranger la situation. Si on ne peut rien y faire, alors autant ne pas se soucier et vivre avec.

Vivre avec… C’était tellement éprouvant. Elle disait ça comme si c’était facile à supporter. Et d’un autre côté, elle essayait sûrement de m’encourager. Ses paroles rejoignaient celles de Meyer. Faire ce qu'il faut, en dehors de me séquestrer le temps d'une crise, ce serait tenter de régler le problème autrement, à savoir maîtriser ce côté hybride sauvage dont j’avais hérité. Sofia me tira de mes pensées en revenant s’asseoir près de moi.

- Même si pour vous, votre aile est un défaut, à coté vous avez des qualités énormes.

A part être doué en musique, je ne voyais pas ce qu’elle avait pu constater à mon sujet. Je ne disais jamais rien et ne montrais que ce que j’avais appris au camp.

- Vous êtes notamment surdoué dans la musique, dit-elle, confirmant mes pensées. Un génie.

A ce point ?

- Et ça, pour moi, ça efface complètement le reste.

Difficile d’être d’accord avec elle…

- Je me dis que malgré vos défauts, il y a cet or que vous avez dans les doigts. Alors si vous sentez cette aile vous faire du mal, cette voix vous perturber... Essayez de noyer tout ça dans ce que vous aimez faire. Ça fonctionne un peu pour moi. Si je ne me sens pas bien, je m'installe à mon piano et je joue ce qui me passe par la tête.

Noyer mes défauts avec mes qualités. Ça demandait un sacré effort mental. Avec un type comme Meyer dans ma tête, je… Attends. Elle avait bien dit « cette voix vous perturber » ? Je ne lui avais pourtant pas parlé de lui. Alors quand… Perturbé, je me creusai la cervelle pour déterminer le moment où je l’avais informée du problème alors que je ne voulais surtout pas en parler. Non, je ne me rappelais pas. Et si… et si elle m’avait entendu parler à voix haute ? A force, je ne m’en rendais même plus compte, ne savais plus si je parlais ou si tout ça se passait uniquement dans ma tête. Je tressaillis de honte en y pensant. Elle devait me prendre pour un être totalement cinglé. Si elle m’avait entendu, qu’avait-elle entendu exactement ? Un peu paniqué, je triturai l’extrémité de l’archet d’un geste nerveux, me forçai à me calmer pour ne pas l’abîmer plus qu’il ne l’était déjà.

- J’y travaille, fut tout ce que je trouvai à répondre à sa suggestion.

Un silence. Je sentais le regard perçant de Sofia sur moi, comme si elle me passait au rayon X. Et c’était gênant. Je devais relancer la conversation, ça devenait trop pesant. Pourtant, rien ne me venait. Je lui aurais bien demandé si elle connaissait quelqu’un qui pouvait restaurer mon violon mais je ne possédais pas encore assez d’argent pour payer les réparations. J’imaginais que ça devait être très cher et je voulais les payer de ma poche, avec l’argent que Sofia me donnait en échange de mes services. Je devais donc attendre encore un peu.
Après le repas de midi, chacun partit vaquer à ses occupations. Je m’absentai de la villa un moment, le temps de faire un tour en ville pour me détendre et faire quelques repérage concernant les magasins de musique et un éventuel luthier. Mais Nekai était immense et je ne pus trouver ce que je cherchais. La prochaine fois, je regarderai sur Internet avant de sortir. Au moins, j’avais pas mal marché et ça m’avait fait du bien. Je retournai à la villa en fin d’après-midi. Sofia était devant son ordinateur, concentrée. Piochant un livre dans sa bibliothèque, je m’affalai sur le canapé pour commencer ma lecture. Depuis que je vivais ici, j’avais lu une bonne partie des ouvrages que la demoiselle possédait. Mon goût pour la lecture semblait croître au fil du temps, ce que j’estimais être une bonne chose. Au moins, je ne passais pas le plus clair de mon temps à m’entraîner jusqu’à épuisement. Je ne lâchai pas le livre jusqu’à l’heure du dîner. Enthousiaste, Sofia me parla de notre prochaine enquête pour la semaine à venir. Je l’écoutai attentivement et en silence, comme d’habitude. Plus tard, nous nous souhaitâmes bonne nuit et chacun gagna sa chambre.
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Jeu 23 Mai - 12:54


   


   


   
   
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J'observai les réactions de Meyer, le moindre geste. C'était devenu une habitude, à cause de mon travail, de passer les gens au scanner. J'avais appris à interpréter les expressions du visage, déterminer si quelqu'un était en train de mentir ou non. Meyer, lui, semblait particulièrement soucieux, il se perdit dans ses pensées. Après quelques secondes, il eut un léger sursaut avant de triturer l'archet du bout des doigts. Sur le coup, je me demandai bien ce qui pouvait le rendre aussi nerveux. J'avais peut-être dit quelque chose qui le mettait terriblement mal à l'aise.

"J’y travaille" Répondit-il simplement.

Un long silence s'installa et je ne parvins pas à décrocher mon regard sur lui. Mon regard se posa ensuite sur son violon, qu'il tenait toujours entre ses mains comme si c'était son bien le plus précieux. Bon, visiblement cette conversation était terminée. Meyer ne voulait rien ajouter d'autre. Inutile d'insister, dans ce cas. Il avait, au moins, fait un petit pas vers moi, il s'était un peu plus ouvert. Je regardai l'horloge un instant. Il était bientôt l'heure de manger. Je me levai donc du canapé pour aller préparer le repas de ce midi, laissant Meyer tranquille, pour le moment.

En début d'après-midi, Meyer décida de sortir. Il ne voulait pas me dire où il voulait aller, prétextant vouloir simplement marcher. De mon coté, je dus m'absenter un moment aussi. On m'avait appelé pour avoir mon avis sur une enquête en cours. Je devais être présente sur le terrain, d'après eux. Deux heures plus tard, de retour chez moi, je m'installai à mon bureau pour rédiger un rapport que je devais envoyer à la police. Ce fut rapidement expédié, au bout d'une heure, je l'envoyai. Meyer n'était toujours pas de retour. Bon, ça me laissait le temps pour lancer une partie. Je mis mon casque sur mes oreilles puis je lançai le jeu. Je n'étais pas spécialement douée, mais je n'étais pas mauvaise non plus, juste ce qu'il fallait. Je n'avais pas vraiment le temps de beaucoup jouer.

