Utsukushi Neko Sekai
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randonnée pédestre (feat Naiche)

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Kuma Kashikoi
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Lun 14 Mai - 19:08

Petite randonnée pédestre

- Tais-toi.

- J’ai rien dit !

- Tu le penses trop fort. Et puis arrête de me regarder comme ça.

- Non mais je pense JUSTE, croassa le corbeau en volant face à Kuma, que si tu avais pas reluqué la fille du chef de manière aussi appuyé devant son père, on y serait encore.

- JE SAIS TRÈS BIEN ! s’énerva Kuma. Je sais très bien à quoi tu penses ! C’est pas comme si tu l’avais pas dit vingt fois !

- Et c’est pas comme si je t’avais pas PRÉVENU vingt fois, rétorqua l’oiseau, moqueur.

- J’ai faim, couina tristement le petit singe en sortant la tête de son sac et en tirant doucement les cheveux de son ami.

Le petit animal fendit le cœur de l’hybride. Celui-ci était de toute façon très fatigué et las de la situation actuelle ; Il avait besoin de se poser un instant.

- OK, OK, on fait une pause. Hebi, tu veux descendre ?

Le reptile louvoya sans un mot depuis le cou de Kuma jusqu’au sol, puis disparût dans le champ voisin.

- Je crois qu’il fait la tête, ironisa Karasu, sarcastique.

- Sans blague.

Kuma s’installa en soupirant sur un gros rocher face à lui, avant de retirer son barda dont sortit Saru.

- Il reste quoi, là dedans ? Dit-il en fouillant le dit sac.

- Quelques fruits secs, un peu de viande séchée, une moitié de pain rond, deux gourdes d’eau, énuméra le Sapajou en grignotant une noix.

Kuma soupira à nouveau.

- On va vite devoir se réinstaller quelque part pour faire des réserves. J’espère que vous êtes pas trop rouillé les gars.

A ces mots, le serpent sortit des épis de blé, une souris dans la gueule.

- ‘a te ‘uffit ? Dit-il d’un ton provocateur, la bouche pleine.

- Super, Hebi… répondit l’intéressé en levant les yeux au ciel.

Il sortit quelques noix de plus qu’il mit à disposition de Saru et Karasu, but un peu d’eau et entama une tranche de viande. Le goût salé ne lui faisait plus rien tant son palais y était habitué.

Alors que tout le monde mastiquait, Kuma fit le point sur la situation. Tout le monde était plus ou moins fatigués, et surtout remonté contre lui. Il assumait l’entière responsabilité de l’erreur qui les avait amené à être chassés de chez leurs précédents hôtes.

Quel dommage tout de même. Ils avaient passés quatre à cinq lunes dans une tribu d’hybride pacifiste, vivant en nomades sur les monts isolés à l’Ouest d’ici. Ils avaient été recueilli, et plus ou moins intégré à la grande famille, leur permettant d’oublier ces longues années d’errance et les horreurs qu’ils avaient vu en chemin.

- ça fait combien de temps qu’on a quitté la forêt ? Demanda-t-il à la cantonade.

- Cinq ou six hivers, je crois.

- Et la dernière fois qu’on y est retourné ?

- Deux.

Un papillon passa à côté de lui. Il l’attrapa et l’avala, presque machinalement. Son goût de noisette, aux notes florales, lui rappela les Printemps là-bas. Son pays lui manquait. Mais il avait une tâche à accomplir. Finalement, leur départ précipité leur permettra peut-être de se recentrer sur leur objectif.

Ceci-dit, le visage de la fille du chef l’emplit de douce nostalgie et d’une pointe de culpabilité. C’était une magnifique hybride-Louve, aux oreilles dressées, au regard émeraude malicieux et au rire éclatant. Des formes généreuses, des crocs saillants, des pattes fines…

- A quoi tu penses ? S’enquit Karasu, soupçonneux.

- Euh… à rien, à rien. Répondit hasardeusement l’hybride. Enfin, je pense à ce qu’on va faire… après, maintenant que… enfin, tu vois.

- Mmh, fit l’oiseau, peu convaincu, avant de retourner à ses noisettes.

Un second papillon passa que Kuma captura. Il ne le mangea pas ce coup-ci, mais l’approcha de sa botte gauche, alors que ce dernier s’égosillait de terreur.

- Désolé mon vieux, fallait pas voler trop près.

Un scorpion jaillit soudainement de la dite botte et en un instant, attrapa l’insecte avant de le ramener dans son « terrier » aussi sec.

Kuma se leva, s’étira et regarda autour de lui. Ils avaient marché pendant bien dix jours, et avaient atterris ici, en pleine campagne. S’étendaient à perte de vue des champs blonds ou en complète friche, avec de ci-delà quelques fermes éparses plus ou moins délabrées, des arbres et parfois des bois entiers, dont un de l’autre côté du sentier qu’ils empruntaient.