Meyer rentra enfin. Toujours concentrée dans ma partie, je lui souhaitai tout de même la bienvenue. Silencieux, il s'installa sur l'un des fauteuils de la bibliothèque pour se plonger dans un livre. A ce rythme, il allait tous les lire. Je devais peut-être en acheter des nouveaux. L'heure du dîner arriva. J'allais préparer ce dernier en laissant Meyer terminer son livre. Installés à table, je lui parlai de l'enquête que nous allions devoir mener la semaine prochaine. La police semblait convaincu par mon rapport et souhaitait que je m'occupe du reste de l'affaire. Meyer semblait beaucoup moins enthousiaste que moi. Il m'écoutait en silence, sans commenter. Je profitai du reste de la soirée pour faire le ménage, dans la cuisine, de fond en comble. Plus tard, nous nous souhaitâmes bonne nuit avant de gagner nos chambres respectives.

Une nuit sans rêves, sans cauchemars. C'était rare. J'ouvris doucement les yeux avant de m'étirer. Un rapide tour dans la salle de bain pour être plus fraîche et je sortis de la chambre. Meyer semblait encore dormir. Je décidai de faire demi-tour pour retourner dans ma chambre et faire quelques étirements. Soudain, j'entendis un énorme bruit, comme un cri et du verre qui se brisait. Je récupérai mon USP et descendis dans le salon, à la hâte. Mais il n'y avait absolument rien. Je sortis d'un instant dans le jardin pour regard les alentours, mais rien. J'entrai à nouveau à l'intérieur. Je voyais une silhouette étrange, dans le salon, assise sur une chaise. Je poussai la porte du hall d'entrée, mon arme pointée vers l'avant. Au moment de franchir le seuil, une explosion de lumière retentit. Aveuglée, je ne voyais plus rien. Seule une voix résonnait dans ma tête, tandis que je sentais un liquide chaud se glisser entre mes orteils et sous mes pieds.


"Tu m'as tué." répéta la voix, sans cesse.

Lorsque je retrouvai l'usage de mes yeux, je vis Roy, la tête à moitié tranchée, qui me fixait en tenant un bébé mort dans les bras. Il me parlait, il me répétait cette phrase, encore et encore. Le sang coulait de sa gorge, comme une cascade. Et derrière, sur le mur, écrit au sang, toujours cette même phrase : "La curiosité est un vilain défaut". Puis tout se troubla autour de moi, comme un tremblement de terre. Un son strident retentit, mon cœur s'emballa.

J'ouvris les yeux, en sursaut. Assise sur mon lit, en sueur et tremblante, je regardai l'heure. Trois heure du matin, seulement. A peine eus-je le temps de réaliser que je venais de faire le même cauchemar, je craquai me mis à pleurer.


"Aris, allume la lumière." Demandai-je d'une voix fébrile.

Aris, c'était le nom de l'Intelligence Artificielle qui me permettait de contrôler ma villa. C'était comme une installation domotique, mais en beaucoup plus poussée. La voix de l'I.A me répondit et alluma la lumière de ma chambre. Encore secouée par ce cauchemar, qui semblait toujours de plus en plus réel, je me levai doucement du lit. Je sortis de ma chambre et, au moment d'atteindre la cage d'escalier, je me sentis terriblement nauséeuse. Je courus aussitôt dans la salle de bain juxtaposée à la chambre d'ami pour aller vomir dans les toilettes. Je tirai la chasse d'eau et me lavai aussitôt les dents. Je sortis de la pièce puis me dirigeai vers les escaliers. Je voulais me rendre dans la cuisine pour boire quelque chose. Mais j'étais si secouée que je ratai une marche. Même en essayant de me rattraper à quelque chose, je dégringolai jusqu'en bas. Étalée au sol, sonnée, ma tête tournai encore. J'étais pâle comme un linge, en sueur et je n'avais pas mon bandeau sur les yeux. Je passai des nuits de plus en plus horribles...  

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Constantine Meyer
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Ven 24 Mai - 12:47
Maintenant que Sofia savait pour le violon, inutile de le cacher plus longtemps. Au lieu de le mettre dans la penderie, je laissai l’étui reposer sur le dessus. Au moins, je n’avais plus à m’embêter à ce sujet. Ce qui me gênait, c’était de demander à Sofia si elle connaissait un bon luthier. Je la voyais déjà sortir le chéquier pour financer les réparations de mon instrument. Mais je refusais qu’elle s’en occupe. J’allais payer avec l’argent qu’elle me donnait en récompense de mon travail pour elle. J’avais déjà du mal à accepter tout ce qu’elle faisait pour moi. Si je pouvais me débrouiller, je le faisais.
En esquissant un geste pour me déshabiller, je me dis que j’avais besoin de prendre l’air une dernière fois avant d’aller me coucher. Je me rendis donc silencieusement sur le toit, muni d’un paquet de cigarettes. J’y restai une bonne heure sans vraiment penser à rien, profitant du silence de la nuit pour me détendre. Il était aux alentours de minuit quand je retournai dans la chambre pour dormir. Même en ayant pas mal marché aujourd’hui, j’eus du mal à trouver le sommeil. Je devais peut-être essayer encore une fois de dormir dans le lit et non par terre… Pourtant, le matelas moelleux ne m’attirait pas plus que ça. En plus, il était vraiment petit et je risquais d’en tomber si je me tournais. J’avais bien plus d’espace sur le tapis. Je finis par m’endormir, ou peut-être somnoler. Un bruit me réveilla vers trois heures. Je reconnus la chasse d’eau de la salle de bain en face, puis l’eau du robinet. Pas d’inquiétude à avoir donc… Enfin… Ce n’était pas la première fois que j’entendais Sofia se lever à cette heure-ci. Au contraire, il me semblait l’entendre cauchemarder pratiquement chaque nuit. Je n’étais pas le seul à avoir le sommeil agité. Mais je me demandais bien pourquoi elle y avait droit, elle aussi.


« Tu lui demandes jamais rien donc forcément, tu peux pas savoir, » dit Meyer après un long bâillement fatigué.