L’appel de la forêt était fort. Il resta planté plusieurs secondes face à la lisière, yeux fermés, humant les délicates odeurs forestières. Mais le bois était bien petit, trop pour en faire un point de bivouac durable. Kuma pouvait presque en deviner l’autre extrémité. S’ils continuaient sur ce chemin, ils allaient sans doute devoir se contenter de quelques petits rongeurs et de graines grappillées dans les champs. Tout en y pensant, il joignit l’acte et l’idée en cassant plusieurs épis de blé qu’il fourra dans sa besace. Ses amis n’allaient certainement pas manquer de nourriture. Le problème était plutôt pour lui. Pour l’eau, les puits ne devaient pas être trop rare avec les fermes présentes un peu partout. Finalement, conclut-il, ils ne s’en tiraient pas si mal. En quittant les montagnes, il avait craint de tomber sur des zones mortes ou pire, une ville d’humain. Il s’était rendu par trois fois dans une de ces gigantesques fourmilières et à chaque fois, il était estomaqué par la cruauté de certains envers les hybrides, mais plus encore par leur prolifération et leur technologie. Il y en a tant. Fort heureusement tous ne sont pas cruels, mais il en existe quand même un certain nombre.
Au fond de lui, il sait que s’il lui faut en apprendre plus sur eux c’est là qu’il doit s’y rendre, mais il ne se sentait pas encore tout à fait remis de son précédent départ. Alors plus il mettra de temps à découvrir la ville qui dépend de toutes ses fermes, mieux ce sera pour lui. Il n’y a plus qu’à croiser les doigts pour ne pas rencontrer d’hunters en chemin.

Avant même de faire part de ces réflexions aux autres, Hebi se dressa soudainement.

- Quelqu’un arrive. Sur le sentier. Seul.

Kuma ne sentait pas le sol vibrer comme son ami, mais une odeur lui parvint effectivement. Sans un mot, les quatre compères se coordonnèrent, le serpent vint se loger sous l’écharpe de l’hybride qu’il remonta tout en haut de son museau, Saru se cacha dans son sac qu’il attrapa et Karasu s’envola pour se percher, caché, dans un arbre du bosquet. Kuma l’y suivit et s’accroupit à la lisière, invisible depuis le sentier. Quand bien même il ressemblait à un humain avec son visage et ses bras cachés, il fallait rester prudent.

L’individu avançait désormais contre le vent et aucune nouvelle odeur ne parvint à l’hybride, mais il finit par apparaître dans leur champ de vision. Il marchait insoucieusement sur le sentier, sifflotant un air inconnu, les mains derrière la nuque.

L’homme était très grand, presque autant que Kuma, mais nettement moins volumineux. Taillé comme un piquet, mais un piquet de compétition ; on devinait aisément qu’il s’entraînait régulièrement. Il était torse nu en effet, exempt d’une cape violette fuyant dans son dos.

Mais ce qui épatait le plus était la couleur de ses cheveux, portés court, d’un vert assez vif tirant presque vers la menthe.

- Alors ? Hybride ou humain ? Siffla Hebi.

- Beeeeh, chais pas. Ça pourrait autant être un humain avec les cheveux teints, mais ça fait quand même très… naturel comme couleur.

- Tu connais des animaux avec un pelage vert clair comme ça ?

- Non, mais tu te rappelles de ce que nous avait dit Niana ? On raconte qu’il existe des hybrides végétaux. S’en est peut-être un !

- Le mieux serait de lui demander, tu crois pas ? Croassa Karassu ironiquement.

- Tiens, pourquoi pas, rétorqua l’hybride en se levant, prit d’une soudaine inspiration.

S’assurant que ses attributs soient bien masqués, alors que Karasu criait « Non, Mais Kuma, non ! », L’ours fit deux pas, se tenant à un arbre à la lisière, et alors que l’individu était à cinq mètres, tout en restant sur le qui-vive il lança de sa voix grave :

- Holà, inconnu ! Humain ou hybride ?

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Mar 15 Mai - 19:46
  • Kuma Kashikoi
  • L'ours polyglotte
Randonnée pédestre
Être une plante, ça a quand même des avantages – surtout quand on doit vivre marginalement. Avec le soleil, on n’a pas beaucoup besoin de manger, on peut boire la pluie, et on peut même rester dehors toute la nuit sans problème, il suffit d’un pot rempli de terre et hop, plus de soucis !
Enfin. C’est sûr qu’il y a aussi quelques petits inconvénients.
Comme par exemple l’air.
On n’y pense pas forcément, mais les plantes, c’est quand même un peu fragile. Et si Naíche n’a pas trop de problèmes, en vivant dans une zone aussi recluse de la ville, la pollution l’atteint quand même. Et dans ces cas-là, rien ne vaut de s’écarter quelques jours de Nekai.

S’il devait être tout à fait honnête, Naíche dirait bien qu’il n’aimait simplement pas rester en ville. Trop d’humains, trop de bruit, trop de haine. Tout était trop contraire à sa nature et à ce qu’il aimait. Après quelques jours à s’arracher les cheveux et à passer sa frustration sur des passants terrorisés dans les allées, le bambou s’est décidé : il devait partir.

C’est ainsi qu’un beau matin, il disparut tout simplement de la ville pour aller se promener dans la campagne. Il ne voulait plus voir la ville, même de loin, il voulait pouvoir hurler à plein poumons sans que personne ne vienne le faire chier, il voulait pouvoir respirer à pleins poumons, ressentir le bon air, se retrouver seul avec les autres végétaux. Et pourquoi pas, au passage, en profiter pour se concentrer un peu sur sa chlorophylle et redonner un peu de couleur à ses cheveux, qui finissent par ternir dans un aussi mauvais environnement.

Naíche marchait donc. Il n’avait pas pris de sac, de nourriture, rien ; s’il avait vraiment faim ou soif, il n’aurait qu’à se planter dans un coin fertile et attendre quelques heures. Sinon, il profitait de ce qui l’entourait. Des champs à perte de vue, la ville qui disparaissait au loin… la journée était exactement comme il l’avait souhaité. Comme la nuit tombait, il s’installa dans un coin et s’allongea contre un gros arbre. Il faisait assez chaud pour qu’il n’ait pas à se planter et ne pas sentir le froid. Une des nuits les plus agréables qui soient, autrement dit ; allongé sur la mousse, au milieu des arbres, le bruissement des épis d’un champ à quelques mètres de lui, les animaux nocturnes qui s’éveillent pour les étoiles qui pointent au travers de l’éparse frondaison…
Mais ce que Naíche sentait plus qu’autre chose, c’était les plantes. Chaque racine s’étendant sur quelques centimètres ou sur plusieurs mètres ; chaque feuille se reposant après avoir travaillé toute la journée durant ; la sève s’écoulant doucement comme un flot de vie incessant. Les animaux, les hybrides, ils sont vivants, certes ; mais pour le bambou, rien n’est aussi vivant que les végétaux d’une forêt, le réseau infini de connexions qui régit le monde des plantes.

Mais c’est le lendemain que les choses prirent une tournure intéressante.

Quelques fermes apparaissaient à l’horizon, trop loin pour que le bambou s’en soucie. Sa nuit avait été excellente, et il ne voulait pas s’embêter à aller voir si des humains ou des hybrides y habitaient.  Il voulait profiter de son environnement. Sa garde était baissée, il restait tranquille, sans faire nullement attention aux possibles dangers. Après tout, dans le pire des cas, il allait se casser quelque chose en trébuchant et attendrait un jour ou deux que ça passe.
Les mains croisées derrière la nuque, Naíche sifflotait en regardant le ciel. Cela faisait plusieurs heures qu’il marchait, et n’ayant déjà rien mangé la veille, il commençait à vouloir avaler quelque chose d’autre que des rayons de soleil. La faim le tiraillait, mais il ne savait pas spécialement où trouver à manger : après tout, il avait vécu dans un village, puis dans une grande ville où lui suffisait de prendre de l’argent sur des cadavres et enfiler un bonnet pour acheter à manger. Dans la nature ? Tout de suite plus compliqué. Il n’avait pas croisé d’arbre fruitier, et n’avait aucun ustensile pour cuisiner quoi que ce soit avec les champs alentours.

Juste quand Naíche commençait à considérer la possibilité de s’enfoncer dans les bois jusqu’à trouver quelque chose d’appétissant, quitte à ce que ce soit un champignon hallucinogène, une étrange silhouette se dressa face à lui. Tout emmitouflé dans différents vêtements plus ou moins hétéroclites, un homme lui faisait face, apparu de nulle part. Il faisait à peu près sa taille, mais était bien plus large, bien plus massif. On ne voyait pas grand-chose de lui à part qu’il avait un étrange sens de la mode.

Le bambou commençait à se demander ce que lui voulait cet étrange individu. Aucun moyen de déterminer son espèce avec précision ; le fait qu’il se camoufle autant pouvait vouloir dire qu’il était lui-même hybride, tout comme cela pouvait indiquer une tentative malhabile de se faire passer pour l’un d’entre eux.
Otaktay se réveillait doucement en lui. S’il devait se battre, il se battrait. Et il tuerait. Aucun humain n’était à sa hauteur. Surtout pas un humain seul.
Seul ?
Naíche ne sentait aucune autre présence, devant lui, derrière lui, dans les champs ou dans les bois, rien. Pas le moindre mouvement, pas la moindre aura. Ils étaient seuls, c’était certain. Aucun chasseur d’hybride n’aurait tenté d’en capturer un sans l’aide d’un escadron – ou alors, il était vraiment suicidaire. Le jeune homme se détendit immédiatement et commença à sourire.

« Holà, inconnu ! Humain ou hybride ? »

Là, c’était trop. Naíche explosa de rire. « Humain ou hybride » ? Sérieusement ? Aucun chasseur, non, aucun humain n’irait poser ce genre de question. Et seul un énorme naïf sauterait au milieu du chemin pour demander ça à un passant. Cette étrange silhouette n’était définitivement pas humaine, ou alors, elle était vraiment, vraiment stupide.
Après s’être un peu calmé, au bout de quelques secondes, il regarda vers cet étrange personnage avec un énorme sourire.

« Hybride, comme toi ! Tu es nouveau dans le coin, non ? »

Sans véritablement attendre de réponse, il s’avança vers cet autre grand dadais et tendit la main pour la lui serrer.

« Je suis Naíche, et toi ? »
\o/
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Kuma Kashikoi
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Mer 16 Mai - 18:00

Petite randonnée pédestre

- C’est vexant.

- Je t’avais prévenu, répondit Karasu posé sur son épaule, moitié exaspéré, moitié amusé.

Les quatre amis regardaient avec un regard neutre et détaché la personne en face d’eux, tordu de rire depuis une bonne minute. L’individu ne semblait pas être animé de mauvaises intentions, son comportement échappait plus ou moins à Kuma. Pendant une demi-seconde, avant de dire quoi que ce soit, il avait eu l’air de le prendre pour menace, fronçant les yeux, puis le voilà qui se tenait le ventre à force de rire. Kuma levait les yeux au ciel. Pourquoi personne ne le prenait au sérieux dès qu’il se mettait à parler ?

-  Hybride, comme toi ! Tu es nouveau dans le coin, non ? dit l’autre après encore quelques longues secondes de rires. C’était si évident ?

- Je suis Naiche, et toi ?Ajouta-t-il en s’avançant et en tendant la main.