Il avait raison. Peu curieux vis-à-vis de l’existence d’autrui, je n’étais pas habitué à poser des questions. Je ne savais pas réconforter, ni trouver des solutions. Mon manque de confiance en moi sur ce point m’empêchait d’aller vers les autres. Je me disais que je ne saurais qu’écouter et que ça ne servirait pas à grand-chose. Je soupirai, me tournai sur le flanc dans l’intention de me rendormir… jusqu’à ce qu’un autre bruit plus distinct me tire des couvertures. On aurait dit que quelqu’un venait de chuter dans les escaliers. Je me levai et sortis de la chambre. La porte de celle de Sofia était ouverte, ce que je trouvais bizarre car elle demeurait habituellement fermée. Je ne me risquai pas à entrer car c’était toujours interdit. Alors je me dirigeai vers les escaliers. Je vis alors une forme sombre en bas, au sol. La jeune femme n’avait quand même pas dégringolé jusqu’en bas ?


« A mon avis, si. »

Inquiet, je descendis rapidement, sans allumer la lumière. J’y voyais assez et Sofia ne portait pas son bandeau. Étalée par terre, la respiration irrégulière, elle tremblait de tout son corps. Je m’agenouillai près d’elle, posai ma main sur son épaule. Elle était trempée de sueur. Allons bon, si elle était malade, je ne savais absolument pas quoi faire. Mais d’abord, je devais vérifier qu’elle ne s’était rien cassé. Elle avait déjà de la chance de ne pas s’être tordue le cou après une telle chute. A première vue, tous ses membres étaient dans le bon sens, je ne voyais pas de blessure ouverte. C’est quand je commençai à la relever en position assise que je réalisai dans quelle tenue elle était : une nuisette légère dévoilant une bonne partie de ses cuisses et un décolleté plongeant jusqu’au centre de la terre. Gêné, je détournai les yeux, me contentai de regarder ailleurs en la soulevant dans mes bras.

« Elle pèse rien du tout… remarqua Meyer. Elle mange assez tu crois ? »

Comme si tu t'en souciais… Une fois debout, j’hésitai. La ramener dans sa chambre ou la déposer sur le canapé. Même dans cet état, elle était capable de m’engueuler parce que j’avais pénétré dans son antre. Je me dirigeai donc vers le salon et la déposai sur le canapé. Au moins ici, il faisait un peu plus frais qu’en haut. J’allai dans la cuisine pour remplir un grand verre d’eau, rejoignis Sofia qui ne disait toujours rien. Après avoir allumé au moins une lampe qui nous donnait un minimum de lumière, je m’assis près d’elle et lui tendis le verre, tout aussi silencieux.
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Sofia Ashley
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Dim 26 Mai - 18:48


   


   


   
   
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Mon corps me faisait souffrir, j'avais mal. Cette chute aurait pu s'avérer mortelle, je pouvais m'estimer chanceuse de m'en sortir avec, seulement, quelques contusions. Le bruit avait surement réveillé Meyer. Pour ne pas lui causer du soucis, j'essayai de me redresser, à quatre pattes, en vain. Je chutai à nouveau sur le sol, la tête complètement en vrac. J'avais l'impression de revivre, encore et encore, ce cauchemar, même éveillée. J'entendais la voix de Roy dans ma tête comme s'il était juste là, à coté de moi en me lançant des horreurs à la figure. Pourquoi ? Pourquoi j'imaginais mon fiancé me parler ainsi ? Comme s'il me reprochais de ne pas encore avoir trouvé son meurtrier. Peu de temps après, j'entendis Meyer sortir de la chambre pour se précipiter en bas des marches. Il vérifia si je n'avais rien de cassé ou si je n'étais pas blessée. Il m'aida ensuite à m'asseoir, gardant une main dans mon dos pour m'éviter de vaciller. Ma main contre mon front, je n'arrivais pas à prononcer le moindre mot, trop perturbée. Chaque nuit, tout devenait de plus en plus réel. Je me demandais bien sur, un jour, je n'allais plus être capable de discerner le vrai du faux. Si ça arrivait, je pouvais dire adieu à mon travail. Soudain, je sentis Meyer me soulever à la façon d'une mariée. Je n'osai pas poser mes mains sur lui, contre sa peau. Je frissonnai déjà d'horreur rien que de l'imaginer me toucher.

"L... Lingettes..." Soufflai-je du bout des lèvres.

Mais il ne semblait pas m'avoir entendu. Sans un mot, il se dirigea vers le salon pour me déposer sur le canapé. Il s'absenter le temps d'aller me chercher un verre d'eau dans la cuisine. En revenant, il alluma une petite lampe qui nous offrit un petit peu de lumière. Mes yeux pouvaient le supporter, pour le moment. il s'installa à coté de moi et me tendit le verre, toujours aussi silencieux, comme à son habitude. Je regardai un instant le verre puis je le portai à mes lèvres pour boire une petite gorgée. Petit à petit, je semblai revenir entièrement à moi, poussant un faible soupire pour retrouver un rythme de respiration normal.


"Aris ?"

"Oui, Madame Ashley ?" Répondit l'IA depuis l'un des haut-parleurs encastré dans le mur.

"Joue moi de la musique." Ordonnai-je, la voix tremblante.

"Vous semblez malade, Madame Ashley. Dois-je également appeler un médecin ?"

Devant mon silence, Aris se contenta de lancer la musique.


Le morceau débuta, ce qui me permis de me calmer. Je fixai un point, droit devant moi, sans bouger. J'en avais presque oublié Meyer. Sans le regarder, je bus une nouvelle gorgée d'eau, encore sous le choc du cauchemar. Finalement, je terminai le reste du verre d'une traite, avant de le poser sur la table basse, sur le dessous de verre.

"Je suis navrée, Meyer. Je vous voulais pas vous réveiller." déclarai-je, à voix basse.

Je tendis la main pour attraper le paquet de lingettes face à moi pour m'éponger le visage et les bras. Par réflexe, je déposai les lingettes usagées dans les mains de Meyer. C'était toujours lui qui devait s'en débarrasser. Je savais que ça l’agaçait, mais c'était comme ça. C'était idiot de devoir toucher des lingettes sales alors qu'on venait de se nettoyer. C'était comme réutiliser un mouchoir sale pour se moucher le nez, impensable.


"D'ordinaire, je sais gérer mes mauvaises nuits, cependant... Ce n'était jamais si violent."