Kuma avait appris avec le temps que ce simple geste devait inspirer la confiance et qu’il était bon de répondre en lui serrant la main pour signifier son amicalité. Un comportement qu’il n’avait jamais pu vraiment approuver : il pouvait cacher ou révéler bien des choses sur la personnalité des gens et beaucoup modelaient grandement leur jugement sur leur interlocuteur à l’issue de cet échange. Mais il assurait au moins l’absence de tout danger immédiat et un précurseur essentiel à une bonne entente entre deux personnes.
Après un instant durant lequel il regarda cet homme aux cheveux verts et au grand sourire, il tendit sa paluche et serra sa main avec force et fermeté.

- Kuma, dit-il, tout en abaissant son écharpe, dévoilant son visage au tiers ours. Tu te moques peut-être, mais un humain aurait pu réagir autrement.

Il ouvrit son sac afin de permettre à Saru de respirer, tandis qu’Hebi fit jouer ses anneaux autour de son cou afin de se mettre plus à l’aise. Quant à Karasu, il se tenait sur son épaule et observait fixement l’étranger.

- Nous sommes de passage dans la région en effet, continua-t-il en caressant la petite tête de Saru qui dépassait de la besace portée en bandoulière. On n’y connaît pas trop la proportion d’humain ni leur comportement. Il y a une ville dans le coin ?

Kuma le regarda droit dans les yeux. Ils étaient d’un beau vert, décidément. Très probablement un hybride végétal donc, bien que ce fût le seul indice à sa disposition.

Karasu se pencha et croassa à son oreille :

- Je crois que je vois un couteau derrière sa cape.

- J’ai vu, t’inquiète, répondit-il sans quitter son interlocuteur des yeux.

L’autre était armé, soit. Ce n’était pas un crime, et certainement une bonne chose pour lui si il vivait au contact d’humains, comme beaucoup d’hybride. De toute façon, il y avait peu de risque de se battre avec lui, il avait l’air amical. Kuma restait tout de même réservé et sur ses gardes, il avait déjà fait trop les frais d’une confiance excessive. Mais si l’hybride vivait dans le coin, voir mieux, proche des hommes, il serait un atout de grande taille.

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Ven 18 Mai - 22:04
  • KUMA KASHIKOI
  • L’OURS POLYGLOTTE
Randonnée pédestre
L’hybride naïf semblait légèrement vexé que Naíche se soit moqué de lui. Alors que le bambou lui tendait la main, l’autre le regardait, presque interloqué. Il finit par lui serrer la main, au soulagement de Naíche qui n’aurait pas trouvé très agréable de devoir garder sa main tendu dans le vide sans la moindre réponse de son interlocuteur.

Et quelle poignée de main ! Pour le coup, c’était sûr et certain que ses gants n’étaient pas rembourrés de mousse : il avait des avant-bras gros comme des cuisses de taureau. Naíche fit de son mieux pour être à la hauteur de cette démonstration de virilité pure, mais il fallait bien l’avouer, la force brute n’était pas son point fort – surtout face à un hybride pareil.

« Kuma. »

Kuma, donc, découvrit son visage jusque-là caché par son écharpe comme si l’on était au beau milieu de l’hiver. Une fois qu’il l’eut fait, ceci dit, Naíche comprit : ses traits n’étaient pas entièrement humains. Sous son écharpe, il dissimulait ce qui ressemblait à un museau plus qu’à un nez. Que pouvait-il bien être ? Un genre de chien ? Non, avec des bras pareils, son animal intérieur devait être encore plus massif… un ours peut-être ? Ou quelque chose du style, en tous cas.

« Tu te moques peut-être, mais un humain aurait pu réagir autrement. »

Naíche hocha la tête. C’est vrai que vu comme ça, c’était pas non plus la plus mauvaise idée du monde. Enfin… si il connaissait un peu les humains, il saurait que non seulement ils ne voyagent pas seul, mais surtout, ils ne s’habillent absolument pas comme ça. Et généralement, ils ne voyagent pas à pied non plus…

L’étrange personnage, qui semblait avoir dormi ces 30 dernières années, fit apparaitre successivement toute une ménagerie d’animaux autour de lui. Des animaux de tous horizons, d’ailleurs : singe, serpent, corbeau, probablement d’autres plus petits étant donné les mouvements légers que Naíche remarquait un peu partout sur le corps de Kuma. Il regarda d’ailleurs ce spectacle avec des yeux ronds, abasourdi par ce qui se déroulait devant lui. L’étrange dresseur continua cependant comme si tout était parfaitement normal :

« Nous sommes de passage dans la région en effet. On n’y connaît pas trop la proportion d’humain ni leur comportement. Il y a une ville dans le coin ? »

Naíche ne savait même pas quoi penser. Il y a une ville dans le coin ? Mais c’est qui, lui ? D’où il sort ? Le demi-bambou ne savait même pas quoi en penser. Un hybride qui n’a même pas conscience de l’existence de Nekai. Wow. Avant même qu’il ne puisse faire un peu d’ordre dans ses pensées, Naíche entendit le corbeau croasser, avant de voir Kuma lui murmurer quelque chose discrètement. Il parle aux animaux ? Nan, c’est pas possible… enfin, vu comment ils agissent autour de lui… Mais c’est qui, lui ? D’où il sort ?

« Mais t’es qui, toi ? D’où tu sors ? Une ville dans le coin… je… wow. » Naíche rit doucement en se frottant le visage d'une main, son sourire s’élargissant encore. « Tu es vraiment… ? Oui, ok, tu es vraiment sérieux. Mais tu viens d’où ? Wow. Bon, heu… à un peu plus d’un jour de marche dans cette direction, il y a la plus grande ville humaine qui existe dans notre monde. Un endroit affreux, pollué, gris, où les humains exhibent les hybrides comme des trophées. Je ne te conseille absolument pas d’y aller, sauf si tu veux devenir un esclave, ou si, comme moi, tu meurs d’envie de casser des humains. »

Les yeux du demi-bambou s’illuminèrent une seconde, ses envies de meurtre s’éveillant l’espace d’un instant. Il ne voulait aucun mal à Kuma, après tout. Ce n’était pas un dresseur, comme il l’avait d’abord pensé : il semblait plutôt vivre en harmonie avec les animaux qui l’entouraient. Aucune hostilité entre eux, pas de laisse, pas de collier, rien qui pourrait indiquer qu’ils lui étaient soumis. Il n’était pas un esclavagiste, et, d’après ce qu’il disait, n’avait absolument pas l’air de vouloir être un esclave non plus. Alors quoi ? Pourquoi cet étrange personnage cherchait à rejoindre une ville ? Qu’espérait-il y trouver, pour lui ou pour ses compagnons ?

Naíche ne voulait pas le voir à la merci d’un humain. Si cet étrange bonhomme décidait d’aller à Nekai, il aurait bien besoin d’alliés.
Peut-être que, pour l’aider, Otaktay devrait se réveiller.
\o/
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Kuma Kashikoi
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Sam 19 Mai - 12:48

Petite randonnée pédestre

Naíche le regarda avec un air surpris et incrédule, comme s’il eu dit une absurdité. Mais bon, ce comportement, Kuma en avait l’habitude désormais ; c’était toujours plus agréable que quelqu’un qui s’étouffe de rire devant lui.

« Mais t’es qui, toi ? D’où tu sors ? Une ville dans le coin… je… wow. » 

Kuma attendit qu’il assimile le fait que Kuma semblait ne pas venir de ce monde (ce qui, en un sens, était vrai) et qu’il continue :

 « Tu es vraiment… ? Oui, ok, tu es vraiment sérieux. Mais tu viens d’où ? Wow. Bon, heu… à un peu plus d’un jour de marche dans cette direction, il y a la plus grande ville humaine qui existe dans notre monde. Un endroit affreux, pollué, gris, où les humains exhibent les hybrides comme des trophées. Je ne te conseille absolument pas d’y aller, sauf si tu veux devenir un esclave, ou si, comme moi, tu meurs d’envie de casser des humains. »

Kuma fronça les sourcils, baissant les yeux sur le côté, comme à la recherche d’ancien souvenir.

- C’est donc partout pareil… marmonna-t-il plus pour lui-même.

Kuma soupira, ennuyé. Les faits allaient toujours contre son envie d’un monde peut-être plus idyllique. Partout où ils allaient, les hybrides parlaient des humains avec une crainte ou une haine prononcée. Et souvent, ses observations confirmaient ce qu’on lui rapportait. Étaient-ils donc bien les monstres qu’on décrivait ?
Kuma se refusait néanmoins à les condamner moralement. Ils avaient également rencontré des hommes bons au cours de leurs pérégrinations, et des hybrides aux actes aussi condamnable que ceux des humains. Certains s’en défendirent, expliquant l’origine de leur haine et de leurs actes barbares, cherchant à la justifier. Cela ne les excusait en rien au regard de Kuma, mais permettait de mieux comprendre leurs agissements, et parfois, d’agir afin de résoudre les mésententes et de rétablir l’équilibre. Et si c’était possible pour des hybrides, cela était peut-être possible pour les humains ?

- Alors ? S’impatienta Karasu.

Kuma sortit de ses pensées et revint au moment présent. Ses amis, ainsi que Naíche, le regardaient fixement.

- Excuse-moi un instant, dit-il à l’hybride, et il entama la conversation avec ses trois compagnons.

Après s’être éloigné, assit et avoir traduit le discours de l’hybride à Hebi et Karasu (le petit singe, quant à lui, maîtrisait déjà de bonnes bases du langage humain et était capable de comprendre les phrases simples), il ajouta :

- Si cet hybride provient de cette ville, il peut peut-être nous aider à y rentrer et à nous cacher. De là, nous pourrions étudier les humains dans ce que leur société fait de plus développé.

Kuma s’inquiétait de la bonne volonté de ses amis à le suivre. Ils étaient encore échaudé de sa grossière erreur dans les monts à l’Ouest, et il leur proposait de l’accompagner dans le milieu le plus traumatisant pour des animaux : la ville.

- On en a déjà visité trois par le passé, fit remarquer Karasu. Tu es bien sûr que nous y découvrirons quelque chose de différent ?

- On nous a déjà décrite une ville comme celle-là, répondit Saru, en croassant comme un corbeau. Une ville immense, la plus grande du monde, d’où que viennent la plupart des humains. Tout les humains même !

- Le portail vers leur monde à eux s’y trouverait, ajouta Kuma. Dans cette ville, ils doivent être le plus… « eux-mêmes ».

- Est-ce bien utile ? Grogna Hebi. Tu l’as entendu. Les hybrides y sont traité en esclave. J’ose même pas imaginer pour les animaux sur quatre pattes ! C’est partout pareil. Je suis las de ce voyage et des horreurs que nous y avons vu. Rentrons et voyons ce que le conseil nous demande de faire ensuite !