Je déglutis, n'osant pas trop en dire davantage. Meyer avait tout de l'homme renfermé qui ne se souciait pas vraiment des autres. Quelque part, j'avais peut-être besoin de parler à quelqu'un. Une personne autre que mon psychologue ou qu'une Intelligence Artificielle. Mais comme Meyer ne m'avait jamais posé de question sur moi, je me disais simplement que ça ne l'intéressait pas. Après tout, il avait déjà ses problèmes à lui...Légèrement recroquevillée sur moi, je restai silencieuse, les lèvres pincées.  
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Constantine Meyer
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Lun 27 Mai - 13:36
Elle le prit d’un geste mal assuré et but un peu. L’instant d’après, elle appela Aris. C’était l’intelligence artificielle qui contrôlait toute la maison. Nous pouvions entendre sa voix dans chaque pièce grâce aux hauts-parleurs positionnés stratégiquement. Je ne m’étais jamais adressé à Aris. En fait, je n’en avais pas besoin et trouvais ça bizarre de parler à un type qui n’existait pas.

« C’est l’hôpital qui se fout de la charité là. »

Oui mais toi, tu es dans ma tête, c’est pas pareil.

« Mouais... » fit-il apparemment peu convaincu.

Sofia demanda à Aris de lui jouer de la musique. Il s’exécuta. Un air de violon emplit le salon, accompagné d’un peu de piano. J’écoutai un moment, trouvant le morceau très apaisant. La demoiselle devait vraiment en avoir besoin.


- Je suis navrée, Meyer.

Je la regardai. Elle avait terminé son verre d’eau.

- Je ne voulais pas vous réveiller.

Je haussai les épaules. Peu importait, ce n’était pas la première fois que l’on me tirait de mon sommeil. Et puis demain, c’était dimanche. Visiblement embarrassée, Sofia attrapa le paquet de lingettes qui se trouvait sur la table basse et s’épongea le visage et les bras. Elle me mit ensuite les lingettes dans les mains. J’évitai de soupirer. Elle faisait toujours ça. Impossible de la laisser jeter ses lingettes elle-même, il fallait que je le fasse. C’était agaçant mais je ne disais rien. A quoi bon ?

- D'ordinaire, je sais gérer mes mauvaises nuits, déclara-t-elle d’une voix un peu enrouée. Cependant... ce n'était jamais si violent.

C’était bien un cauchemar alors. Pour le coup, je la comprenais. Quoi que, depuis que je vivais dans cette maison, mon cauchemar habituel semblait refaire beaucoup moins surface. Et tant mieux.

« A croire que tu te plais ici, finalement. »

Peut-être bien. En tout cas, ça m’arrangeait. Au moins, je passais de meilleures nuits et demeurais plus en forme pour les entraînements et pour travailler aux côtés de Sofia. Recroquevillée sur le canapé, la jeune femme restait silencieuse, attendant sûrement que je réponde. Je ne savais pas trop quoi lui dire. J’ignorais moi-même comment traiter ce genre de problème. En plus, je ne savais pas de quoi elle rêvait.

« Ben demande-lui. »

Ça va pas non ? C’était personnel.

« Et alors ? Elle te pose bien des questions, elle. Pourquoi t’aurais pas le droit ? J’suis sûr qu’elle attend que ça. »

Je regardai le verre d’eau à présent vide, puis la lampe, puis Sofia, hésitant. J’allais peut-être l’offenser… Mais je ne pouvais pas le savoir sans tenter. Gêné, j’allai d’abord jeter les lingettes. Je retournai ensuite m’asseoir sur le canapé, à demi tourné vers elle.

- De quoi tu rêves ?

Je regrettai immédiatement d’avoir posé une question aussi directe. Alors j’ajoutai, un peu maladroitement :

- Moi… je vois mes parents se faire assassiner sous mes yeux. Par ma propre famille.

Ça, je n’en étais pas vraiment sûr car je ne voyais jamais leur visage dans mon cauchemar. Mais comme la scène se déroulait dans leur cave, j’imaginais qu’il s’agissait des Inoue.
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Sofia Ashley
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Lun 3 Juin - 11:52


   


   


   
   
La musique adoucit les mœurs


   
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La musique adoucit les mœurs 63471710
Concentrée sur la musique, j'essayai de chasser ce cauchemar qui hantait encore mon esprit. Même éveillée, j'entendais l'explosion de lumière, mes cris. Les voix, les sons. Parfois, quand j'étais vraiment fatiguée, j'entendais des sons dans la villa, Roy qui criait de douleur, un bébé qui pleurait. Des hallucinations auditives que mon psychiatre n'arrivait pas encore à expliquer. Pour lui, c'était surement lié à mon traitement. Des effets secondaires. C'était vraiment une vaste blague. Devoir avaler des médicaments pour éviter de me foutre en l'air mais qui, en contre-partie, me faisait davantage souffrir. Prisonnière des ténèbres. Privée de lumière, je devais rester enfermé dans l’obscurité, mes yeux incapables de voir la clarté. Seule, dans le noir, les ténèbres. Je m'y enfonçais toujours plus, chaque jour. Et puis, trop faible pour lutter contre ce chagrin, un jour, peut-être, j'allais succomber. Et pourtant, je n'avais pas le droit de me montrer faible. Car d'autres comptaient sur moi pour apporter la lumière dans les zones d'ombres. Lever le voile obscure pour pointer du doigt un coupable. Un indice capitale. Réparer la vie des autres tandis que ma mienne fissurait toujours plus. Toujours plus. Toujours plus. Une fissure qui, un jour, deviendra un fossé qu'il me sera impossible de franchir pour atteindre l'autre coté, plus joyeux. Si un jour, quelqu'un voulait savoir ce que c'était, que ce perdre, voilà ce qu'il pourrait ressentir.

«Les ténèbres arrivent. Ca aspire la vie, en a envie - comme une meute de loups en chasse. Les ténèbres ne négocient pas. Ca ne raisonne pas. C'est pourri. Et maintenant, il s'est installé, il se répandra vers la tête, le siège de l'âme, jusqu'à ce qu'il ne reste plus rien d'elle. Toute sa souffrance n'aura servi à rien. C'est juste une question de temps.»

j'ouvris les yeux. Les sons avaient disparus, enfin. Meyer se leva pour aller jeter la lingette avant de revenir vers moi. Il se tourna lentement dans ma direction. Mes yeux fixaient toujours le sol, mon esprit devenant plus clair, petit à petit.


"De quoi tu rêves ?" Demanda-t-il.

C'était la première fois qu'il s'intéressait à moi. A ce que je ressentais. Moi qui pensais qu'il en avait rien à faire de moi.


"Moi… je vois mes parents se faire assassiner sous mes yeux. Par ma propre famille." Ajouta-t-il maladroitement.

Lui aussi faisait des cauchemars. Lui aussi, il voyait des proches mourir. Nerveuse, je triturai ma bague de fiançailles qui ne me quittait jamais. Que je n'osais pas enlever, comme si l'âme de Roy s'y trouvait encore. Le docteur m'avait recommandé à maintes reprises de la retirer, de tourner la page. Mais si je faisais ça, c'était comme si je le tuais une seconde fois.


"Une phrase. Écrite au mur avec du sang. Chaque jour, j'ai beau frotter comme une acharnée, récurer de toute mes forces. Quand je le regarde, je peux encore la lire. Je suis encore capable de la réécrire exactement de la même manière, trait pour trait, goutte par goutte, telle qu'elle l'était. Une phrase qui m'accuse : La curiosité est un vilain défaut. Un doigt qui me pointe, qui transperce mon cœur. Un doigt qui me juge coupable."

C'était terriblement dur de parler, j'avais l'impression de devoir fournir des efforts énormes pour le faire. Essoufflée, je continuai.

"J'ai beau résoudre toutes les enquêtes... Celle-ci, je n'y arrive pas. J'avais un fiancé. Je m'étais juré de ne jamais l'impliquer dans mon travail. De l'exposer. Pourtant, un jour, je lui avais parlé d'une enquête. Il tenait à m'aider, mais je lui avais dit que c'était dangereux. Quelques jours plus tard, alors que l'enquête touchait au but... Je..."

Je m'interrompis, déglutis, prise de nausées. Je fermai les yeux, un instant, détournant légèrement le visage. Une mèche de cheveux passant devant, venant me caresser la joue.

"Je rentrais chez moi. Aris n'avait rien signalé d'anormal. En entrant dans le salon, j'entendis un déclic. Comme si une bombe allait sauter. Là, une énorme explosion de lumière, tellement de lumière. Trop. Le temps de recouvrer ma vue... Il était là. Ils l'ont... Roy était assis sur la chaise, il me fixait, la bouche ouverte. Mais... Il n'était déjà plus. Le sang coulait encore de sa gorge. Et derrière, cette phrase, sur le mur. J'étais enceinte, à cette époque. Je l'ai perdu, les médecins ont dit que je ne pouvais plus le garder, sinon j'allais mourir. Le choc était trop grand pour Hughes."

Je me courbai davantage comme si un poids énorme pesait sur mes épaules. Impossible à soutenir.

"Chaque nuit, sans exception, je rêve de ce passage là. De Roy qui tient mon bébé dans ses bras, la gorge ouverte et dégoulinante de sang. Bébé qui pleure, mais qui est sans vie. Ils m'accusent de les avoir tué. Ils m'accusent. Comme une coupable. Ils m'en veulent car je n'arrive pas à trouver celui qui a fait ça. Ils sont pas en paix. A cause moi." Conclus dans un murmure, épuisée.
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Mar 4 Juin - 13:55
Je n’étais pas non plus vraiment sûr que ma tentative réussisse. Sofia triturait ses doigts, ou plus exactement la bague qu’elle portait à l’annulaire gauche. Et un long silence s’installa entre nous. Peut-être préférait-elle que je la laisse tranquille...

- Une phrase.

J’étais prêt à me lever pour retourner me coucher. Mais ses mots m’empêchèrent de bouger. J’attendis, sans la quitter des yeux. Rivés sur ses mains, les siens ne cillaient pas.

- Écrite au mur avec du sang, ajouta-t-elle doucement. Chaque jour, j'ai beau frotter comme une acharnée, récurer de toutes mes forces. Quand je le regarde, je peux encore la lire. Je suis encore capable de la réécrire exactement de la même manière, trait pour trait, goutte par goutte, telle qu'elle l'était. Une phrase qui m'accuse : « La curiosité est un vilain défaut ». Un doigt qui me pointe, qui transperce mon cœur. Un doigt qui me juge coupable.

Je fronçai les sourcils. Je ne comprenais pas ce qu’elle racontait. Pourquoi cette phrase écrite au sang sur un mur ? Et pourquoi ce sentiment de culpabilité ?

- J'ai beau résoudre toutes les enquêtes… Celle-ci, je n'y arrive pas, avoua-t-elle déconfite.

J’avais ma petite idée sur la nature de cette fameuse enquête. Mais je ne dis rien de peur de supposer quelque chose de faux.


- J'avais un fiancé. Je m'étais jurée de ne jamais l'impliquer dans mon travail. De l'exposer. Pourtant, un jour, je lui ai parlé d'une enquête. Il tenait à m'aider, mais je lui ai dit que c'était dangereux. Quelques jours plus tard, alors que l'enquête touchait au but… Je…

Elle se tut, peinant à parler à cause des sanglots qu’elle semblait retenir. L’air de musique se poursuivait, prenait des tons mélancoliques comme s’ils résonnaient avec l’humeur de la jeune femme. Au bout d’un moment, elle détourna le visage. Automatiquement, je baissai les yeux. Elle paraissait vouloir se confier tout en éprouvant une extrême difficulté à le faire. Je ne voulais pas l’embarrasser davantage. Alors j’estimais déjà préférable d’éviter de la dévisager. Chez les Inoue comme au camp d’entraînement, on m’avait sans cesse répété de ne pas regarder mes supérieurs dans les yeux pour montrer ma soumission, ce que je n’avais absolument pas respecté, juste pour les emmerder. Mais du coup, j’en avais pris l’habitude. Avec Sofia, la situation demeurait souvent gênante, tendue, surtout quand elle me demandait de parler de moi ou que je faisais quelque chose qui ne lui plaisait pas. Alors j’avais du mal à la regarder en face. Elle était bien la seule personne à me déstabiliser autant… Mais là, c’était à son tour de se révéler. Conséquemment, mon intérêt pour elle grandissait, de façon positive bien sûr. En l’observant, je voulais comprendre le moindre de ses mouvements vis-à-vis de ses mots.

- Je rentrais chez moi, continua-t-elle finalement. Aris n'avait rien signalé d'anormal.