- On ne peut pas vraiment se fier à un seul témoignage, contesta Kuma. Et nous avons déjà rencontré des hommes bons et respectueux de l’Équilibre ! Je ne peux pas croire que l’humanité soit fondamentalement mauvaise. Il me faut le voir par moi-même.

- Pfah ! Même face au fait établi, tu continuerais à chercher. Les humains ont perdu leur lien à la nature Kuma. Ils ont peut-être été des pièces du puzzle autrefois, mais maintenant ils risquent juste de le dénaturer.

- Dans ce cas ce n’est pas en rentrant que nous protégerons le puzzle, conclut Kuma. A défaut de sauver l’humanité, trouvons comment sauver la forêt, et si possible, ce monde. Karasu ?

- Oui, acquiesça le volatile. Il semble bien que ce soit la dernière étape de notre long voyage. Ne la bâclons pas sur les dires d’un seul hybride.

- Je croyais que tu ne te sentais pas prêt pour retourner en ville ? s’inquiéta Saru, toujours soucieux du bien-être de son grand ami.

- C’est vrai, mais la venue de ce drôle change la donne, Saru. Nous ne sommes pas seuls face à toute une ville d’humain.

- Peut-on vraiment lui faire confiance, d’ailleurs ? Fit Karasu. Nous ne savons rien de lui.

- Évidemment que non, mais il serait bête de passer à côté de lui. Nous ignorons si une telle opportunité se réitérera. Et puis, il semble vraiment ne pas aimer les humains. Je ne pense pas qu’il puisse nous vendre, ou nous trahir à leur profit. Alors, vous en êtes ?

Le petit animal enlaça son bras dans un geste affectueux, et Karasu frotta sa tête contre la sienne. Ne restait que le serpent, descendu au sol pour la conversation, qui semblait boudeur.

- Hebi ?

- Je vous accompagne où que vous irez, finit-il par dire. Mais quoi que tu dises, cela reste une chasse aux fantômes.

Il sembla soupirer et remonta le  corps de Kuma afin de s’enrouler autour de son cou. Sur le chemin, il mordilla l’oreille de l’hybride, une façon bien à lui de témoigner son amitié (quand bien même son venin allait l’élancer quelques jours bien que Kuma y soit depuis longtemps immunisé).

Voyant que tout le monde était d’accord, il se leva et rejoint l’hybride. Les autres membres de la symbiose, plus petits, ne se manifestaient généralement pas lors de ce genre de décision. Ce qui leur importaient, c’était que Kuma continue à prendre soin d’eux. A leur échelle, il était plus un biotope particulièrement généreux qu’un simple être vivant.

- Désolé pour l’attente, dit-il à son interlocuteur qui avait dû patienter cinq bonnes minutes (Kuma devait vraiment l’intriguer pour qu’il l’attende de la sorte!). Nous devions discuter de la marche à suivre.

Maintenant que les débats internes étaient réglés, Kuma devait se recentrer sur le monde extérieur. Il se concentra et chercha ses mots avec soin. Ils avaient absolument besoin de lui.

- Naíche, c’est ça ? Je dois te paraître bien bizarre avec mes amis, mes questions et mes manières décalées. Le fait est que je viens de très loin, bien plus loin à l’Est, donc oui, je connais très mal ce monde. Et pour une raison que je ne peux te donner, du moins pour le moment, je dois me rendre dans cette ville. C’est Nekaï, n’est-ce pas ? Crois-moi, je ne le fais pas de gaîté de cœur.

Il se racla la gorge, conscient qu’il demandait un dur service à un parfait inconnu sans rien de concret à lui proposer en échange.

- J’aurais besoin de ton aide. tu as l’air de connaître la ville. Mais aussi de la détester. C’est pourquoi je comprendrais parfaitement que tu refuses, mais nous ne pouvons pas y rentrer seuls. Cette ville nous est totalement inconnue, et même nous fondre dans la foule nous est très difficile, comme tu t’en doutes. Ton aide nous serais d’un immense secours.

Il marqua une petite pause, le fixant dans les yeux. Il se doutait qu’il voudrait au moins en savoir plus sur lui, s’il ne se contentait pas de simplement refuser. Mais sans lui, entrer dans la ville sera une épreuve bien plus difficile. Par le passé, ils avaient toujours reçu l’aide de tout un groupe pour entrer dans les villes humaines. Aujourd’hui, ils n’avaient que lui, et la ville promettait d’être la plus imposante qu’ils n’aient jamais croisé. Il croisa les doigts en attendant sa réponse.

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Dim 20 Mai - 16:05
  • KUMA KASHIKOI
  • L’OURS POLYGLOTTE
Randonnée pédestre
Kuma semblait très perturbé parce que Naíche lui avait dit. Il semblait presque découragé d’entendre que les humains étaient les monstres qu’ils étaient. Une bande de profiteurs qui ont décidé de détruire des cultures entières et de réduire un peuple en esclavage simplement en profitant d’une situation défavorable aux hybrides. Les humains étaient faibles. Il fallait leur montrer à quel point ils l’étaient. Ils ne méritaient aucune pitié.

Le corbeau de Kuma croassa à son oreille, et il sembla reprendre pied dans la réalité, sortant du plus profond de son esprit. Cela faisait un petit moment qu’il était plongé dans une réflexion interne qui semblait vraiment intense. Il demanda à Naíche de l’excuser avant de s’écarter de quelques mètres et de se tourner vers ses animaux, avec qui il avait l’air de discuter très sérieusement. Au point où il en était, Naíche ne se posait plus vraiment de questions.