Il y avait donc réellement quelque chose d’anormal. Elle expliqua qu’en entrant dans le salon, elle entendit un déclic, comme si une bombe allait sauter. Puis beaucoup de lumière l’aveugla. Elle recouvrit la vue, puis...

- Roy était assis sur la chaise.

Roy… Ce devait être son fiancé.

- Il me fixait, la bouche ouverte. Mais… Il n'était déjà plus. Le sang coulait encore de sa gorge. Et derrière, cette phrase, sur le mur.

Il s’était fait assassiner pour avoir mis le nez dans des affaires qui ne le concernaient visiblement pas.

- J'étais enceinte, à cette époque. Je l'ai perdu, les médecins ont dit que je ne pouvais plus le garder, sinon j'allais mourir. Le choc était trop grand pour Hughes.

Voilà pourquoi cette chambre d’enfant – celle du petit Hughes – demeurait toujours intacte, et pourquoi elle la perturbait autant. Sur le coup, je me dis que c’était peut-être pour cette raison que je n’arrivais pas à dormir dans le lit, outre le fait qu’il soit trop petit et moelleux pour moi. Je ne me pensais pas empathique, pas consciemment en tout cas. Je ne savais pas trop quoi en penser.

- Chaque nuit, sans exception, je rêve de ce passage-là, poursuivit Sofia en tremblant. De Roy qui tient mon bébé dans ses bras, la gorge ouverte et dégoulinante de sang. Bébé qui pleure mais qui est sans vie. Ils m'accusent de les avoir tués. Ils m'accusent. Comme une coupable. Ils m'en veulent car je n'arrive pas à trouver celui qui a fait ça. Ils sont pas en paix. A cause moi.

Ses derniers mots furent à peine audibles. La musique choisit ce moment-là pour s’arrêter. Très embarrassant, surtout que je ne savais absolument pas quoi dire. A côté, mon cas n’était pas si grave. Après tout, j’avais perdu mes parents. Si personne ni aucune maladie ne les avait tués, ils auraient fini par mourir à un moment. Et je les aurais suivi quelques années après. Mais les enfants n’étaient pas censés partir avant leurs parents. En plus, Sofia n’avait même pas eu le temps de connaître le sien… C’était d’autant plus triste et frustrant. Quels mots employer face à un tel discours ? Moi qui n’avais pas l’habitude de parler de sujet plus futiles… Je me rendis également compte que ça faisait au moins une bonne minute que je retenais ma respiration. Je repris doucement mon souffle, appuyai mes coudes sur mes cuisses et joignis nerveusement les mains. Je n’avais pas de solution pour Sofia, de même que je n’en avais pas pour moi. Maîtriser ses cauchemars, c’était quelque chose de compliqué, surtout lorsqu’ils étaient issus d’événements traumatisants. Récents qui plus est. D’ailleurs, à propos de ces événements, une question me titillait l’esprit à présent. Cependant, elle risquait de mettre Sofia en colère. Je tentai quand même. Maintenant qu’elle m’avait tout raconté, autant en savoir plus.

- Cette enquête… que vous faisiez, toi et Roy, commençai-je avec hésitation.

Je laissai un court silence planer, réfléchissant bien à mes mots.


- Tu vas la reprendre ?

J’imaginais déjà un « non » catégorique parce que cette enquête l’avait traumatisée. Mais la terminer une bonne fois pour toutes ne lui apporterait-il pas la paix qu’elle recherchait depuis le drame ?
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Mer 5 Juin - 1:15


   


   


   
   
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La musique adoucit les mœurs 63471710
«Plus elle regardait loin dans les ténèbres, plus elle devait lutter pour y voir clair»

Je parlais à Meyer sans vraiment m'adresser à lui. Je parlais, mais c'était comme s'il n'était pas là. Je ne voyais pas ses réactions, au fur et à mesure de mon récit. En dehors du psychiatre, il était le seul à connaître cette histoire. Le seul qui l'avait entendu de ma bouche. Personne ne connaissait ce passage de ma vie. Il était caché, mon ombre, dans mes ténèbres. Si Meyer, lui, semblait écouter une voix dans sa tête qui lui parlait directement... Moi c'était un tas de voix qui résonnait dans la villa. Je savais que c'était irréel, pourtant elles étaient bien là. Voilà pourquoi j'avais besoin de musique. Tout disparaissait grâce à la musique. Hélas, le morceau toucha à sa fin, en même temps que mon histoire. Un silence lourd et pesant s'installa entre Meyer et moi. Il ne savait pas quoi me dire. Car il n'y avait rien à dire. Car lui ne pouvait rien faire. C'était mon combat, à moi. A moi seule. Personne ne pouvait m'aider. Poser un pied dans mes ténèbres c'était s'exposer à la mort. Ca, je l'avais bien compris.

Au bout d'une minute, j'entendis Meyer souffler, doucement. L'ombre sur le sol m'indiqua qu'il appuya ses coudes sur ses cuisses avant de joindre les mains. C'était un geste nerveux. Il semblait un peu perdu, comme si ce genre de situation lui était trop inconnu, qu'il n'avait pas l'habitude d'entendre quelqu'un se confier à lui. En même temps, qui irait se confier à un hybride dont le seul but était de combattre ? Personne, à part une paumée. Entre paumés, de toute façon, on se comprenait. J'avais envie de chialer. De pleurer. De me lâcher. Mais la tristesse était si mélangée avec la haine et la colère que rien ne sortait. Tout restait bloqué en moi, je gardais tout. Tout ça, j'aurais pu l'éviter. Au lieu de céder à Roy, j'aurais dû, simplement, lui dire non. Lui dire de rester en dehors de mon travail. Là... Il serait avec moi. Hughes en train de jouer sur le tapis, juste à mes pieds. Et Meyer serait mort. Le destin avait donc décidé que pour garder Meyer en vie, je devais perdre ma famille. Car sinon, il aurait fini une balle dans la nuque. Je ne serais jamais allée le chercher au camp.

Je m'évadai.