Le demi-bambou regarda autour de lui. Des champs d’un côté, une forêt de l’autre. Un chemin vers Nekaï, l’autre vers les étranges contrées dont venait Kuma. Des contrées sans humains… des contrées libres. Est-ce qu’il en existait seulement encore ? Pouvait-on simplement fuir les humains ? Naíche en doutait. Ils s’installaient partout, colonisaient aussi loin qu’ils le pouvaient. Il ne pouvait pas simplement fuir comme l’avait fait son clan. Peut-être que le village des bambous était encore inconnu aux humains, mais ça ne pourrait pas durer éternellement ; un jour, la forêt serait rasée, ou cartographiée, et ce n’est pas les quelques habitants du village qui feront le poids face à une véritable armée de hunters. Cela faisait plusieurs années que Naíche était parti, maintenant. Il se demandait si sa famille était encore en vie, encore libre. Il n’avait croisé aucun autre bambou en ville, mais qui sait ?

La plupart des hybrides avait peur des humains. Peur de leurs armes, de leur nombre, de la passivité des autres hybrides. La plupart n’osait pas agir pour sauver leur espèce. Pourtant, il suffirait d’une rébellion pour se débarrasser définitivement des humains dans ce monde. Ils avaient des armes, c’est vrai ; mais rien n’empêchait les hybrides de leur voler et de les repousser avec leurs propres méthodes. Et entre un sniper caméléon presque invisible, un rhinocéros presque indestructible armé d’une arme lourde en première ligne, ou même un oiseau équipé d’un lance-grenades, les humains n’auraient aucune chance.

Un violent gargouillement de son ventre sortit Naíche de sa réflexion. Il mourrait de faim. Bon, c’est vrai qu’il aurait pu prévoir quelque chose à manger avant de partir, mais bon… il n’imaginait pas que trouver à manger dans la nature était si difficile ! La dernière fois qu’il avait cherché sa nourriture dehors, c’était son ultime fugue qui a fini par le faire expulser. Là, il avait trouvé des baies, des petits animaux… il s’était débrouillé. Bon, il avait aussi volé de la nourriture humaine, mais tout de même ! Et maintenant… il n’avait même pas croisé de ruisseau sur le chemin, et il commençait à avoir très sérieusement soif. Au final, il aurait peut-être dû se planter dans la forêt, au lieu de dormir allongé sur un arbre. Kuma avait l’air de voyager depuis longtemps ; peut-être qu’il savait comment chasser ?

Justement, en parlant du… enfin, de l’ours ? L’hybride revint vers Naíche en lui affirmant qu’il avait dû s’entretenir avec ses compagnons. Il avait des amis imaginaires, il entendait des voix, ou il arrivait vraiment à communiquer avec les animaux qu’il transportait ? En tous cas, le demi-bambou était vraiment intrigué par cet étrange voyageur.

« Naíche, c’est ça ? Je dois te paraître bien bizarre avec mes amis, mes questions et mes manières décalées. Le fait est que je viens de très loin, bien plus loin à l’Est, donc oui, je connais très mal ce monde. Et pour une raison que je ne peux te donner, du moins pour le moment, je dois me rendre dans cette ville. C’est Nekaï, n’est-ce pas ? Crois-moi, je ne le fais pas de gaîté de cœur. J’aurais besoin de ton aide. Tu as l’air de connaître la ville. Mais aussi de la détester. C’est pourquoi je comprendrais parfaitement que tu refuses, mais nous ne pouvons pas y rentrer seuls. Cette ville nous est totalement inconnue, et même nous fondre dans la foule nous est très difficile, comme tu t’en doutes. Ton aide nous serait d’un immense secours. »

« Mon aide, hein… »

Naíche réfléchit un court instant. Kuma avait l’air sérieux dans ce qu’il lui disait ; il avait déjà entendu parler de Nekaï, et semblait avoir un étrange passif avec les humains. Pourquoi choisir d’y aller, alors ? De toute évidence, il n’était pas non plus un grand fan de l’humanité. Mais ce n’est pas non plus en se promenant seul au milieu des routes et en se jetant devant tous ceux qui approchaient qu’il serait vraiment en sécurité… Le demi-bambou repensa à sa poignée de main. Solide. Forte. Puissante, même. Kuma savait se défendre, c’était évident. Il était aisément capable de prendre soin de lui-même, il n’avait pas l’air effrayé à l’idée de confronter ces monstres d’humains.

« Tu as raison, Kuma. Je déteste Nekaï. Cet endroit ruine ma santé, je le trouve hideux, je déteste tout ce qu’il représente, je déteste ses habitants, je déteste la faiblesse des hybrides qui se laissent transformer en esclave par une espèce clairement inférieure. Mais c’est vrai, j’habite là-bas. Et je pense qu’il est de mon devoir de protéger les hybrides de la cruauté des humains. »

Il marqua une pause. Otaktay sentait sa rage se réveiller en lui à la simple idée des humains se sentant chez eux et dans leur droit dans un monde qui n’était pas le leur. Il ferma les yeux et inspira profondément avant de reprendre :

« Tu as l’air déterminé à vouloir entrer dans la ville. Je ne pense pas que je serais capable de te dissuader d’y aller, et si tu entrais tranquillement par la grande porte, et bien… c’est sûr et certain que tu ne tiendrais pas dix minutes, aussi fort que tu puisses être. Je veux bien t’accompagner jusqu’à la ville et t’y faire entrer, je suis même prêt à t’apprendre à y survivre, comment trouver ton chemin, comment éviter de te faire attraper, bref : je veux bien te dire tout ce que je sais. Je pense que ce serait injuste de ne pas aider quelqu’un comme toi… disons que tu me fais un peu penser à moi, il y a quelques années. Et même si tu es un peu… et bien, bizarre, il faut le dire, et bah je t’aime bien ! »

Un puissant bruit s’éleva de l’estomac de Naíche comme pour marquer son discours. Il fit une légère grimace en se tenant le ventre avant de continuer.