Le destin c'était des conneries. Tout n'était que succession d'événements qui en créaient d'autres. Un cycle sans fin d'événements, de coïncidences, de fraction de seconde qui changeait une vie. Si je n'avais pas fait tomber mon verre ce matin. Je n'aurais pas perdu dix minutes à nettoyer le sol. Qui sait ce qu'il se serait passé si j'étais partie à l'heure ? Un accident mortel, peut être. Peut-être que grâce à ce retard de dix minutes, j'avais évitée le pire. Jamais je ne le saurais. Tout n'était que coïncidences, probabilités et hasard. Si... Si... Si... Si le conditionnel était malléable à souhait, la vie de chacun serait bien meilleure. Mais la force des choses faisait, qu'au final, nous n'étions que des êtres impuissants face à la réalité. Subir et rester debout. Ou alors s'écraser et se perdre dans la noirceur du regret. Et moi, dans tout ça... Où est-ce que j'étais ? Debout ou couchée ?


"Cette enquête… que vous faisiez, toi et Roy..."

Je sortis de mes pensées, tournant légèrement la tête vers Meyer pour lui montrer que je l'écoutais. Mais je ne le regardais toujours pas. Il hésitait. Un court silence. Il choisissait ses mots car la situation était délicate pour lui.

"Tu vas la reprendre ?"

Cette sensation pénible que le monde s'arrêtait de tourner. Que le temps ralentissait, passait plus lentement tandis que notre cerveau carburait à fond. Puis cette horrible pression sur les épaules, si forte, si lourde, qu'elle nous courbait le dos, nous forçant à la soumission. Un fardeau. Ce sifflement dans les oreilles, comme l'eau d'une bouilloire qui chauffait trop. La vision qui se troublait. Où, littéralement, on voyait rouge. Rouge de colère. Je réalisai à peine, dans la seconde qui suivit, que la table basse venait de se fracasser contre ma télévision. Elle tomba au sol, se brisant. Mon cerveau venait de lâcher. J'étais assez rationnelle pour m'en rendre compte. Je savais que je venais de craquer et que le reste n'allait être que violence et mots regrettés. Pourtant, mon cerveau m'ordonnait de tout détruire. Le souffle court, crispée, je lançai un regard noir à Meyer. Je ne devais pas être trop méchante avec lui. J'étais assez rationnelle pour le savoir. Pourtant... La force des choses faisait que...

"Ose encore prétendre une seule fois que j'ai abandonné... "

Je tremblai. Je me tournai pour le fixer. Je devais avoir un regard de folle. Bonne à enfermer. Je voyais littéralement rouge.

"Ose encore une seule fois, sous mon toit, me dire que j'ai abandonné ma famille et je ferais de ta vie un cauchemar bien pire que tout c'que t'as vécu jusqu'à aujourd'hui."

Je tremblai encore. Je devais arrêter de parler. Il ne méritait pas ces mots. Aussitôt dit, aussitôt regretté. Mais trop tard. Incapable de me calmer, de m'excuser. La colère avait pris le dessus sur la tristesse.

"Il ne se passe pas un jour sans que j'y pense ! Je fais tout c'que j'peux pour arriver au bout ! La police a classé l'affaire sans suite ! Aucun indice, aucune preuve, ils ont tout calculé pour me toucher ! J'ai été évincé de la police, l'enquête m'a été retiré car ça devait personnel ! T'es capable de comprendre ça, Meyer !? Je dois me débrouiller seule pour trouver qui à fait ça !

Je ne parlais plus. J'hurlais. Aris me demanda si j'allais bien. Je lui ordonnais sèchement de la fermer. Folle de colère, je me dirigeai vers ce foutu mur, au milieu du salon, juste derrière la table à manger. Je trébuchai, me prenant mes pieds dans le tapis. Me redressai rapidement fixer le mur. La phrase n'était plus là. Pourtant, je la voyais clairement. Goutte par goutte. Lettre par lettre. Aussi clair que ce jour là. Chaque détail calligraphique. Tout. La taille, la couleur, l'odeur, l'endroit exacte où elle se trouvait. Comme si elle était toujours là. Une chaise tomba entre mes mains. J'hurlai à nouveau avant de la jeter contre le mur. Le bois se fracassa. La phrase était toujours là. Alors, impuissante, soumise, je faisais ce que tout animal faisait quand il ne pouvait rien faire d'autre à part grogner, aboyait, feuler. J'hurlai.

"Je cherche ! Je cherche et je cherche ! Je me repasse la séquence en boucle dans ma tête, matin midi et nuit ! Le moindre détail que j'aurais pu oublier, la moindre tâche suspect, le moindre et microscopique indice qui pourrait m'aider. Mais rien ! Ils n'ont rien laissés ! Ils savaient à quel point je suis maniaque ! Que j'aurais remarqué le moindre changement !"

Une autre chaise vint s'écraser contre le mur. Au final, si je ne voulais plus voir cette foutue phrase, il fallait simplement détruire ce mur.

"Clic, boum ! Clic, boum ! La lumière, le sang, le corps ! Je me repasse tout dans la tête, TOUT ! Encore, encore, encore et encore et encore ! Encore et encore ! Mais rien !"

Essoufflée, encore, je fis volte-face pour fixer Meyer et le pointer du doigt

"Plus jamais, Constantine Meyer, tu n'oseras dire que j'ai abandonné !"

Puis le flou. Dans un dernier geste de colère, j'attrapai une troisième chaise pour la claquer contre le mur. Mais cette fois, une main m'en empêcha. C'était Meyer. Je n'avais pas la force de lutter, mes jambes ne pouvait plus soutenir mon poids. Je m'effondrai au sol, mais toujours consciente. La main en avant pour m'éviter de me cogner la tête, je restai assise, essayant de contrôler ma respiration pour me calmer. J'étais tellement désolée, Meyer... S'il s'avait à quel point j'étais désolée...

"Désolée..." Soufflai-je doucement
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Mer 5 Juin - 13:59
Certainement. Toutefois, sa réaction fut très différente de celle que j’imaginais. Il y eut comme un arrêt sur image puis la table basse vola jusqu’à la télévision. J’eus droit à un regard rempli de colère.

« Euh… J’crois que t’aurais dû fermer ta gueule, » dit Meyer aussi surpris que moi.

- Ose encore prétendre une seule fois que j'ai abandonné… siffla Sofia d’un ton qui lui donnait l’air d’être possédée par quelqu’un d’autre. Ose encore une seule fois, sous mon toit, me dire que j'ai abandonné ma famille, et je ferai de ta vie un cauchemar bien pire que tout c'que t'as vécu jusqu'à aujourd'hui.