« Ah, et, justement… il y a bien une chose pour laquelle tu pourrais m’aider, le temps qu’on arrive en ville… tu vois ce que je veux dire ? »
\o/
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Kuma Kashikoi
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Dim 20 Mai - 17:40

Petite randonnée pédestre


Naíche faisait vraiment une drôle de tête quand il parlait d’humain. Il pourrait presque faire peur, même. Un rictus déformait son visage, ses muscles se contractaient, et une veine battait sur sa nuque.

- Tu as raison, Kuma. Je déteste Nekaï. Cet endroit ruine ma santé, je le trouve hideux, je déteste tout ce qu’il représente, je déteste ses habitants, je déteste la faiblesse des hybrides qui se laissent transformer en esclave par une espèce clairement inférieure. Mais c’est vrai, j’habite là-bas. Et je pense qu’il est de mon devoir de protéger les hybrides de la cruauté des humains.  

Tu as l’air déterminé à vouloir entrer dans la ville. Je ne pense pas que je serais capable de te dissuader d’y aller, et si tu entrais tranquillement par la grande porte, et bien… c’est sûr et certain que tu ne tiendrais pas dix minutes, aussi fort que tu puisses être. Je veux bien t’accompagner jusqu’à la ville et t’y faire entrer, je suis même prêt à t’apprendre à y survivre, comment trouver ton chemin, comment éviter de te faire attraper, bref : je veux bien te dire tout ce que je sais. Je pense que ce serait injuste de ne pas aider quelqu’un comme toi… disons que tu me fais un peu penser à moi, il y a quelques années. Et même si tu es un peu… et bien, bizarre, il faut le dire, et bah je t’aime bien !

Wow… et ben, ça aurait été plus simple que prévu. Kuma hocha lentement la tête, ravi de l’avoir si vite convaincu. En plus l’autre avait vraiment l’air de savoir se débrouiller en ville, même s’il détestait ça. Kuma était curieux de voir comment il esquivait les humains pour vivre sous leur nez.

Un grognement sourd fît se contracter Hebi de peur si fort que Kuma faillit se faire étrangler.

- Il faut vraiment que tu arrives à déstresser de temps à temps.

- Je baisse jamais la garde, s’énerva le serpent. Et puis c’était quoi ce bruit ?

-  Ah, et, justement… dit Naíche en se tenant le ventre. Il y a bien une chose pour laquelle tu pourrais m’aider, le temps qu’on arrive en ville… tu vois ce que je veux dire ?


Que… Le bruit là, c’était son ventre ?

Woh, il devait sérieusement mourir de faim.

- Tiens, avale déjà ça, lui dit Kuma en lui lançant le reste de pain et une gourde d’eau. Si on est à moins de deux jours de marche, Il me restera encore de quoi faire si on se serre la ceinture. Mais t’inquiète, on va te nourrir convenablement, on va essayer de choper un truc ou deux. Karasu ?

- Je pars en reconnaissance.

L’oiseau s’envola immédiatement. Karasu n’était pas un rapace, mais les corvidés ont une vue honorable et le corbeau s’était maintes fois entraîné et était maintenant très efficace pour repérer des proies de loin.

Kuma avisa les champs de Blé devant lui. A en juger par leur belle couleur doré, on devait être au début ou au milieu de l’Eté. Peut-être pourraient-ils trouver des groseilles, des merises, peut-être même des mûres ou des myrtilles avec un peu de chance. Il y avait quelques bouleaux non loin, en faisant frire les petites feuilles sèches, il y avait moyen de s’alimenter. Il devait bien rester un peu d’huile dans ses flacons…

Et puis il avait repéré de l’ail des ours dans le coin. Voilà qui pourrait agrémenter une bouillie d’ortie. Kuma en était pas fan, mais c’était super énergisant, à défaut d’être nourrissant. S’il trouvait du lierre terrestre il pourrait même faire du poivre !

Il y aura aussi sans aucun doute de la bardane dans le bois, bouilli dans l’eau ça a un bon goût d’artichaut.

Bon, l’idéal serait d’avoir un ou deux mulots histoire d’avoir un peu de viande. Hebi devrait être en mesure de trouver ça.

Il posa son barda et confia au serpent la mission d’assurer la viande et à Saru, les plantes. Il était en train de faire l’inventaire de son matériel de cuisine quand un bruit de Karasu l’avertit. Des lièvres, à quelques mètres à peine ! Il s’apprêtait à demander à Naíche de l’attendre ici, ne voulant pas forcément être observé en pleine séance de chasse, quand un regard vers ces cheveux verts lui firent prendre conscience d’un petit problème.

- Au fait, tu es un hybride-quoi, au juste ? Je suis parti pour mijoter un petit truc, mais t’as peut-être un régime alimentaire particulier...



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