Ah. Effectivement, j’aurais dû me taire. Ses menaces tutoyées ne m’effrayaient pas plus que ça – car vivre pire que les journées au camp, pour moi ça n’existait pas – mais en la voyant dans un tel état de faiblesse quelques secondes auparavant, je croyais qu’elle se sentait incapable de reprendre l’enquête.

« Tu la sous estimes en fait. »

Il avait raison. Mais comment aurais-je pu le deviner ? Jusqu’à maintenant, elle ne m’en avait touché aucun mot, quelle que soit l’enquête dont nous nous occupions. Si aucune d’elles n’avait de rapport avec celle qui concernait Roy et Hughes, quand est-ce qu’elle s’en occupait ?

« J’en sais rien, et peut-être qu’elle n’a pas envie que tu t’en mêles. »

Possible.

- Il ne se passe pas un jour sans que j'y pense ! s’écria-t-elle furieuse. Je fais tout c'que j'peux pour arriver au bout ! La police a classé l'affaire sans suite ! Aucun indice, aucune preuve, ils ont tout calculé pour me toucher ! J'ai été évincée de la police, l'enquête m'a été retirée car ça devenait personnel ! T'es capable de comprendre ça, Meyer ? Je dois me débrouiller seule pour trouver qui a fait ça !

Bien sûr que j’étais capable de le comprendre ! Elle me prenait pour qui ?

« Pour un type qui s’en fout royalement de la vie de celle qui a sauvé la sienne ? suggéra Meyer sur le ton de l’évidence. Désolé de dire ça comme ça mais c’est l’impression que tu donnes. »

Et merde, mais non ! Je ne voulais pas ça ! Aris demanda à Sofia si elle allait bien. Elle l’envoya se faire voir et s’éloigna du canapé. Elle se prit les pieds dans le tapis, trébucha, se releva et se dirigea vers le buffet. Allons bon, elle allait s’attaquer aux meubles maintenant ? Non. Finalement, elle s’arrêta devant le mur à côté de la porte-fenêtre et le fixa comme si elle y voyait quelque chose d’inscrit. Ce devait être à cet endroit que les assassins de Roy avaient laissé leur message. Je sursautai quand la jeune femme poussa un hurlement et attrapa une chaise pour la fracasser contre le mur. Je me levai d’un bond… mais restai planté où j’étais. Que faire ? Elle semblait incontrôlable.

- Je cherche ! Je cherche et je cherche ! s’égosillait-elle. Je me repasse la séquence en boucle dans ma tête, matin midi et nuit ! Le moindre détail que j'aurais pu oublier, la moindre tache suspecte, le moindre et microscopique indice qui pourrait m'aider. Mais rien ! Ils n'ont rien laissé ! Ils savaient à quel point je suis maniaque ! Que j'aurais remarqué le moindre changement !

Une autre chaise rencontra le mur, des débris de bois volèrent dans tous les sens. Je devais faire quelque chose. Quand elle se serait calmée, elle regretterait les dégâts. Il lui faudrait racheter un set de chaises complet parce qu’il en manquait deux. Incertain, je m’approchai d’un pas, me figeai quand elle fit volte-face pour me pointer d’un doigt accusateur.

- Plus jamais, Constantine Meyer, tu n'oseras dire que j'ai abandonné !

Un désagréable frisson me parcourut un entendant mon prénom sortir de sa bouche. Mais je l’oubliai rapidement en voyant Sofia se saisir d’une troisième chaise. Vivement, je réduis la distance qui nous séparait pour attraper la chaise d’une main et le poignet de la demoiselle de l’autre. Je m’attendais à ce qu’elle me repousse mais pas à ce que ses jambes fléchissent pour se laisser tomber assise par terre.

- Désolée… murmura-t-elle à bout de forces.

Je ne dis rien et remis la chaise à sa place. Ensuite, je me tournai vers la jeune femme, restai debout face à elle. Je jetai un coup d’œil au mur. Il portait quelques traces dues aux impacts de chaise. Demain, elle appellerait sûrement quelqu’un pour réparer ça. Un silence pesant s’installa entre nous. Je me sentais plutôt mal. Meyer avait raison, je n’exprimais pas assez de reconnaissance envers celle qui m’avait tiré des griffes de la mort au camp. Et maintenant, elle craquait complètement. En plus, elle s’excusait. Elle n’avait pas à le faire. Après tout, de quoi était-elle désolée ? De s’être emportée ? Je n’étais pas à une engueulade près… D’habitude, c’était toujours moi qui m’énervais à la moindre contrariété.


« Tu te laisses un peu trop aller, si tu veux mon avis. »

Ton avis, je m’en cogne.

« N’empêche que j’ai raison. »

Je serrai les dents pour m’éviter de jurer à voix haute. Là, comme si mon corps réagissait tout seul, je posai un genou à terre, et le poing contre le sol. Comme au camp, lorsque l’on m’avait demandé de me montrer soumis à elle si je voulais vivre. Parce que c’était comme ça : je lui devais la vie. Et il m’arrivait de l’oublier. Même si elle insistait sur le fait qu’ici j’étais libre, que c’était « notre » maison, je lui restais inférieur. Elle avait payé pour acheter ma vie. A partir de ce moment-là, je lui appartenais, devais même m’estimer heureux d’être tombé sur quelqu’un comme elle. Ma fierté en prenait un coup, j’avais du mal à m’y faire mais tant pis. C’était comme ça et pas autrement. Je ne ferais jamais assez pour lui rendre la pareille. Ce que je pouvais faire, en revanche…

- Laisse-moi participer à cette enquête.

Je baissai la tête, les yeux rivés sur un morceau de bois qui se trouvait entre nous. Si je l’assistais, comme pour les autres, peut-être trouverions-nous un moyen de la faire avancer, même un peu. Si nous réussissions à la résoudre, ça ne ramènerait pas son fiancé et son enfant à la vie, ça ne vaudrait jamais ce que je lui devais. Mais ça lui permettrait enfin de poursuivre sa vie sans ce fardeau. Il fallait qu’elle s’en débarrasse, elle ne pouvait pas continuer à vivre de cette façon.

« Ça y est, t’as décidé de te soucier d’elle ? »

Je ne répondis pas, restai concentré sur ce que je disais.

- Laisse-moi t’aider…

Elle allait me dire que c’était dangereux. Je m’en fichais totalement.

- S’il te plaît, insistai-je sans bouger.
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